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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 13:44
Dossier: Erosion côtière au sud de la Côte d’Ivoire/ Des villes en danger, les solutions

S’étendant sur plus de 500km, le littoral ivoirien abrite plus de la moitié de la population du pays et une part importante de son économie. Cependant, selon les scientifiques, les villes côtières pourraient disparaître à cause de l’érosion.

L’érosion côtière est présentée comme un phénomène naturel, causée par les vents, les tempêtes, les courants, les glissements de terrains. Cette avancée de la mer sur les terres est habituellement contrebalancée par l’apport de sédiments charriés par les fleuves et les courants marins. Mais l’extraction de sable pour la construction, dans les fleuves ou les fonds marins, perturbe la morphologie des côtes. Au niveau d’Abidjan par exemple, on projette que dans trente ans, le recul côtier dans la partie centrale de la commune de Port-Bouët puisse provoquer la disparition de 81 % de l’habitat précaire. Si rien n’est fait pour juguler le rythme actuel de comblement, ce serait la catastrophe en 2177. Autrement dit, on aboutirait à la disparition complète de la dernière baie urbaine de la lagune Ébrié d’Abidjan. Un autre fait palpable. Il y a 100 ans, deux kilomètres séparaient l'océan de la lagune à Grand Lahou. Aujourd'hui, la bande de terre ne dépasse pas 200 mètres de largeur et elle se réduit chaque année un peu plus. L’embouchure qui relie l'océan à la lagune, s'est sérieusement réduite. Les riverains constatent son évolution. Elle se déplace d'est en ouest le long de la bande de terre. Comme la Côte d’Ivoire, d’autres pays africains sont exposés à la montée des eaux. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ne minimise pas l'ampleur du phénomène d'érosion côtière sur le littoral ouest africain « C'est un phénomène naturel appelé à se poursuivre. Mais nous manquons de données. La seule chose dont on soit sûr est que le niveau de la mer augmente », indique un représentant de l’UICN. Au niveau mondial, l’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère génère un excédent d’énergie que le milieu marin stocke à plus de 90 %. Ces données ont été fournies avant et pendant la COP 21 à Paris, en décembre dernier. La chaleur emmagasinée génère une dilatation de l’océan, de façon non-homogène, qui provoque l’élévation du niveau de la mer. Aussi, on attend une montée des eaux de 25 centimètres dans le meilleur des cas, voire 98 cm d’ici la fin du siècle dans le pire des cas. Si la question des océans est rarement abordée pendant les grandes négociations, des spécialistes militent pour que les parties l’intègrent dans les textes.

L’exemple marocain

La conférence de l’ONU sur le climat s’est conclue sur l'adoption d'un accord historique pour lutter contre le changement climatique et déchaîner les mesures et investissements pour un avenir résilient, durable et bas carbone. Après son adoption, l’Accord de Paris sera déposé aux Nations unies à New York et ouvert à la signature pour une durée d’un an, le 22 avril prochain. Il entrera en vigueur après que 55 pays qui représentent au moins 55% des émissions mondiales auront déposé leurs instruments de ratification. Toutefois, le texte reconnaît que les Parties à la Convention peuvent provisoirement appliquer toutes les dispositions de l’Accord en attendant son entrée en vigueur. Au cours des conférences parallèles, des solutions allant dans le sens de l’adaptation ont été exposées. Pour Benjamin Jullien de European climate fundation, les solutions pour juguler la montée des eaux sont les mêmes partout. « Il s’agit notamment de construire des digues et d’installer des pompes – mais surtout il faut miser sur la prévention en réduisant le plus vite possible nos émissions de gaz à effet de serre », prévient-il. Jean Lebel, président du Centre de recherche pour le développement international (Crdi) est revenu sur des projets d’adaptation financés au Maroc face à l’érosion côtière. « Les personnes qui vivent sur place, côtoient les conséquences de la transformation des côtes au quotidien. Elles ont été impliquées et cela a donné lieu à la création des comités de surveillance côtiers. Ce sont des comités de citoyens, de scientifiques, qui observent des choses et vérifient si elles sont liées au climat ou pas », explique-t-il. A partir des vérifications, ces comités font des recommandations pour limiter l’effet des vagues sur la côte, ils proposent des plans de réaménagement des plantes, etc. Au Maroc, ces comités sont reconnus par le gouvernement. Ils participent aux processus de décisions. Ce serait intéressant que la Côte d’Ivoire, engagée dans la sauvegarde de la planète s’inspire de ce modèle.

Nesmon De Laure

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Published by nesmondelaure
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