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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 13:13

(photo DR)Les informations contradictoires données par les autorités ivoiriennes aux premières heures de l’attaque terroriste de Grand-Bassam montrent qu’il est temps de doter le secteur de la sécurité d’une unité anti-terroriste afin de mieux réagir face à l’extrémisme violent.

 

La riposte face à l’extrémisme violent fait partie des préoccupations de l’Etat ivoirien. La menace terroriste est inscrite dans la 44 ème réforme sur 108 identifiées du secteur de la sécurité. Ce point insiste sur la nécessité de « prendre en compte les questions de sécurité internationale, notamment celles du mercenariat et du terrorisme dans les grandes commissions mixtes de coopération ». Aussi pour rendre effective cette disposition, il est urgent de mettre en place une unité nationale anti-terroriste. C’est aussi l’avis du commissaire divisionnaire Kouassi Bi Abadinan d’Interpol, qui travaille depuis 12 ans sur le terrorisme. « En Afrique de l’Ouest, le seul pays qui a une unité anti-terroriste, c’est le Niger. L’unité centrale de lutte est plus efficace que lorsque les forces sont émiettées », assure-t-il au cours d’une communication sur l’extrémisme violent, dans le cadre du séminaire sur le contrôle démocratique de la gouvernance sécuritaire qui se tient à Yamoussoukro du 8 au 10 mars 2017. Le commissaire fait d’autres propositions qui peuvent être prises en compte. Il s’agit, entre autres, « de l’informatisation des services de sécurité, de faire des analyses criminelles, de prévoir des bases de données et briser les barrières linguistiques car les terroristes parlent plusieurs langues et sont partout. Les forces de sécurité doivent aussi travailler conjointement sur les enquêtes », croit-il. La porosité des frontières est également présentée comme une faille à la lutte contre le terrorisme. Avec l’appui de l’Office international des migrations, la Mauritanie s’est doté de 45 points officiels d’entrée. Cela permet de filtrer les entrées. C’est un exemple de bonne pratique qui pourrait inspirer la Côte d’Ivoire. Le budget alloué au renseignement sécuritaire est également à rehausser. MohamedElMedhi Ag Rhissa, conseiller technique principal du Pnud en Côte d’Ivoire, lève un autre coin de voile : « les cellules terroristes existent en Afrique de l’Ouest. Elles ne sont pas dormantes. Elles procèdent d’abord par des actions pacifiques. Les terroristes se marient dans les communautés, ils offrent des boutiques aux jeunes, se font des amis avant de développer leur idéologie et de d’exploser la terreur. » Cette alerte devrait être mieux observée. Par contre, il faut éviter les amalgames avec l’Islam. « Il ne faut pas perdre de vue la cause politique en ce que les terroristes veulent obtenir un territoire, appliquer une nouvelle loi, exercer un pouvoir politique », éclaire le professeur de science politique,Dominique Bangoura, experte en défense et en sécurité.

Nesmon De Laure

 

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Published by nesmondelaure
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