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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 19:24

Certains sont les premiers à dire que les média n'écrivent rien de bon. Or ils sont les premiers abonnés aux buzz, à la vie privée des stars, hommes politiques et autres...Certains se limitent seulement aux titres pour jeter l'opprobre sur la profession journaliste. Ils lisent peu les articles fouillés, les dossiers sur les questions existentielles. Mary Jane s'en plaignait récemment dans l'un des épisodes du film. Les black l'ont trouvé corrompue lorsqu'elle a accepté d'animer un prime time "viandé". Elle a répondu que lorsqu'elle parle de la cause noire, il y a peu d'audience. Lorsqu'elle aborde les sujets importants, les chiffres baissent. En Côte d'Ivoire des aînés qui ont fait les belles lettres du journalisme, ont pris l'habit politique au détriment de la plume. Peut-être qu'ils ont désespéré de la profession. On a envie de pleurer lorsqu'on passe plus de temps pour recouper des informations sur un sujet de société et qu'à l'arrivée, peu de lecteurs l'ont lu. Une étude de lectorat dit que les articles qui parlent de sexe et de sang sont ceux qui attirent le plus. Tiens! ça donne envie de faire une enquête sur le "mougoupan"! Passons... J'ai lu dans un Manuel sur le journalisme d'investigation que cette réalité est vécue presque partout. Mais il faut tenir le coup. Mediapart a aujourd'hui son audience sans publicité grâce à la persévérance. Elise Lucet est aujourd'hui présentée comme l'Étendard de l'investigation à la télé parce qu'elle y a cru. J'ai discuté avec des amis de l'Association des journalistes d'investigation de Côte d'Ivoire. Certains ont confié les difficultés qu'ils rencontrent pour le financement de leurs projets d'investigation. Je peux en témoigner. Mon investigation sur la traite transfrontalière des enfants réalisée en 2014, ne l'aurait pas été, si l'Institut Panos Afrique de l'Ouest n'avait pas financé mon projet. En 2013, je ne me serai pas déguisée en prostituée pour vivre les réalités du milieu en deux nuits, si je n'avais pas personnellement épargné quelques sous. En Côte d'Ivoire, le journaliste d'investigation, seul, sait comment il travaille. Quand il s'implique ainsi, il n'attend pas forcement une reconnaissance. Mais dans un milieu où la recherche du gain se dispute le professionnalisme, il est souvent intéressant d'encourager ceux qui se débattent. Les encourager, c'est tout simplement les lire, poursuivre le débat sur le sujet abordé, s'impliquer pour plus de pression sur les pouvoirs publics et autres décideurs.

Nesmon De Laure, Abidjan, 16 septembre 2016.

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Published by nesmondelaure
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