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5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 11:41

Pendant  que l’argument du chômage nourrit la crise  migratoire  par la méditerranée, à quelques 20 km d’Abidjan, des jeunes se tournent vers l’agro-pastorale pour se nourrir. Ils ont passé  neuf mois de formation à la ferme pédagogique  Tshanfeto  d’Adiapodoumé, dans la commune de Songon.  

Le premier jour  de juillet 2017 débute par une ambiance de réjouissance à la ferme pédagogique Tshanfeto, qui signifie «lève-toi » en langue Atchan.  Elle est située au sein de la paroisse Saint-Bernard d’Adiapodoumé, village de la commune de Songon, à 20 km de la capitale économique ivoirienne. 

Dans moins d’une heure,  23 stagiaires verront neuf mois d’apprentissage sanctionnés de diplômes. Ils viennent d’être outillés aux  rouages  de l’élevage et de l’agriculture biologique. A présent, la caille, le lapin, le porc, entre autres,  n’ont plus de secret pour eux.  Ils savent utiliser le fertilisant naturel. En résumé, l’école apprend l’aviculture, la gestion des sols, la défense des cultures. Un module destiné à la commercialisation et au marketing agricole complète le programme.
Cette ferme étant une œuvre de religieux catholiques, une formation  humaine accompagne les compétences techniques. Ce, afin de se conformer à la doctrine sociale de l’église. Cependant, il n’est pas nécessaire d’être chrétien pour y être accueilli et logé.

Des témoignages éloquents

Dans la  salle apprêtée pour la cérémonie de remise de diplômes, les parents et amis des récipiendaires prennent place. Endimanchée et avenante, Julie Yao est contente. Alors que la crise migratoire des jeunes fait la Une de l’actualité, sa cadette fait partie de la 18è promotion à l’honneur. Agée de 25 ans, N’guessan Pascale, la cadette est titulaire d’un Brevet de Technicien Supérieur en Logistiques. Julie Yao, elle-même propriétaire de parcelle cultivée, explique le choix de la famille. « Nous avons choisi cette formation pour qu’elle s’intéresse aux fondements de l’alimentation qui est l’agriculture et l’élevage typiquement bio », indique-t-elle. Toute petite, Pascale développe un amour pour les lapins. Elle est donc dans la droite ligne de sa passion. « C’est une belle expérience, elle nous apprend beaucoup à la maison », se réjouit Julie Yao.

Lorsqu’on interroge les récipiendaires, c’est avec beaucoup d’enthousiasme qu’ils racontent leur aventure. Roland Azo Galé est de ceux-là. Sa surdité n’est pas un frein pour lui. Il est classé 8ème  à la fin de la formation avec une moyenne de 14/20. Il devient sourd à l’âge de 8 ans suite à un mal à l’oreille. Mais il  s’adapte dans le cursus scolaire normal. Il obtient ses diplômes jusqu’au baccalauréat. Face aux difficultés d’insertion du fait de son handicap, il se tourne vers la culture agro-pastorale et tombe amoureux de la méthode bio. Pour sa famille, il est une fierté. Son frère a effectué le déplacement d’Italie pour être présent à la cérémonie. « La famille est heureuse. Nous remercions Dieu. Notre frère pourra enfin s’autonomiser », est heureux Djemis Olivier Galé.

Une autre histoire racontée avec joie. C’est en tant que jeune maman qu’Ako Kousso Dorcas s’inscrit à la ferme pédagogique. Durant la formation, elle négocie le week-end pour s’occuper du nouveau-né. « L’agriculture est quelque chose que j’apprécie depuis longtemps. Je suis venue au sein de Tshanfeto pour avoir plus de connaissances dans la pratique. Ce n’était pas facile avec le bébé mais je tenais à cette formation. Je me sens apte aujourd’hui pour la production animale et végétale », indique-t-elle.

Son message aux jeunes migrants  de la Méditerranée sur des embarcations de fortune est sans appel : « L’agriculture est vraiment pénible mais aussi rentable. Elle est moins pénible que la traversée de la mer après le désert, d’après les images que nous voyons à la télévision. Que les jeunes ne se gênent pas de  se salir la main. L’argent qu’ils remettent aux passeurs peut servir pour leur installation et cela sera vite rentabilisé  », interpelle-t-elle. A l’en croire, « au niveau de la culture maraîchère, avec moins de 100 mille francs, après 45 jours, la récolte peut valoir 300 mille francs CFA sur une petite portion de terre. En cultivant du concombre sur 200 mètres carrés, on peut en  produire plus de 500 kg ». 

Toute chose que confirme Loukou Stanislas, formateur au centre. Il est lui-même un produit de la ferme pédagogique. Il est heureux de pouvoir prendre en charge sa famille. Il reste  convaincu qu’il est suicidaire d’emprunter la mer à la recherche de l’eldorado. «  Les débouchées  existent. Des anciens stagiaires sont employés dans de grosses structures comme la SCB, le CNRA, d’autres travaillent chez des particuliers. Mais, il faut dire que la grande partie des formés s’installe à son propre compte. L’installation dans l’agriculture ne coûte pas grand-chose. Avec cinq mille francs CFA, si on a de la parcelle, on peut s’installer en production végétale en achetant un sachet de laitue à mille francs, un arrosoir à trois mille. Et avec ce sachet de laitue, on récolte si tout va bien, jusqu’à 80, voire 100 mille francs », explique le formateur. 

Le père Hyacinthe Ali Konan, vicaire de la paroisse hôte, est le directeur de la ferme pédagogique. S’il est d’accord qu’elle aide à l’insertion des jeunes et à la lutte contre le chômage, il comprend ceux qui choisissent la mer et non la terre. « Il appartient aux pouvoirs publics de créer les conditions  pour emmener les jeunes à se prendre en charge sur place», recommande-t-il.

La méthode d’apprentissage mettant l’accent sur du « bio » séduit  le nonce apostolique Mgr Joseph Spiteri.  «  Tout ce qui est produit dans la ferme est un exemple réel  de sauvegarde de l’environnement, c’est de cela que nous avons vraiment besoin pour le futur de l’humanité », salut-il cette action d’atténuation  des changements climatiques.

La vision des religieux de Bétharram, initiateurs du centre place l’évangile comme le moteur de leur action. Cette vision est guidée par l’évangile du paralytique qui dit « lève-toi, prends ton brancard et marche ». Ce qui explique le choix du nom Tshanfeto.

Nesmon De Laure

source: pôleafrique.info

 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 13:13

(photo DR)Les informations contradictoires données par les autorités ivoiriennes aux premières heures de l’attaque terroriste de Grand-Bassam montrent qu’il est temps de doter le secteur de la sécurité d’une unité anti-terroriste afin de mieux réagir face à l’extrémisme violent.

 

La riposte face à l’extrémisme violent fait partie des préoccupations de l’Etat ivoirien. La menace terroriste est inscrite dans la 44 ème réforme sur 108 identifiées du secteur de la sécurité. Ce point insiste sur la nécessité de « prendre en compte les questions de sécurité internationale, notamment celles du mercenariat et du terrorisme dans les grandes commissions mixtes de coopération ». Aussi pour rendre effective cette disposition, il est urgent de mettre en place une unité nationale anti-terroriste. C’est aussi l’avis du commissaire divisionnaire Kouassi Bi Abadinan d’Interpol, qui travaille depuis 12 ans sur le terrorisme. « En Afrique de l’Ouest, le seul pays qui a une unité anti-terroriste, c’est le Niger. L’unité centrale de lutte est plus efficace que lorsque les forces sont émiettées », assure-t-il au cours d’une communication sur l’extrémisme violent, dans le cadre du séminaire sur le contrôle démocratique de la gouvernance sécuritaire qui se tient à Yamoussoukro du 8 au 10 mars 2017. Le commissaire fait d’autres propositions qui peuvent être prises en compte. Il s’agit, entre autres, « de l’informatisation des services de sécurité, de faire des analyses criminelles, de prévoir des bases de données et briser les barrières linguistiques car les terroristes parlent plusieurs langues et sont partout. Les forces de sécurité doivent aussi travailler conjointement sur les enquêtes », croit-il. La porosité des frontières est également présentée comme une faille à la lutte contre le terrorisme. Avec l’appui de l’Office international des migrations, la Mauritanie s’est doté de 45 points officiels d’entrée. Cela permet de filtrer les entrées. C’est un exemple de bonne pratique qui pourrait inspirer la Côte d’Ivoire. Le budget alloué au renseignement sécuritaire est également à rehausser. MohamedElMedhi Ag Rhissa, conseiller technique principal du Pnud en Côte d’Ivoire, lève un autre coin de voile : « les cellules terroristes existent en Afrique de l’Ouest. Elles ne sont pas dormantes. Elles procèdent d’abord par des actions pacifiques. Les terroristes se marient dans les communautés, ils offrent des boutiques aux jeunes, se font des amis avant de développer leur idéologie et de d’exploser la terreur. » Cette alerte devrait être mieux observée. Par contre, il faut éviter les amalgames avec l’Islam. « Il ne faut pas perdre de vue la cause politique en ce que les terroristes veulent obtenir un territoire, appliquer une nouvelle loi, exercer un pouvoir politique », éclaire le professeur de science politique,Dominique Bangoura, experte en défense et en sécurité.

Nesmon De Laure

 

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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 16:43

 

Devant les voix presqu’ inaudibles des dirigeants de l’Union africaine pendant les grands débats sur le climat, le Maroc est en train de montrer aux yeux du monde qu’il a une place à prendre sur le continent.

 

Sous l’impulsion du Maroc, une trentaine de chefs d’Etats africains prennent part à une réunion restreinte à Marrakech pour plancher sur l’aspect politique de la 22ème Conférence des parties (COP) signataires de la Convention cadre des nations unies sur le climat. La présence d’une panoplie de dirigeants du continent épouse la démarche du royaume chérifien, de faire de la COP22, celle de l’Afrique.

Au menu des grands sujets de l’heure, les ressources financières pour amorcer l’adaptation aux changements climatiques. L’accès à l’énergie, l’agriculture, les océans et les côtes, les eaux et forêts font également partie des questionnements.

Pour cette COP, le Maroc mise sur les ressources du continent. Des scientifiques africains ont été invités à faire des recommandations pour en faire une COP de l’action. Les événements parallèles voient la participation accrue de jeunes africains. Les initiatives marocaines en faveur du climat sont mises en avant pour montrer les avancées du royaume à ses invités.

C’est sans doute pour ces raisons que des observateurs s’accordent à dire que l’engagement du Maroc est une bonne aubaine de séduction avant son adhésion prochaine à l’Union africaine. Lire l'article intégrale ici http://politikafrique.info/cop-22-leadership-cherifien-porter-voix-de-lafrique/

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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 16:27

En cas de décès d’un époux ou d’une épouse, le conjoint survivant a droit à une pension de réversion qui équivaut à la moitié de la pension du défunt. Mais les conditions pour entrer en possession de cet héritage constituent bien souvent des embûches.

Martine K., 52 ans, a perdu son époux, il y a peu. Habitante d’un village d’Abidjan pillé pendant la crise postélectorale, la bonne dame a dû abandonner son domicile irrécupérable. Ce, avec ses trois enfants, tous à sa charge. Démunie et sans revenus, elle fonde tout son espoir sur la pension de réversion ou la pension du conjoint survivant. Elle décide donc d’agir. Tous les documents exigés sont réunis. La veuve répond au rendez-vous décisif. Mais elle tombe des nues aussitôt. A sa grande surprise, selon les propos qu’elle nous a rapportés, l’agent lui oppose une fin de non recevoir. Martine doit encore patienter. A 52 ans et avec trois enfants à nourrir seule, elle est jeune. Trop jeune pour bénéficier de la pension de réversion.

 

Avant la réforme de 2012, l’âge requis pour bénéficier de la réversion était de 50 ans. On pouvait anticiper à partir de 45 ans, en cas d’existence de deux enfants mineurs à charge. Sinon, rien. Un autre cas nous a été rapporté. Ici, le défunt époux n’avait que 35 ans quand il rendait l’âme. Et il n’était pas encore à la retraite. Son épouse, 28 ans, et lui, comptabilisent trois années de mariage. Malheureusement, la veuve n’a aucun enfant à charge. Elle doit aussi patienter longtemps. Des veufs se retrouvent également dans des pétards. Mais bien des fois, ils surmontent la situation. La prolongation de la retraite à 60 ans a été saluée. Mais les problèmes liés à la pension du privé ne sont pas totalement réglés, à en croire des usagers. Il s’agit notamment, de la pension de la veuve ou du veuf. « Les témoignages de familles en pleurs s’enregistrent au quotidien tellement la situation est délicate », fait remarquer Raymond Toh, président de l’Association nationale des retraités du privé de Côte d’Ivoire (Anarep-ci). Ce qui est décrié ici, c’est non seulement l’exclusion des veufs (hommes et femmes) de moins de 55 ans, sans enfants à charge, mais aussi le fait que seule la moitié de la pension soit versée à l’ayant-droit. Le code de la sécurité sociale précise que, «l’existence d’enfants à charge de moins de 16 ans permet de déroger aux conditions de durée de mariage et d’âge. Par ailleurs, le bénéfice de la pension est suspendu lorsque les enfants cessent d’être à charge ou à leur décès, pour reprendre au 55ème anniversaire du conjoint survivant». Mais avec le taux élevé de chômage, des voix s’élèvent pour dénoncer cette disposition.

 

L’Anarep-ci a inscrit au nombre de ses revendications une révision de la pension de réversion. Elle le demande spécialement pour les veuves quel que soit leur âge, qu’elles aient ou non des enfants puisque devenues chefs de familles, selon le code civil ivoirien. La pension de réversion est due au conjoint survivant et aux orphelins de père et de mère. A droit à la pension de conjoint survivant, la veuve ou le veuf, légalement marié, du travailleur (en activité ou retraité) décédé. Pour qu’elle soit payée, le mariage doit avoir été contracté deux ans au moins avant le décès du conjoint. Depuis l’ordonnance du 1er février portant réforme de la retraite, le bénéficiaire doit être âgé(e) de 55 ans ou de 50 ans, avec dans ce cas, un abattement définitif de 5 % du montant de la pension, par année d’anticipation. L’existence de deux enfants mineurs à charge et une durée de mariage d’au moins deux ans, fait sauter la condition d’âge. Il faut également que le conjoint défunt ait travaillé pendant au moins quinze années. Cette pension est payée par mois et est égale à la moitié de celle dont bénéficiait ou aurait bénéficié le conjoint défunt. En cas de pluralité d’épouses, cette moitié est répartie en parts égales entre elles. En cas de remariage, le droit à la pension de réversion cesse à compter du premier jour du mois civil suivant.

Nesmon De Laure

 

 

 

Raymond Toh, Pdt Association nationale des retraités du privé de Côte d’Ivoire (Anarep-ci) :«La jeune veuve est la plus exposée»




Pourquoi insistez-vous sur la pension de réversion de la jeune veuve ?


Le cas des veufs est certes important, mais la veuve est la plus exposée. Quand elle a 50 ans et qu’elle demande la pension de réversion, il y a un abattement de 5% par année jusqu’à ce qu’elle atteigne l’âge requis. La nouvelle ordonnance (Ndlr : du 1er février 2012) dit que la veuve, pour avoir la pension de réversion, doit être âgée de 55 ans. Maintenant de 51, 52 ans, il y a un abattement annuel de 5%. Ce qui veut dire que lorsque la veuve a 51 ans, elle prend 20% de la moitié de la pension. Ce n’est pas juste. 

Avez-vous entrepris des démarches auprès des autorités ?


Nous avons demandé à la Cnps d’introduire un fourre-tout comme cela se passe à la Caisse générale des retraités et agents de l’Etat (Cgrae). A la Cgrae, il n’y a pas toutes ces conditions. Pourquoi les imposer à la Cnps ? Ce sont des exigences de trop. La seule condition à la Cgrae pour bénéficier de la pension de réversion est que le mariage ait été contracté au moins 3 ans avant le décès. 

Propos recueillis par N.D.

 

(publié le 15 mars 2012 dans Nord Sud Quotidien)

 

 

 

 

 

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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 19:24

Certains sont les premiers à dire que les média n'écrivent rien de bon. Or ils sont les premiers abonnés aux buzz, à la vie privée des stars, hommes politiques et autres...Certains se limitent seulement aux titres pour jeter l'opprobre sur la profession journaliste. Ils lisent peu les articles fouillés, les dossiers sur les questions existentielles. Mary Jane s'en plaignait récemment dans l'un des épisodes du film. Les black l'ont trouvé corrompue lorsqu'elle a accepté d'animer un prime time "viandé". Elle a répondu que lorsqu'elle parle de la cause noire, il y a peu d'audience. Lorsqu'elle aborde les sujets importants, les chiffres baissent. En Côte d'Ivoire des aînés qui ont fait les belles lettres du journalisme, ont pris l'habit politique au détriment de la plume. Peut-être qu'ils ont désespéré de la profession. On a envie de pleurer lorsqu'on passe plus de temps pour recouper des informations sur un sujet de société et qu'à l'arrivée, peu de lecteurs l'ont lu. Une étude de lectorat dit que les articles qui parlent de sexe et de sang sont ceux qui attirent le plus. Tiens! ça donne envie de faire une enquête sur le "mougoupan"! Passons... J'ai lu dans un Manuel sur le journalisme d'investigation que cette réalité est vécue presque partout. Mais il faut tenir le coup. Mediapart a aujourd'hui son audience sans publicité grâce à la persévérance. Elise Lucet est aujourd'hui présentée comme l'Étendard de l'investigation à la télé parce qu'elle y a cru. J'ai discuté avec des amis de l'Association des journalistes d'investigation de Côte d'Ivoire. Certains ont confié les difficultés qu'ils rencontrent pour le financement de leurs projets d'investigation. Je peux en témoigner. Mon investigation sur la traite transfrontalière des enfants réalisée en 2014, ne l'aurait pas été, si l'Institut Panos Afrique de l'Ouest n'avait pas financé mon projet. En 2013, je ne me serai pas déguisée en prostituée pour vivre les réalités du milieu en deux nuits, si je n'avais pas personnellement épargné quelques sous. En Côte d'Ivoire, le journaliste d'investigation, seul, sait comment il travaille. Quand il s'implique ainsi, il n'attend pas forcement une reconnaissance. Mais dans un milieu où la recherche du gain se dispute le professionnalisme, il est souvent intéressant d'encourager ceux qui se débattent. Les encourager, c'est tout simplement les lire, poursuivre le débat sur le sujet abordé, s'impliquer pour plus de pression sur les pouvoirs publics et autres décideurs.

Nesmon De Laure, Abidjan, 16 septembre 2016.

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 15:20
Reportage/Abidjan, deux nuits dans la peau d’une prostituée

Déguisée en prostituée, nous avons vécu de l’intérieur les péripéties du plus vieux métier du monde, deux nuits durant. D’Angré 8ème tranche à Marcory Zone 4, en passant par la commune de la joie, Yopougon, la vie n’est pas toujours rose pour la nouvelle venue sur le trottoir. Ici la réédition de notre article paru en septembre 2013. Reportage!

Dix mille francs CFA pour la passe. Une surenchère qui déçoit notre premier client sur le trottoir, dans la nuit du jeudi 1er août 2013. « Vous avez pourtant des tarifs homologués autour de 5000 F ! », s’exclame, surpris, l’homme dans une voiture grise de type sport. Nous avons peut-être affaire à un habitué du coin. D’ailleurs, bien avant, c’est sans hésitation qu’il dirige les phares lumineux de sa voiture en notre direction, sur le pont d’Angré 8ème tranche, aux environs de 23 heures. Il ralentit et s’arrête au petit virage menant à la villa du médecin d’un ancien chef de l’Etat ivoirien. Un endroit obscur. Tel un maître des lieux, il prend ses repères et évite les regards curieux.

Si au départ, le trio de filles présentes se dispute la ‘’proie’’, c’est sur le reporter que l’homme à la sportive porte son choix. Le client marchande dans un français soutenu. Il reste aussi attaché à son expression « tarif homologué». Malgré son apparence de nanti, le premier à nous interpeller ne compte pas aller au-delà de cinq mille francs. Tout ce scénario est rendu possible grâce à Natacha, une collègue d’un soir. Elle méconnaît notre véritable identité, quand elle nous autorise à occuper un périmètre du trottoir, sa propriété professionnelle. La quarantaine révolue, la jeune dame dit se prostituer depuis des lustres, sans en préciser la date.

« Tu dis que tu es venue chercher de l’argent pour régler un problème urgent de famille. Quand on va t’accepter ici, c’est pour venir déranger les gens tous les soirs, alors que les clients se font rares »

Natacha a accepté le deal avec la promesse ferme de ne pas revoir ‘’sa concurrente’’ le lendemain. « Tu dis que tu es venue chercher de l’argent pour régler un problème urgent de famille. Quand on va t’accepter ici, c’est pour venir déranger les gens tous les soirs, alors que les clients se font rares. Actuellement, tu peux rester pour deux heures de temps. Mais si les autres filles arrivent et qu’elles se plaignent, je n’y pourrai rien.» Une mise en garde qui ne manque pas d’effrayer ‘’la débutante’’. Mais l’envie d’en savoir plus l’emporte. Il est presque minuit. Un ouvrage en ligne conseille aux tapineuses d’éviter le port de bijoux y compris les montres. Un client malveillant pourrait s’en servir pour les brutaliser. Des conseils que ‘’la néophyte’’ a pris le soin de réviser avant de se lancer dans cet inconnu. Ça caille fort dans l’obscurité. Peu importe. Les belles-de-nuit effectuent des va-et-vient sur le périmètre à squatter. Tiens ! Natacha a une petite altercation avec un jeune homme. Il est vêtu d’un pantalon jeans et d’un tee-shirt. Appelons-le Patrick. Patrick, quelque peu éméché après une virée dans un bar, tient à ramener Natacha à son domicile. Une proposition qu’elle refuse catégoriquement. Ce n’est pas l’apparence du jeunot qui la déplaît. « Avec mon expérience du trottoir, je ne peux pas accepter de ‘’gérer’’ (Ndlr, coucher avec le client) à domicile. En plus, il veut m’emmener vers les corps habillés là-bas et puis ils vont tous coucher avec moi sans rien payer», se méfie-t-elle. La péripatéticienne fait allusion à la rue qui longe le virage où nous marchandions tout à l’heure. Dans la zone, ne sont bâties que des villas de haut standing. Il y a deux mois, l’une de ses amies est partie dans cette même direction pour « gérer » à domicile avec un individu. La pauvre a fait mauvaise fortune. « Quand elle est arrivée dans la maison, le monsieur avait ses copains qui attendaient. Ils l’ont maltraitée et elle est tombée malade. C’est pour régler nos problèmes que nous venons sur le trottoir. Si on doit en retourner avec des problèmes, ce n’est plus la peine», raconte-t-elle.

Sur le trottoir, la devise est toute simple : on prend le pognon, mais on ne le laisse pas nous prendre. A chacune sa stratégie de survie.

Natacha ne veut pas subir le même sort. Elle propose de satisfaire son client sur une touffe d’herbe à côté ou dans un hôtel de passe aux frais de ce dernier. C’est que dans les environs du trottoir se trouvent des maisons inachevées encerclées d’herbes. Les filles ont pour habitude de soulager leurs visiteurs dans ce secteur opaque. Mais Patrick ne l’entend pas de cette oreille. «Je suis un étudiant honnête et je suis du quartier. Je ne peux pas gérer dehors. Je vis en famille. Aies confiance, je ne peux pas te brutaliser. Tu connais le blanchisseur qui est à côté ici ? Il peut témoigner de mon honnêteté si tu le rencontres dans la journée. Allons-y, je vais faire vite pardon. J’ai déjà préparé la chambre d’ami en bas», supplie-t-il. Il n’en peut plus. L’effet stimulant de l’alcool est plus fort. Patrick propose d’augmenter le tarif. «Pardon, je vais ajouter mille francs sur les trois mille pour arrondir à quatre mille francs», marchande-t-il. Peine perdue pour lui. Natacha est déjà de l’autre côté du trottoir. Même ‘’la nouvelle prostituée’’ refuse la passe au looser. Il n’est pas encore temps de commettre un délit d’initié. Sur le trottoir, la devise est toute simple : on prend le pognon, mais on ne le laisse pas nous prendre. A chacune sa stratégie de survie. En tout cas, ce soir, Jules, un ami nous accompagne. Il est en même temps notre garde du corps, ne sait-on jamais. Nous nous acclimatons dans cet univers à qui mieux-mieux. Pour avoir l’air crédible, nos mains démêlent sans cesse une vieille perruque dénichée pour l’occasion. Le reporter se déhanche du haut des quinze centimètres de ses sandales compensées, une chaussure en vogue actuellement. Le surdosage des fards à paupières et du rouge à lèvres sont au rendez-vous. Si on veut se faire du fric, il faut absolument séduire !

« N’accepte jamais les clients qui proposent d’aller sans capote. Ce sont des malades qui voudront te contaminer avec leur sale maladie. »

Aïcha et Titi qui totalisent chacune trois années d’ancienneté le savent déjà. Au carrefour suivant, elles ne se font pas prier pour coacher ‘’la nouvelle recrue’’. « C’est moi la baronne ici. Si une fille te chasse, ne bouge pas. Prends mon numéro de téléphone et appelles-moi dès qu’il y a un problème. Comme c’est jeudi, elles ne sont pas venues nombreuses. Mais demain, je vais te présenter aux autres », dixit Aïcha. Comme Titi, elle est d’un teint clair lumineux. La dernière citée est cintrée dans un collant à mi-mollet. L’autre, la baronne, se sent à l’aise dans sa petite robe rose. Le bruit de la mastication du chewing-gum par nos deux copines dérange. Mais c’est aussi le prix à payer. Aïcha, très prolixe poursuit : « ne ramène plus ce portable ici. Achète-toi quelque chose bon marché. Tu sais, nous sommes exposées sur la route. Il y a des bandits qui arrachent nos sacs. Si tu envoies ce Smartphone, tu risques de te le faire piquer. Quand tu gères un busi (entendez un business ou une affaire pour faire allusion à la passe), tu mets ton argent dans ton soutien-gorge. Prends le temps de te fabriquer une poche à l’intérieur du soutien-gorge avant. » Elles insistent surtout sur l’importance de se préserver, conscientes des dangers liés aux maladies sexuellement transmissibles. « N’accepte jamais les clients qui proposent d’aller sans capote. Ce sont des malades qui voudront te contaminer avec leur sale maladie. Tu es nouvelle dans le busi, ne laisses pas les gens te gâter. Ils ont couché avec toutes les prostituées endurcies des Vallons et ils viendront te pourrir la vie». Les bras nous en tombent. C’est bien Aïcha la prostituée qui parle ainsi de ses paires. D’ailleurs, elle sait parfaitement de quoi elle parle. Enrichie de ces conseils d’aînées, nous prenons possession du trottoir avec une démarche altière. Même si dans notre for intérieur, nous supportons difficilement les regards inquisiteurs des curieux. Minuit a déjà sonné. Les clients deviennent de moins en moins visibles. Autant prendre congé du pont de la 8ème tranche. Deux-Plateaux les Vallons. Nous sommes à deux carrefours après le restaurant asiatique la Nuit du Saïgon. La rue est vide. Aucune prostituée dans les parages. Selon plusieurs indiscrétions, le marché des Vallons n’est plus florissant. Ce qui explique la ruée vers la 8ème tranche. Il nous faut donc changer de trajet.

«Ah bon ? C’est ici tu veux vendre ton c… ? On s’est battues pendant onze ans pour avoir ce territoire et tu vas venir nous concurrencer ? »

A bord d’un taxi qui nous emmène à Yopougon en passant par le premier pont, via l’autoroute du Nord, nous avons le temps de souffler. Pour l’instant, tout semble se dérouler allègrement. Pourtant, nous comprendrons bientôt que c’est un pas de clerc que de le croire. Dans la cité de la joie, la vie n’est pas toujours rose. Du moins pas pour la ‘’belle-de-nuit novice’’. L’expérience vécue sur l’axe qui mène à l’institut des aveugles, non loin du carrefour Sable, en dit long. Les filles sont grincheuses et pas sympathiques. C’est à parier qu’elles viennent de consommer de la drogue, vu la couleur rougeâtre de leurs yeux. Ces jouvencelles n’ont que faire de la mesure d’interdiction de fumer en public. Ne commettez surtout pas l’erreur de leur confier que vous êtes nouvelle ou même celle de négocier un périmètre du trottoir auprès d’elles. «Ah bon ? C’est ici tu veux vendre ton c… ? On s’est battues pendant onze ans pour avoir ce territoire et tu vas venir nous concurrencer ? Toi djantra (Ndlr, prostituée en langue malinké) là, si tu ne disparais pas, je vais appeler ma vieille mère pour régler ton compte», menace la première interlocutrice, d’une voix rauque. Nous sommes dans la pénombre, devant un étal de cigarettes.

Derrière, des décibels égayent des clients. Regardez ces minettes d’à peine quinze ans ! Elles attendent elles aussi des clients ! Ici, il n’y a pas d’âge pour se prostituer. Les demoiselles alternent l’argot ivoirien et une langue commerciale. Une autre, maigre, porte une camisole de nuit, sans manche. Le froid ? Elle s’en fout. Sa cigarette la console. Elle tient ses petites jambes dans une jupe des plus courtes. Et, c’est elle qui corse l’intimidation à l’arme blanche. «Tu n’as pas dit que tu es têtue ? Quitte ici, sinon on va te déchirer le corps avec des lames !» Doux Jésus ! Ça commence à être chaud. Et pour en rajouter, un client à bord d’une Mercedes ralentit à notre niveau. Fait qui ne manque pas de vivifier le courroux des «propriétaires» terriens. Nos concurrentes ne nous laissent pas l’occasion de discuter avec ce dernier. Elles se ruent sur nous et s’opposent au marchandage. Un jeune homme qui suit la scène depuis le kiosque à café à quelques encablures, décide d’intervenir. La journaliste livre sa version de nouvelle prostituée brimée. Le jeune homme ne prend pas la peine d’écouter nos adversaires et prend partie pour nous. Heureusement. C’est un monsieur d’environ vingt cinq ans et de taille moyenne. Sûr de lui, il aspire une bouffée de cigarette et laisse le méandre bleu s’échapper de ses narines.

«Je veux qu’on partage de bons moments ensemble cette nuit. Je n’ai pas l’habitude de fréquenter ces endroits, mais quand j’ai vu ta forme, je ne pouvais pas résister. En plus, tu es propre. Tu n’es pas comme les autres filles. Tu veux combien ?»

Il arbore aussi une trace de bagarre sur la tempe droite. En tout cas, son excitation cache difficilement son attitude agressive. Mieux vaut l’avoir avec soi que contre soi. Notre protecteur d’un soir s’adresse aux filles en langue malinké sous un ton menaçant. L’atmosphère se détend. On peut « travailler » tranquillement. Enfin presque, puisque les injures pleuvent en notre direction. Mais de loin. Pendant toute la durée de la rixe, le client à la Mercedes est en attente. Il a l’air gêné et propose d’avancer de quelques mètres. Nous le rejoignons à pied. Toujours avec cette démarche prétentieuse qui nargue les concurrentes. Ha oui, il s’agit aussi de vraisemblance, n’est-ce pas ? M. Konan, il s’appelle, demande plus qu’une simple passe. «Je veux qu’on partage de bons moments ensemble cette nuit. Je n’ai pas l’habitude de fréquenter ces endroits, mais quand j’ai vu ta forme, je ne pouvais pas résister. En plus, tu es propre. Tu n’es pas comme les autres filles. Tu veux combien ?» s’enquiert-il. Votre rédactrice n’est plus intimidée. Elle s’assoit sur le siège droit, dans la voiture. Comme quoi, après deux heures sur le trottoir, on s’adapte. La question est retournée à M. Konan. Combien veut-il payer pour toutes ces exigences ? Partager de bons moments ne suppose-t-il pas faire sortir ses meilleures cartes durant toute la nuit ? « Dix mille francs », propose l’intéressé à demi-voix. Evidemment, c’est peu. A Angré, il y a plus d’une heure, nous avions envoyé balader un client qui proposait le tarif homologué de cinq mille francs la passe. Dix mille francs, c’est le coût de deux passes. Du coup, nous réalisons qu’il est possible de se faire plus d’argent. Enfin, en se mettant dans la peau d’une vraie marchande d’amour… M. Konan argumente qu’il n’a pas de liquidité.

Mais il serait prêt à introduire sa carte magnétique dans un guichet automatique pour doubler la mise. «Toi tu veux combien ?», relance-t-il. Une question à laquelle le reporter n’a pas le temps de répondre. «Hé petite sœur, sors ici ! Le môgô là perd ton temps. J’ai mon vié qui veut gérer, faut sciencer en pro. Les môgô de voiture ne donnent pas bon blé», nous interpelle le protecteur à la cicatrice de tout à l’heure. Il s’exprime en argot ivoirien pour nous demander d’abandonner le client et d’en rejoindre un autre. En réalité, il s’agit de rejoindre Jules, notre acolyte. Le protecteur est roulé dans la farine moyennant quelques pièces d’argent. Il ne fait plus autre chose que de défendre bec et ongles la cause de Jules. «Ma petite, viens ! Je vous accompagne dans un hôtel pour gérer. Ce n’est pas loin.» Le jeu ne nous déplaît pas. Mais c’est sans compter avec l’insistance de M. Konan. Il descend du véhicule et arrive à notre niveau, avant de se plaindre de l’avoir lâché aussi facilement. Peine perdue. L’hôtel où nous sommes conduits est un bâtiment défraîchi. Pour arriver à cet endroit, on a dû braver un quartier périphérique sans lampadaire. Chemin faisant, l’entremetteur indique des endroits où on peut «gérer» à ciel ouvert. Il se propose même de servir de couverture. Quel voyeur! Un tour dans le hall, puis de disparaître, morts de rire. Le protecteur à la cicatrice attend encore sa part de la rançon…

« Mon Dieu, s’ils savaient ce qui s’y trame la nuit ! On s’accouple débout, sans s’occuper du couple voisin.Nous en prenons plein la vue. Il faut filer d’ici »

Autre lieu, autre réalité. Nous sommes maintenant à la mythique Rue princesse. Malgré le déguerpissement, la rue garde des traits de sa superbe comme une jolie mémé. On ne sent pas qu’il se fait tard tellement les passants animent la voie principale. Ici le prix est dérisoire. On comprend alors pourquoi M. Konan propose dix mille F pour une nuit inoubliable. Seulement mille deux cents francs sont exigés pour la passe. La péripatéticienne empoche le billet et les pièces reviennent à un portier. C’est un trentenaire qui se tient chaud grâce à son blouson. Lisez-bien. Si vous arrivez à son niveau, ne vous attendez pas à l’entendre longtemps parler. Il encaisse les deux cents francs et indexe simplement l’endroit où concrétiser le marché. C’est un garage tenu derrière la station Total. Pour l’atteindre, il faut contourner le restaurant Chez Hassan. La journée venue, d’honnêtes travailleurs vaquent à leurs occupations à cet endroit. Mon Dieu, s’ils savaient ce qui s’y trame la nuit ! On s’accouple débout, sans s’occuper du couple voisin. Nous en prenons plein la vue. Il faut filer d’ici.

Toujours à la rue princesse, cette fois, nous sommes dans l’antre d’un monsieur que nous nommons Claude. C’est un gourou de la prostitution avec qui on discute pour se faire une place. D’une forme imposante, il est grand et de teint noir. L’industriel du sexe porte une boucle à l’oreille gauche. Le vieux père Claude dispose d’un bureau sur une petite véranda d’un l’hôtel. Il tient en main un stylo à bille. Et sur sa table, on aperçoit un registre ouvert. Son « industrie » est adossée à une boutique de Mauritanien, au deuxième carrefour de la rue princesse, en venant de la pharmacie Kenya. Pour franchir le seuil, il faut traverser un couloir exigu où patiente une file de filles. Nous n’avons pas la chance de nous tenir à la queue. La maison ferme dans quinze minutes, soit à une heure et trente minutes. Le reporter est prié de passer le lendemain pour se faire enregistrer. Impossible donc de squatter la devanture, ni de discuter avec un client. Les quinze centimètres de sandales compensées deviennent pesants. Les paupières sont lourdes. Il est temps de répondre à l’appel de Morphée.

« Avant de venir demain, mets bien tes formes en valeur. Tu es déjà jolie, mais on ne voit pas bien tes seins »

Dimanche 4 août 2013. Marcory zone 4. Rue du canal. C’est notre deuxième nuit sur le trottoir. Mais on a l’impression d’être à une première nuit, tellement l’environnement est différent des sites sillonnés jeudi. Ici, on a affaire à des michetonneuses authentiques ! Pas que les précédentes ne le sont pas. Mais elles sont nombreuses à siffler le long de la rue. Il faut voir cette autre demoiselle changer de vêtement en plein bitume sans sourciller. Elle se maquille et se remaquille au vu et au su des badauds. Il est un peu plus de vingt-et-une heures. Pendant que les unes procèdent à leur mise en place, les autres travaillent déjà. Pour une nouvelle venue, c’est quelque peu embarrassant. A qui se confier ? Aucun signe de disponibilité. Enfin ! Ça y est ! Un petit groupe de racoleuses devise au carrefour. Les demoiselles rivalisent de pantalons tailles basses laissant voir leur bassin. Elles présentent des coiffures extravagantes. Certaines se déambulent sur de longs talons à bout pointu. Les tenues scintillent comme celles des stars hollywoodiennes sur scène. Nous saluons les filles poliment, avant d’afficher notre intention initiatique. Au début, les deux « grandes sœurs », les plus anciennes de cette portion du trottoir, s’y opposent catégoriquement. Comme c’est le cas ailleurs, elles acceptent difficilement la concurrence. L’une a des formes généreuses et l’autre est tout le contraire. Notre insistance finit par payer, sans vraiment convaincre. «Quand vous venez au début, vous êtes toujours polie. On a déjà vu ça ici. Ne perds pas de temps, arrêtes-toi à ma droite ». La « grande sœur » aux formes généreuses vient ainsi de nous prendre sous son aile. «Pardon, ne casse pas le prix. N’acceptes pas en deçà de cinq mille francs. Si tu es trop moisie (dans le besoin) et que tu n’as pas de frais de transport pour retourner chez toi, tu peux descendre jusqu’à quatre mille. Mais ce sera de manière exceptionnelle. Si le client vient, tu commences par dix mille F d’abord», avertit la svelte qui cache mal son mécontentement. Le temps d’un silence et la grande sœur plantureuse examine du haut vers le bas votre rédactrice en quelques secondes.

Comme Joan Rivers, la célèbre animatrice de l’émission de mode dénommée « fashion police» sur la chaîne américaine E, elle lâche sa sentence : « tu n’es pas très sexy. » Nous sommes un peu déçue du verdict. La «grande sœur» ne nous laisse pas le temps de nous expliquer et les recommandations pleuvent. « Avant de venir demain, mets bien tes formes en valeur. Tu es déjà jolie, mais on ne voit pas bien tes seins. Prochainement, il faut les mettre en exergue. Habitue-toi aussi à bien plaquer tes fesses », conseille-t-elle. Nous l’écoutons religieusement, pendant qu’elle insiste comme les autres devancières sur l’importance de se préserver. Eh oui, sans la capote, ça capote ! Sur le trottoir, l’instinct de survie est maître : «Si ton intuition te dit de ne pas suivre un client, respecte ton intuition. Ici, on rencontre tout le monde. Attends-toi au pire. D’autres vont te toucher sans payer. Des jeunes gens viendront se moquer de toi. Des filles vont te lancer des injures difficiles à avaler. Ne dis rien et prends ton argent».

Encadré

Sortie de cette immersion, nous prenons davantage conscience des réalités auxquelles s'exposent les filles de nuit. Des fillettes se retrouvent dans le lot. Les patrouilles de la police des mœurs ne semblent pas décourager clients et prestataires, malgré les risques divers. Et si les pouvoirs publics se penchaient un peu plus sur le sujet?L'État ivoirien pourrait légiférer sur la situation des travailleuses du sexe afin de garantir la sécurité dans le milieu, tout en épargnant les mineures.

Nesmon De Laure

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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 22:25

J’ai lu un intéressant article sur la toile ivoirienne ce 23 août 2016. Intitulé « Ah ces jeunes filles cadres célib-pocrites », le texte capte l’attention. Le titre est beau. Le néologisme « célib-pocrites » l’enjolive. Le texte met en exergue la situation de jeunes dames « cadres » et célibataires. Il ressort de l’argumentation de l’auteur que les jeunes dames cadres sont célibataires du fait des critères trop sélectifs qu’elles s’imposent dans le choix de l’autre moitié. « Trahissez vos principes donc », lâche Cédric Plegnon, l’auteur. Même s’il n’est pas le premier internaute à soulever la question, la touche qu’apporte Cédric Pregnon au débat mérite qu’on crève l’abcès.

Les quatre limites de l’article de Cédric Plegnon

Cédric Plegnon se présente sur son blog comme un « Fervent défenseur des droits de l'homme, il prend toujours partie pour les minorités et les plus faibles ». Notre blogueur s’intéresse aussi, dit-il, aux « faits de société (habitude, coutume ou tradition) qui font obstacle à l'évolution des mentalités en Afrique ». Il a peut-être pris position en faveur de jeunes hommes moins nantis délestés par leurs petites amies…riches. C’est possible. Toutefois, nous constatons une orientation partielle et parcellaire de son argumentation. Une démarche qui trahit ses nobles convictions.

1- Il a mis de côté les femmes célibataires qui ne travaillent pas. Il les a exclues de son champ de vision. La situation des jeunes femmes célibataires sans revenus est vulnérable. Il n’en fait pas cas.

2- Il ne parle pas des jeunes femmes célibataires qui travaillent et qui entretiennent leur petit ami.

3-Cédric Plegnon trie les sexes. Il ne parle pas des hommes qui travaillent, qui ont presque 50 ans et qui sont toujours célibataires.

4-Il n’encourage pas les jeunes femmes célibataires qui ont des résultats professionnels qui impactent leurs entreprises, boostent l’emploi dans un contexte où l’accès à l’emploi est en débat, ces jeunes femmes célibataires qui font bénéficier de leurs revenues à la famille, celles qui aident un cousin, une tante à développer un commerce. Il a ignoré leurs efforts, il a fermé les yeux sur leur participation au développement. L’attitude de Cédric Plegnon fait obstacle à l’évolution des mentalités en Afrique.

Notre position

Le fait que l’auteur, un homme, choisisse de ne parler que des jeunes femmes « cadres » est révélateur d’une frustration grandissante auprès d’une frange de la gente masculine. Dans les années 90, pour parler de notre génération, on dénombrait de rares filles dans une salle d’école primaire. Mais on se souvient combien ils étaient frustrés certains types de garçons, lorsqu’une fille brillait en classe. C’est la continuation de la frustration. Certains pensent que c’est la fin de l’homme. Non, ce n’est pas la fin de l’homme, rassurez-vous, les jeunes femmes célibataires indépendantes ne sont pas si seules. Elles ne sont pas mariées, certes, mais elles trouvent homme pour une vie heureuse et...disons-le, pour une sexualité épanouie. Elles ne sont pas aigries comme le croit la tradition misogyne.

En tentant de culpabiliser la jeune dame célibataire indépendante financièrement, on remet en cause tous les efforts consentis pour l’égalité des chances. On veut lui faire regretter de s’être concentrée sur ses études et sa carrière. On remet en cause l’éducation parentale qui dit à la petite fille de Côte d’Ivoire que « ton premier mari, c’est ton travail ». On veut qu’elle se cache, qu’elle se recroqueville parce qu’une certaine opinion insiste pour que le célibat soit une honte. Cette approche culpabilisante est perdue d’avance. Elle s’étouffe elle-même parce qu’elle ne trouve plus preneuses. Aujourd’hui, la jeune dame célibataire indépendante marche la tête sur les épaules et non la tête baissée. Quelle avancée !

Qui ne choisit pas ? Se marier est un choix. Mais qui on épouse l’est encore plus. Ne demandons pas à nos cousines d’épouser le premier venu de crainte de les voir atteindre 35 ans, seules. Il faut choisir l’être à épouser de sorte à être heureux dans le foyer. Détrompons-nous. La jeune femme indépendante, parce qu’elle est indépendante, ne cherche pas à se sucrer sur le dos d’un amour. Elle ne veut vivre que d’amour. Parce que l’eau fraîche ne la préoccupe presque plus. Elle veut simplement se réveiller heureuse en regardant le monsieur à côté.

Existe-t-il un âge de péremption pour le mariage ? Une chanson nous dit de 7 à 77 ans. Alors, où est le problème ?

Nesmon De Laure

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 21:13
(photo: DR)
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A l’approche de la fête de Ramadan, les couturiers sénégalais en ce moment sollicités, livrent les tendances et parlent de leur intégration dans le milieu de la mode ivoirienne.

Deux ensembles en bazin style "taille basse" et une tenue dite « taille mam » scintillent au milieu des vêtements pour hommes et femmes. Ces nouveaux modèles de la couture broderie ornent la vitrine de "Darou Salam" (maison de la paix) ce dernier samedi d’avril 2016. C’est le nom de l’une des boutiques du styliste sénégalais Cheick Fall. Elle est située à 200 mètres du grand carrefour de Koumassi, une commune au Sud d’Abidjan. Le chef du coin est en pleine causerie avec une famille de clients quand nous arrivons sur les lieux. Une Ivoirienne, accompagnée de ses deux enfants, est venue s’assurer que sa livraison est prête. « Il n’y a pas de problèmes. Vous pourriez récupérer vos affaires au retour du marché », rassure-t-il, en prenant le soin de montrer les vêtements concernés.

Cheick Fall excelle dans la couture broderie sur le sol ivoirien depuis dix ans. Il a réussi à se faire un nom dans le milieu de la mode. Arrivé en tant qu’aventurier, il a fait ses premiers pas à l'ombre de ses devanciers. Aujourd’hui, il gère deux boutiques dont celle d'Angré, dans la commune de Cocody, au Nord d’Abidjan. Fall dit avoir aussi appris la couture ivoirienne. « C’est en Côte d’Ivoire que j’ai su coudre le pagne wax », explique-t-il. Toutefois, il est plus sollicité pour la broderie à la manière sénégalaise. Un client qui nous trouve sur place témoigne. « J’envoie mon bazin pour la première fois ici. J’ai été séduit par les modèles sénégalais de la vitrine », renchérit-il. Cheick Fall est content d’habiller également des prêtres de l’église catholique. Ce d’autant plus que les boubous brodés étaient considérés comme des vêtements propres aux musulmans. Par ailleurs, Cheick Fall affirme entretenir de bons rapports avec l’administration locale. Il paye régulièrement ses impôts et les patentes municipales. Mieux, Fall ne se plaint pas de racket. Le souci qu’il rencontre avec ses clients est celui reproché à nombre d'artisans. Il s’agit du non-respect des délais. « Les clients disent qu’ils n’aiment pas les faux rendez-vous. Mais souvent, ils ne respectent pas eux-mêmes les rendez-vous », ironise-t-il.

Des emplois offerts à la jeunesse ivoirienne

Marié à une Ivoirienne et père de quatre enfants, le couturier emploie une dizaine de jeunes en majorité ivoiriens. Mariam Sidibé, la secrétaire de Cheick Fall est de ceux-là. Elle est heureuse de son indépendance financière depuis un an et demi. « Avant, je ne gérais qu’une cabine téléphonique qui ne me rapportait pratiquement pas grand-chose. Depuis que je travaille ici, non seulement je gagne mieux ma vie, mais en plus, j’apprends», se félicite-t-elle. Par ailleurs, elle estime que son patron est sur le bon chemin.

Comme lui, Cheick Ly administre la maison "2STV Couture" à Treichville, Avenue 6 rue 7, toujours au Sud d’Abidjan. M. Ly est spécialiste de la couture broderie pour hommes et femmes dans ce sous-quartier sénégalais. Ses quatre boutiques sont voisines dans les ruelles du secteur qui rappellent l’architecture de Sandaga à Dakar, au pays de la Téranga. « J’ai choisi le nom de 2STV pour rendre hommage à une chaine de télévision du Sénégal », explique-t-il ses motivations. Ici, le patois le plus parlé est la langue wolof. Cheick Ly est installé en Côte d’Ivoire depuis vingt ans. Sa clientèle majoritairement ivoirienne est dominée par les femmes. A l’en croire, les hommes se manifestent le plus en période de fête. « Les modèles prisés étaient les broderies. Mais, depuis un certain temps, mes clientes préfèrent les coutures simples, surtout les robes », précise-t-il. À l'instar de Cheik Fall, il offre des opportunités de travail aux jeunes de Côte d’Ivoire. « En ce moment, je n’embauche pas mais je travaille avec des journaliers ivoiriens que je paye correctement », fait-il savoir.

Notre couturier ne se plaint plus du racket. « Je note une tolérance de la mairie qui ne tient pas rigueur quand la patente n’est pas payée à temps. Avant, nous étions emmerdés par les agents municipaux. Aujourd’hui, ça va ». Cheick Ly s’est initié à la couture depuis son jeune âge dans son pays d’origine. Pour enrichir son art, il a sillonné des pays de la sous-région ouest-africaine avant de s’établir sur les bords de la lagune ébrié. Ses hôtes apprécient bien sa couture. En 2014, la plateforme de la société civile ivoirienne lui a même décerné le Grand Prix Espoir ciseaux d’or de la broderie pour son professionnalisme.

Une mode prisée

En tous cas, la mode sénégalaise ne laisse pas indifférents les Abidjanais. Des animateurs vedettes de la télévision ivoirienne, à l’image de Myrieme Touré, se plaisent à porter les tenues de ces couturiers immigrés pendant leurs émissions. Ils n’hésitent pas souvent à les citer sur le plateau. Yves Aka, secrétaire général de la Fédération nationale des consommateurs de Côte d’Ivoire (Fac-ci) commente : « les Sénégalais d’Abidjan n’ont pas que la fâcheuse réputation d’être des escrocs, comme les stigmatise une certaine opinion. Leur art vestimentaire est beaucoup apprécié. Pendant les périodes de fêtes musulmanes, ils sont sollicités. Ils le sont également en dehors des fêtes musulmanes car aujourd’hui, tout le monde a adopté ce style », fait observer cet acteur de la société civile. Les spécialistes locaux parlent le mieux de cet impact dans les goûts vestimentaires. Pathé'O, styliste de renom, domicilié à Abidjan, habille bon nombre de chefs d’Etats sur le continent. Il a accepté de répondre à nos questions sur le sujet. Selon lui, « il y a une tendance sénégalaise dans les habitudes vestimentaires en Côte d’Ivoire. Cela se retrouve dans la taille des boubous et la broderie ». Pour illustrer ses propos, il cite en exemple la tendance dénommée « Macky Sall », du nom du président sénégalais en exercice ou encore la tendance <<Karim Wade>> qui fait allusion aux boubous portés par le fils de l’ancien chef d’Etat Abdoulaye Wade. « Il s’agit de grands boubous qui ont tendance à trainer au sol. L’appellation varie selon les espaces en Afrique. Mais les Ivoiriens disent qu’on est habillé comme un Sénégalais lorsqu’on porte ce type de boubou car ils connaissent ces vêtements grâce à l’immigration sénégalaise », explique Pathé’O. Giles Touré, un créateur ivoirien qui travaille principalement avec le pagne et le tissu, a une opinion nuancée. Pour lui, « on ne peut pas dire que la mode sénégalaise a une grande influence dans le pays. Par contre, s’il ne s’agit que de boubou brodé pour les hommes, on peut l’affirmer. »

150 mille immigrés sénégalais

La représentation diplomatique sénégalaise à Abidjan estime à 150 mille le nombre de ses ressortissants. Ils sont, entre autres, des artisans ou des commerçants. Ils contribuent, comme ils le peuvent, au développement. Depuis quelques années, les thèmes de la migration et du développement intéressent les scientifiques. Dr Konan Yao Silvère, spécialiste du Centre ivoirien de recherches économiques et sociales (Cires), qui intervient régulièrement sur ces sujets, note que la migration engendre d’importantes conséquences économiques, sociales et culturelles pour les pays d’origine et de destination. « Désormais, la migration est plutôt considérée dans un concept plus large de mobilité du travail ou des compétences et de développement, chaque élément interagissant avec l’autre ». Cette théorie est applicable à la migration des couturiers sénégalais à Abidjan.

Nesmon De Laure

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 11:25

A mon ami Ouakaltio…

Ta publication sur ton mur facebook en date du 29 mars 2016 me fait réagir.

Aboubacar Ouakaltio Ouattara :Augustin Thiam: " je ne pense pas que le multipartisme nous ai apporté grande chose. (...) Il nous faut un pouvoir un peu autocrate,pas dictatorial mais un pouvoir fort qui va imposer une certaine éducation au peuple "Je suis d accord avec lui."

Je comprends ton pessimisme au sujet de la démocratie vue que notre classe politique a failli sur plusieurs axes depuis l’instauration du multipartisme. Cette classe politique, ces hommes politiques, au pouvoir ou à l’opposition n’ont pas joué franc jeu avec le peuple qu’ils sont censés représenter. Ils ont plutôt manipulé la population, dont la plupart des membres, est analphabète. Ce n’est pas la démocratie en elle-même qui est nocive. C’est la mauvaise foi de ceux qui sont censés représenter le peuple qui doit être pointée du doigt. Les élites politiques n’ont pas toujours planché pour une véritable démocratisation. Ils n’ont pas suffisamment formé le bas peuple à l’idée de la démocratie, par peur que le peuple prenne conscience de ce qu’en démocratie, c’est lui qui a le vrai pouvoir. Les politiciens ivoiriens, de tous les bords, ont très souvent surfé sur la fibre ethnique ou régionale. C’est le « Je suis votre fils » qui fait mal à la démocratie et non la démocratie qui fait mal au pays. Tu conviens avec moi que le vote ethnique qu’on a remarqué au fil des élections est la résultante de cette mauvaise foi des hommes qui nous gouvernent.

Comment contrebalancer la vilénie de cette classe politique, (qui je pense, dois vite passer)? Faut-il y opposer l’autocratie ? L’autocratie fait peur. C’est un permis de tuer. L’autocratie est un régime politique où un seul individu détient le pouvoir, alors qualifié de pouvoir personnel et absolu. C’est un régime totalitaire qui nous empêchera, toi et moi, de le critiquer sur les réseaux sociaux, pour ne donner que ce petit exemple illustratif. Dans un pays démocratique, tous les citoyens ont le droit de participer, de près ou de loin, aux décisions qui les touchent. L’autocratie est souvent affiliée à la dictature. La littérature à ce sujet ne fait pas de cadeau. Je t’envoie aux différents moteurs de recherches sur internet pour ne pas être longue. Un régime politique autoritaire est un régime politique qui par divers moyens cherche la soumission et l'obéissance de la société. Cela passe par la propagande et la répression. Le peuple n'a pas le droit de vote, ou le système électif rend les votes sans objet. On assiste à la restriction des libertés individuelles. Il ne fait pas bon vivre sous un tel régime.

Je milite plutôt pour l’émergence d’une nouvelle classe politique responsable et une éducation accrue à la démocratie du peuple. Cette éducation peut commencer depuis les classes passerelles, les écoles, lycées et collèges, les hameaux, les régions. Il faut démocratiser l’enseignement de la démocratie de sorte qu’on ne voit plus le « il est notre fils », mais que supplante « ce qu’il peut faire pour le pays ». N’ayons pas peur de la démocratie. C’est elle qui a quand même permis le partage du pouvoir exécutif avec la nomination d‘un premier ministre, l‘instauration du multipartisme et à la tenue des premières élections multipartites. Elle a également favorisé la libéralisation du secteur économique, la reconnaissance légale d‘une presse d‘opposition et la création de syndicats. La saine utilisation de ces acquis permettra à notre pays de rêver d’un avenir meilleur. Ce qu’il faut, ce sont des hommes neufs. Je suis optimiste pour un nouveau départ. C’est pourquoi, pour une opinion éclairée, je m’engage dans ce débat.

Amicalement,

Nesmon De Laure

Ta condisciple devenue ta consœur

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 20:09

La mobilisation autour des blessés de la fusillade de Grand-Bassam etait effective aux urgences du CHU de Cocody, au premier jour de l'attaque? Notre équipe de reportage est arrivée sur les lieux en même temps qu’un camion de médicaments de la Nouvelle pharmacie de la santé publique. C’était aux alentours de 17 heures. On pouvait assister au ballet des ambulances des sapeurs-pompiers militaires. Les blessés arrivés en notre présence étaient pour la plupart conscients. Ils étaient moins d’une dizaine dans la salle de soins dénommée : « Urgences chirurgies femmes » quand nous y avons jeté un coup d’œil. « Les blessés de Grand-Bassam, c’est par ici, la salle des urgences femmes », indiquait une infirmière en tenue. Elle s’adressait aux brancardiers qui conduisaient un jeune homme couché sur une civière. Il portait un bandage au genou et son tee-shirt était tacheté de sang. Dans le couloir, un médecin s’adresse à son collègue. « Nous allons travailler beaucoup aujourd’hui. Les blessés de la fusillade de Grand-Bassam sont en train d’arriver », mobilise-t-il. Dehors, des responsables de services ainsi que des cadres du ministère de la Santé et de l’hygiène publique se tenaient débout à l’entrée du bâtiment. Joint par téléphone dans la soirée pour plus de détails sur le dispositif mis en œuvre pour l’accueil des blessés, le service de communication du ministère de la Santé s’est voulu moins bavard. « Le dossier est trop lourd. Nous ne pouvons rien répondre car l’affaire est gérée à un plus haut niveau. Ce qui est sûr, l’Etat a pris des dispositions mais ce n’est pas à nous d’en dire plus », s’est excusé un membre dudit service.

Nesmon De Laure

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