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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 22:25

J’ai lu un intéressant article sur la toile ivoirienne ce 23 août 2016. Intitulé « Ah ces jeunes filles cadres célib-pocrites », le texte capte l’attention. Le titre est beau. Le néologisme « célib-pocrites » l’enjolive. Le texte met en exergue la situation de jeunes dames « cadres » et célibataires. Il ressort de l’argumentation de l’auteur que les jeunes dames cadres sont célibataires du fait des critères trop sélectifs qu’elles s’imposent dans le choix de l’autre moitié. « Trahissez vos principes donc », lâche Cédric Plegnon, l’auteur. Même s’il n’est pas le premier internaute à soulever la question, la touche qu’apporte Cédric Pregnon au débat mérite qu’on crève l’abcès.

Les quatre limites de l’article de Cédric Plegnon

Cédric Plegnon se présente sur son blog comme un « Fervent défenseur des droits de l'homme, il prend toujours partie pour les minorités et les plus faibles ». Notre blogueur s’intéresse aussi, dit-il, aux « faits de société (habitude, coutume ou tradition) qui font obstacle à l'évolution des mentalités en Afrique ». Il a peut-être pris position en faveur de jeunes hommes moins nantis délestés par leurs petites amies…riches. C’est possible. Toutefois, nous constatons une orientation partielle et parcellaire de son argumentation. Une démarche qui trahit ses nobles convictions.

1- Il a mis de côté les femmes célibataires qui ne travaillent pas. Il les a exclues de son champ de vision. La situation des jeunes femmes célibataires sans revenus est vulnérable. Il n’en fait pas cas.

2- Il ne parle pas des jeunes femmes célibataires qui travaillent et qui entretiennent leur petit ami.

3-Cédric Plegnon trie les sexes. Il ne parle pas des hommes qui travaillent, qui ont presque 50 ans et qui sont toujours célibataires.

4-Il n’encourage pas les jeunes femmes célibataires qui ont des résultats professionnels qui impactent leurs entreprises, boostent l’emploi dans un contexte où l’accès à l’emploi est en débat, ces jeunes femmes célibataires qui font bénéficier de leurs revenues à la famille, celles qui aident un cousin, une tante à développer un commerce. Il a ignoré leurs efforts, il a fermé les yeux sur leur participation au développement. L’attitude de Cédric Plegnon fait obstacle à l’évolution des mentalités en Afrique.

Notre position

Le fait que l’auteur, un homme, choisisse de ne parler que des jeunes femmes « cadres » est révélateur d’une frustration grandissante auprès d’une frange de la gente masculine. Dans les années 90, pour parler de notre génération, on dénombrait de rares filles dans une salle d’école primaire. Mais on se souvient combien ils étaient frustrés certains types de garçons, lorsqu’une fille brillait en classe. C’est la continuation de la frustration. Certains pensent que c’est la fin de l’homme. Non, ce n’est pas la fin de l’homme, rassurez-vous, les jeunes femmes célibataires indépendantes ne sont pas si seules. Elles ne sont pas mariées, certes, mais elles trouvent homme pour une vie heureuse et...disons-le, pour une sexualité épanouie. Elles ne sont pas aigries comme le croit la tradition misogyne.

En tentant de culpabiliser la jeune dame célibataire indépendante financièrement, on remet en cause tous les efforts consentis pour l’égalité des chances. On veut lui faire regretter de s’être concentrée sur ses études et sa carrière. On remet en cause l’éducation parentale qui dit à la petite fille de Côte d’Ivoire que « ton premier mari, c’est ton travail ». On veut qu’elle se cache, qu’elle se recroqueville parce qu’une certaine opinion insiste pour que le célibat soit une honte. Cette approche culpabilisante est perdue d’avance. Elle s’étouffe elle-même parce qu’elle ne trouve plus preneuses. Aujourd’hui, la jeune dame célibataire indépendante marche la tête sur les épaules et non la tête baissée. Quelle avancée !

Qui ne choisit pas ? Se marier est un choix. Mais qui on épouse l’est encore plus. Ne demandons pas à nos cousines d’épouser le premier venu de crainte de les voir atteindre 35 ans, seules. Il faut choisir l’être à épouser de sorte à être heureux dans le foyer. Détrompons-nous. La jeune femme indépendante, parce qu’elle est indépendante, ne cherche pas à se sucrer sur le dos d’un amour. Elle ne veut vivre que d’amour. Parce que l’eau fraîche ne la préoccupe presque plus. Elle veut simplement se réveiller heureuse en regardant le monsieur à côté.

Existe-t-il un âge de péremption pour le mariage ? Une chanson nous dit de 7 à 77 ans. Alors, où est le problème ?

Nesmon De Laure

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Published by nesmondelaure
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commentaires

Kajeem 25/08/2016 00:35

J'étais convaincu qu'une brillante jeune dame porterait la contradiction à l'auteur de ce post critiquable à bien des égards; et c'est ce qui m'a fait ne pas y répondre. En 40 ans les femmes ont fait un bond phénoménal en avant, laissant à la traîne pas mal d'hommes. Une mise à niveau suivie d'une mise à jour est plus que nécessaire pour ces derniers!

De Laure Nesmon 29/08/2016 15:51

Merci Kajeem

Koffi Marie Paule 24/08/2016 20:42

http://nesmondelaure.over-blog.com/2016/08/libre-opinion-jeunes-dames-celibataires-parlons-en.html#anchorComment
Je te soutient à 100%. Sans commentaire

De Laure Nesmon 29/08/2016 15:53

Merci Marie Paule Koffi