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22 janvier 2014 3 22 /01 /janvier /2014 10:55

“La Couverture maladie universelle (Cmu) va démarrer ses activités de façon effective le 1er janvier 2015, le temps de mettre tous ses organes en place », annonçait le ministre Bruno Koné, porte-parole du gouvernement, le 19 décembre dernier. Ce système est censé assurer l’accès aux soins, le remboursement des soins, les prestations et les médicaments à toute personne résidant en Côte d’Ivoire et qui n’est pas déjà couverte par un autre régime obligatoire d’assurance maladie. C’est en prélude à la Cmu que la gratuité ciblée a été instaurée en 2012. Cependant, cette étape transitoire annoncée comme une panacée, connaît des failles dans sa mise en œuvre. Des structures spécialisées comme l’Ong Médecins du monde continuent de dénoncer le faible financement de la santé. La Côte d’Ivoire a ratifié des accords pour que la santé occupe 15% du budget. Aujourd’hui, elle avoisine les 5%. Ainsi, la dette due aux prestataires des Centres de santé à base communautaire, depuis 2012, n’est pas épongée, à ce jour. Ce qui suscite des grincements de dents dans le milieu. La gratuité totale déjà constituait un manque à gagner de 7 milliards FCfa pour les structures sanitaires. Conséquence: les pharmacies d’hôpitaux étaient à 80% vides, selon un médecin syndicaliste. Et, on y trouvait des médicaments de moindre importance tels que les comprimés à base de paracétamol, tandis que les médicaments coûteux manquaient. Une réalité qui n’a pas totalement disparu avec la gratuité ciblée. Pour régler la question, une série de réformes ont été faites au ministère de tutelle. Dans cette dynamique, la Nouvelle pharmacie de la santé publique prévoit une disponibilité des médicaments, dès juin prochain. Ce d’autant plus que la Cmu suppose la disponibilité des médicaments. Elle implique aussi des infrastructures d’accueil et un personnel en nombre suffisant. L’année 2013 consacrée à la santé n’a pas vu la construction de plusieurs hôpitaux. Elle a simplement enregistré l’acquisition d’équipements médicaux et la rénovation de quelques structures comme le service néonatal du Centre hospitalier universitaire de Yopougon. C’est dans ce contexte de construction d’infrastructures et d’insatisfaction des patients que les autorités décident de passer à la vitesse supérieure, alors qu’elles n’ont pu respecter le rendez-vous de janvier 2014. En réalité, c’est la première date qui avait été évoquée pour l’effectivité de la Cmu. Un autre défi reste celui du recouvrement des cotisations des travailleurs du secteur informel. En Belgique, par exemple, la majorité de la population est salariée ; ce qui facilite les recouvrements des cotisations. En Côte d’Ivoire, les travailleurs du secteur informel sont-ils prêts à cotiser? Il est vrai que Goudou Coffie, ministre de la Santé, a rassuré, lors de sa récente interview télévisée, sur la prise en compte des cibles de la gratuité par la Cmu. Cependant, le panier de soins sera-t-il défini courant 2014 ? ce que l'on sait, c'est que le dossier a été( re)confié à des pointes du régime, il y a quelques semaines. Si rien ne filtre pour l'heure , les partenaires de la santé se veulent prudents pour la date annoncée. "La Cmu est une stratégie qui a besoin d’un terrain pour s’affirmer. Quand on regarde aujourd’hui, les centres de santé en Côte d’Ivoire, les plateaux techniques sont un peu défaillants au niveau des structures sanitaires. Il y a un préalable qui doit être fait avant la mise en œuvre de la Cmu. Tout ce qui est équipement et stratégie doit être rehaussé pour accueillir la Cmu. Le personnel doit être aussi remis à niveau", propose Aboudou Soro, chargé de plaidoyer à Médecins du monde avec qui nous avons échangé."La stratégie de la Cmu a été faite sur la base de l’équité. Ce qui revient à dire que tout le monde ne cotise pas à la même hauteur. Ceux qui sont pauvres, cotisent moins et les riches cotisent plus. Donc 1.000 FCfa par personne n’obéit pas à l’équité. Le planteur qui est dans son village va cotiser au même titre que le directeur général qui reçoit deux millions FCfa par mois. En plus, nous pensons qu’avec 1.000 FCfa, sans une contribution efficace de l’Etat, nous risquons de nous retrouver avec un panier de prestations moins suffisant pour les populations", constate par ailleurs notre interlocuteur.

Nesmon De Laure

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 21:29
Le Cardinal Agré souffrant

Le cardinal Bernard Agré n’est pas au mieux de sa forme. Nous en avons eu la confirmation hier matin à son domicile à la Riviéra Attoban. Partis recueillir les sentiments de l’archevêque émérite d’Abidjan au sujet de la nomination du nouveau cardinal Jean Pierre Kutwa, nous avons découvert une résidence calme comme d’habitude. Sauf que la façade a été repeinte et le chien ne nous a pas aboyé dessus. Cependant, le principal locataire était absent, à en croire la réponse de sa secrétaire : « le cardinal ne se porte pas bien. Il n’est pas là.» Une nouvelle qui confirme les informations en notre possession depuis le début de l’année corroborées par des membres de son entourage. Ces indiscrétions font état de ce que l’archevêque émérite a été conduit dans état comateux dans une polyclinique privée dans la commune de Cocody. Il aurait été libéré par la suite de la structure sanitaire après trois jours d’hospitalisation. Si nous l’avions trouvé sur place hier, il aurait certainement dit sa joie de voir un troisième cardinal pour la Côte d’Ivoire, pendant qu’il est encore en vie. Bernard Agré est le premier cardinal ivoirien à avoir participé à une élection de pape, notamment à celle de Benoît XVI en 2005. C’est un retraité âgé de 87 ans et en pleine forme que nous avions interviewé au lendemain de la démission du pape émérite. Avant lui, le cardinal Bernard Yago fut le premier cardinal ivoirien de l'histoire. Il a été fait cardinal par le pape Jean-Paul II lors du consistoire de février 1983 . Nommé dimanche dernier, le cardinal Jean Pierre Kutwa, porte à trois le nombre de cardinaux que connait le pays, dont deux sont encore en vie. Le nouveau cardinal fait aussi partie des seize nommés susceptibles d’élire le successeur de François. Bernard Agré est quant à lui crée cardinal depuis treize ans.

Nesmon De Laure

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 15:34

(article publié le 23 juin 2011) « Les 2ème bureaux, les miss, les voitures, … C’est la guerre ? », mentionnait l’une des affiches de campagne Rhdp, lors du deuxième tour de la campagne présidentielle. Cette affiche posait un problème de moralité de l’ancienne équipe dirigeante. Si la critique semble justifiée, ce n’est pas sûr que les autorités actuelles y échappent. Car le pouvoir aiguise l’appétit sexuel. Des sociologues expliquent qu’«à partir d’un certain niveau de pou­voir, le fait d’avoir plusieurs fem­mes est considéré comme normal par la gent masculine. En plus, le pouvoir de l’homme reste un puissant aphrodisiaque non seulement pour lui-même, mais également pour sa partenaire ». Est-ce pour prouver sa virilité débordante ou est-ce par un pur esprit volage ? Les experts ajoutent qu’entre l’homme puissant et le bel homme, les femmes continuent de préférer le premier.

Le pouvoir, un aphrodisiaque !

Et aujourd’hui, on annonce (à tort ou à raison) une liaison illégitime entre une présentatrice-télé et un baron du Rassemblement des républicains(Rdr) réputé chaud lapin, récemment nom­mé ambassadeur en Europe. Un autre proche d’Alassane Ouattara, ministre depuis l’ère Gbagbo, a fini par convoler en justes noces avec une femme de son cabinet. L’appétit se­xuel des gouvernants ivoiriens a atteint son paroxysme durant la dernière décennie. Dix années épicu­riennes marquées par un goût prononcé pour les maîtresses, la luxure et tout son corollaire. Au sommet de l’Etat, le « deuxième bureau » a fini par être légitimé à travers un mariage religieux. Et hop, plus besoin de cachotteries. Les visites répétées chez la dulcinée à son domicile des Deux-Plateaux étaient blanchies. Un exemple bien suivi par la suite. Sous la réfondation, au vu et au su de tous, un locataire de la primature de cette époque s’amourache de sa secrétaire. Elle est bombardée, illico, présidente de conseil d’administration d’une structure importante de la filière café-cacao. Pour les déplacements et les missions à l’extérieur de la personnalité politique en question, la nouvelle fée était l’accompagnatrice favorite… au détriment de l’épouse légale. La leçon passe comme un couteau dans du beurre. Un simple garde de corps du palais affiche, lui aussi, son infidélité avec une artiste mandingue aux déhanchements impétueux. C’est à la télévision nationale que la magnifique danseuse a lancé le scoop : « je suis la maîtresse d’un refondateur. Il me gâte. Il m’a offert un studio d’enregistrement. Il est trop gentil. Je l’aime…». Quelques semaines plus tard, on la verra enlacée dans les bras du garde du président. La presse people a largement fait écho du scandale produit par cette idylle. Pis, ces maîtresses meublent les heures de repos et même de travail de nos dirigeants. Un ex-haut patron de la télévision publique avait presque élu domicile à Angré 7ème tranche. Avant la chute du régime des refondateurs, il était régulièrement aperçu aux côtés de sa jeune amante au teint illuminé, de jour comme de nuit. Si bien que le voisinage se demandait s’il avait du temps pour signer les dossiers urgents qui attendent sur son bureau. Ou encore, avait-il du temps pour son propre foyer ? Lors des voyages à l’étranger, il revient que des ministres frappent, la nuit, aux portes de femmes-membres de leur délégation. Les exemples foisonnent, si bien qu’on ne finirait pas si tôt de les citer. Des affaires intimes très publiques que les nouveaux dirigeants, venus avec le discours du changement, devraient garder à l’esprit. L’actuel chef de l’Etat est certes reconnu pudique en la matière. Il a une seule épouse, conformément aux lois matrimoniales ivoiriennes. Il ne lui est pas imputé de maîtresse attitrée (sic). Est-ce le cas pour tout son entourage ? Un diplomate proche de l’ancien régime dédouane son équipe à sa façon. Il soutient que le risque subsiste puisque les refondateurs n’étaient pas seuls au pouvoir à partir de 2002. Le diplomate Lmp rappelle le goût de la luxure de certains membres de l’opposition de l’époque, aujourd’hui au pouvoir. Pour bon nombre d’observateurs, en plus de s’apparenter à de l’exhibition sexuelle, l’infidélité affichée des hommes de pouvoir sape la morale. L’imam Touré Adam condamne les responsables qui s’adonnent à la luxure : « du point de vue de l’islam, on peut avoir jusqu’à quatre épouses. Mais avoir une maîtresse est une injustice et un acte immoral». Le père-curé Jean Baptiste Kouakou conseille aux nouveaux décideurs de se confier en cas de tentation. Car, « celui qui dirige doit véhiculer des valeurs morales. Et ces valeurs, ce n’est pas le simple fait de les proclamer, mais de les vivre soi-mê­me ». Pour ces hommes de Dieu, la prière peut délivrer de la tentation et être le gage d’une vie saine. Une raison de plus de faire attention, parce que très souvent, ces « 2èmes bureaux » sont trop présents et ont des exigences qui peuvent gêner la conduite des affaires du foyer et par ricochet celles de l’Etat. Selon des économistes, leur entretien pose le problème de l’équilibre budgétaire.

Les maîtresses, source de mal gouvernance ?

Les autorités de l’heure recommandent du sérieux dans la conduite des affaires de l’Etat. Ce ne sera pas une surprise de voir les avantages financiers des ministres, des directeurs et autres décideurs réduits ou même suspendus. Les dépenses inutiles des départements ministériels seront certainement comprimées voire supprimées. Ce qui va à coup sûr priver leur titulaire d’excès que l’on pouvait se permettre dans les gouvernements passés. Certes, le salaire mensuel officiel de nos gouvernants n’est pas à négliger : 6.709. 206 F Cfa pour les présidents ou chefs d’institutions, 5.750.748 pour les ministres d’Etat, 4.792.290 aux ministres, et 3.833.832 aux ministres-délégués. Mais leurs charges familiales sont aussi lourdes. La famille africaine, on le sait, n’est pas indulgente. Le « grand type » du village doit se charger des moindres dépenses de la tribu. Sa famille politique a aussi les yeux rivés sur sa poche, surtout que la lutte a été menée ensemble pour l’accession au pouvoir. S’il doit y ajouter les charges des 2ème, 3e ,4e… bureaux, la tentation aux détournements de fonds rôde inévitablement. Souvenez-vous, «il a voulu vivre César et il est mort Pom­pé », a dit Clémenceau.

Nesmon De Laure

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 23:17

L’ambiance des fêtes de fin d’année a du mal à se défaire de l’usage des pétards pourtant interdit par le gouvernement. D’Abobo à Yopougon en passant par les quartiers chics de la commune de Cocody, le communiqué peine à être respecté dans la ville d’Abidjan. Pour comprendre le phénomène, nous avons tenté de remonter la filière.

Une fillette âgée de huit ans s’est défigurée à la suite d’une explosion de pétard, mercredi dernier à Treichville. Les informations recueillies sur place font état de ce que la gamine s’est approchée du fumigène alors que la mèche était déjà allumée. Et boom ! L’explosion lui est parvenue en plein visage. Malgré les accidents causés par les pétards, les enfants continuent de se réjouir de leur détonation. Ils n’hésitent pas à jeter des pétards dans le tas et à s’enfuir aussitôt. «Quand le «banger» (pétard dans le jargon ivoirien) éclate, c’est intéressant. On sent les fêtes», se réjouit Michael Assi, un adolescent de quinze ans. Nous l’avons interrogé alors qu’il s’amusait à lancer des pétards derrière un supermarché aux Deux-Plateaux, samedi dernier. Michael confesse ignorer que le jet de ces objets est interdit. «Je ne savais pas que c’était interdit de lancer le «banger». Moi je l’ai acheté au marché de ‘’Colombie’’», se dédouane notre interlocuteur. ‘’Colombie’’ est un sous-quartier des Deux-Plateaux.

Contrebande?

Quand vous entrez dans le marché, il n’est pas aisé de retrouver un vendeur de pétards. Il a fallu quelques indiscrétions dimanche dernier, dans l’après-midi, pour contacter une commerçante que nous nommons Awa. C’est presque dans le creux de l’oreille qu’elle vante sa marchandise. Pourquoi cette posture ? «Nous, on se cherche et les gens ne veulent pas qu’on vende. C’est avec ce petit commerce que je nourris ma famille. Donc je me cache pour vendre», répond-elle, ignorant notre véritable identité. Est-elle informée de l’incident produit précédemment à Treichville ? «Non, je ne suis pas informée. Mais les enfants savent qu’on doit lancer le «banger» plus loin pour éviter de se blesser.» Stupéfaction ! La commerçante se plait à promouvoir des mesures de précaution alors que le ministère de l’Intérieur interdit l’achat et l’usage des pétards. Comment ces objets jugés dangereux se retrouvent-ils sur les marchés de la capitale? Nous avons posé la question à Farik Soumahoro, président de la Fédération nationale des commerçants de Côte d’Ivoire (Fenacci). Selon lui, les commerçants sont dans leur rôle. «On ne peut pas interdire un commerce et accepter des taxes en même temps. Lorsque les pétards arrivent, ils sont dédouanés. Les commerçants, qui payent des taxes, doivent réaliser des bénéfices», justifie-t-il. La direction de la Communication et de la qualité des douanes ne partage pas cet argument. Le colonel Ignace Meya, responsable de cette administration, dit ne pas disposer pour l’instant de statistiques sur l’importation des pétards. Toutefois, il tient à lever toute équivoque. «Ces produits retrouvés entre les mains des commerçants sont-ils passés par la route ou par l’aéroport ? Ce n’est pas une évidence, car il peut y avoir de la contrebande.» Le colonel se dit convaincu que l’administration à laquelle il appartient ne peut pas s’opposer à une loi de la République.

Un revenu de plus de 80 mille FCFA par seconde !

«Nous sommes là pour appliquer et faire appliquer la loi. Lorsqu’une mesure est prise, le ministère de l’Economie et des finances envoie une notification à la douane pour exécution. Les conditions d’exécution sont bien précisées», éclaire le directeur de la Communication et de la qualité. Le colonel conclut que «s’il y a effectivement importation de pétards, c’est que l’importateur dispose d’une autorisation exceptionnelle. Dans le cas contraire, l’importation n’est pas possible». Finalement à qui la faute ? Ce que l’on sait, c’est que les chiffres réalisés par l’industrie des pétards dans le monde sont sans appel. Selon planetoscope, un site internet spécialisé dans le consumering, il se vend pour l'équivalent de 128 euros (soit 83.200 FCFA) de pétards et de feux d'artifice, à chaque seconde. Ce qui revient à 4 milliards euros par an, c'est-à-dire, 2600 milliards de FCFA. La Chine est le plus grand producteur mais aussi le premier consommateur et exportateur de feux d'artifice et de pétards. En 2005, l’Empire du Milieu a exporté pour 13 milliards de yuans (plus de 1,8 milliard de dollars américains) de feux d'artifice, dont un tiers étaient des exportations vers une centaine de pays. Les pétards présents sur le sol ivoirien sont indexés comme provenant d’Asie. Un usage qui n’est pas sans effets secondaires dans un pays post-crise. La sociologue Flora Evelyne Noba contactée à Yopougon insiste sur la psychose que crée le phénomène. «Pour un pays qui sort de crise, lorsqu’on entend une détonation de pétard, on fait allusion au crépitement d’armes à feu qui ont retenti au cours des combats. Ce n’est pas bien, car cela effraie», fait-elle observer. La spécialiste qui ne cesse de dénoncer la dépravation des mœurs, indexe une société en perte de valeurs morales. «Les petits n’ont plus de respect pour les aînés. Ils n’ont plus peur de braver les interdits. Ils pensent ainsi s’affirmer», se désole la sociologue. Au niveau mondial, on craint des risques sanitaires potentiels liés aux sous-produits dangereux des pétards et même des feux d’artifice. «La fumée des feux d'artifice et des pétards peut aggraver des problèmes de santé existants comme l’asthme», note Planetoscope.

Les risques mentionnés font que l’interdiction des pétards n’est pas typique au pays d’Houphouet-Boigny. Depuis novembre dernier, les autorités togolaises ont interdit l’importation, la vente et l’usage des pétards et autres objets du genre à l’approche des fêtes de fin d’année, note le site Apanews.com. Le ministère gabonais de l'Intérieur et de la sécurité publique, a aussi rappelé, l'interdiction de l'usage des pétards et autres fumigènes dans le pays en prélude aux fêtes de fin d'année. «L'importation, la commercialisation et l'usage de ces instruments dangereux qui ont déjà causé incendies et mort d'hommes dans notre pays seront désormais assujettis au contrôle strict des services compétents du gouvernement», note le communiqué du gouvernement gabonais. En Côte d’Ivoire, depuis la crise militaro-politique, un communiqué rappelle, chaque année, l’interdiction de l’usage des fumigènes à l’approche des fêtes. Chaque année également, les commerçants et les usagers de pétards bravent l’interdiction. Au ministère de l’Intérieur, un agent du service de communication que nous avons joint au téléphone hier, ne semblait pas vouloir échanger davantage sur la question. «Je n’ai pas le temps de parler des pétards. Le communiqué sur l’interdiction passe déjà en boucle à la télévision», se contente note interlocuteur, qui n’a pas souhaité être cité. Nous insistons. Il finit par nous écouter sans fixer de rendez-vous ferme pour élucider la question. On ne saura donc pas ce que ce ministère fait pour endiguer le phénomène, en dehors des communiqués. Hélas !

Nesmon De Laure

Les pétards ne sont plus acceptés par tous à Abidjan.

Les pétards ne sont plus acceptés par tous à Abidjan.

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 10:42

L’immeuble R+4 en construction écroulé à la suite de la pluie, lundi dernier, à la Riviera Palmeraie est le quatrième incident du genre dans la zone.

Les larmes dans le coin des yeux, la sœur de l’aide-maçon K. D. n’en revient pas ce mardi matin. Depuis lundi soir jusqu’à hier à dix huit heures, les secours tentaient en vain de retirer son frère des décombres de l’immeuble écroulé à la suite de la pluie. L’événement se déroule non loin de l’école de danse de l’artiste Marie Rose Guiraud. La jeune dame, encore sous le choc, ne trouve pas de mots pour répondre aux questions des journalistes.

Une zone maudite ?

L’accident a fait deux blessés conduits au Centre hospitalier universitaire de Cocody. Les secours n’avaient pas encore conclu à la mort du disparu. Quant aux riverains, ils ne cachent pas leur indignation. « Comment peut-on prendre un fer 6 pour le soubassement d’un immeuble ? Le monsieur a mal agi », récrimine un badaud qui impute la responsabilité du drame au propriétaire. Pendant ce temps, un jeune homme présenté comme le fils du maître des lieux accuse le coup. « Vous les journalistes, laissez moi tranquille. Actuellement, je n’ai pas le temps pour vous », refuse-t-il de se prononcer. L’accident du lundi soir n’est pas le premier du genre dans la commune de Cocody. Le 14 septembre dernier, toujours à la Palmeraie, un immeuble de deux étages, inhabité, s’est effondré sur sept véhicules, à la surprise générale. Témoignant dans le quotidien l’Intelligent d’Abidjan, Issiaka K., maçon, a indexé le non-respect des normes de construction. « Ce sont des barres de fer de dimension 8 qui ont été utilisées en lieu et place de 14 comme l’exigent les normes », s’indignait-il. Le maçon constate également un déficit au niveau des poteaux. « Par exemple, sur 20 mètres, on devrait avoir 8 poteaux et au milieu, 3 poteaux. Ce qui n’est pas le cas », constate-t-il.

En juin 2010, deux immeubles ont été également engloutis à la Riviera Bonoumin alors que la saison des pluies battait son plein. A l’époque des faits, les responsables de la mairie de Cocody ont lié l’inondation à des travaux publics. « Les canalisations sont étroites à cause des constructions anarchiques dans les ravins », accuse Gogoua Germain, agent au service technique. En mai dernier, un immeuble s’est aussi écroulé à Cocody-Angré.

Pourquoi ces incidents ont-ils lieu dans la même zone ? Le quartier est-il maudit? Kobenan Bruno, sous-directeur de l’urbanisme à la mairie de Cocody, rencontré hier sur le récent site sinistré, est convaincu du contraire. Il indexe plutôt la « mauvaise foi des constructeurs. » « Pour les quatre cas d’effondrement d’immeuble, les propriétaires n’avaient pas leurs documents de construction à jour. Souvent, ils ne payent pas les frais de l’architecte. Ce qui fait que le travail n’est pas bien mené », révèle-t-il. Pour le cas spécifique du carrefour Marie Rose Guiraud, le sous-directeur détaille qu’ « à la suite d’un contrôle, il était inscrit la mention ‘’à démolir’’. Mais elle a été effacée. Et ils ont poursuivi les travaux en fermant la devanture », se désole-t-il. Approché à nouveau pour recueillir sa version au sujet de la mention en question, le fils du propriétaire s’est refusé à tout commentaire. « Madame, laissez-moi », s’est-il emporté.

L’éclairage de la mairie

Toutefois, nous apprenons, de source policière, qu’une enquête est ouverte sur le sujet pour mieux situer les responsabilités. La même source prévient qu’on pourrait conclure à un meurtre et à des blessures involontaires, une fois les responsabilités clairement situées. Dans ce cas d’espèce, il appartiendra au droit pénal d’intervenir pour les réparations. Afin de comprendre davantage l’enchaînement des effondrements de maisons à étage, nous avons contacté, par téléphone, Soro Doté, président national des entrepreneurs en bâtiments et travaux publics de Côte d’Ivoire. Le spécialiste est formel. « En général, les propriétaires ne sondent pas le sol avant de construire. Or, en cas d’incompatibilité avec le sol, un immeuble peut s’écrouler. Les poteaux et les murs porteurs doivent se faire à la dimension du bâtiment. Il en est de même pour le dosage et la qualité des matériaux. Si le constructeur utilise le fer 6 au lieu du fer 16, il y aura forcément problème.» Selon lui, pour bâtir un immeuble R+4, par exemple, il faut environ trois mois. Il précise qu’il faut au moins 21 jours entre la construction des différentes dalles. Cependant, remarque M Soro, certains, plus pressés, n’excèdent pas l’intervalle de 15 jours. Par ailleurs, pour maintenir un immeuble habité en bon état, Soro Doté déconseille le drainage : « il faut éviter que l’eau coule à côté du mur. Cela peut causer un écroulement à la longue. »

Les explications du ministère de la Construction

Une source proche du ministre de la Construction, contactée dans la soirée hier, constate également que les immeubles s’écroulent de plus en plus. Un fait inhabituel dans le passé. « Nous sommes conscients du problème. Et nous poursuivons la sensibilisation sur le respect des normes. Nous interpellons également ceux qui ne respectent pas les règles », soutient la source. Qui explique que pour le dernier cas en date, le permis de construire n’a pas été délivré par le ministère. Pourquoi les immeubles « à démolir » ne le sont plus après le marquage par les services du ministère? « C’est parce que les concernés finissent par se mettre en règle », poursuit l’interlocuteur qui promet un rendez-vous avec les services techniques pour mieux élucider le sujet.

Nesmon De Laure

Les débris de l'immeuble écroulé lundi à la Riviera Palmeraie (photo: Noel Z)

Les débris de l'immeuble écroulé lundi à la Riviera Palmeraie (photo: Noel Z)

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 09:53

Un immeuble R+4 en construction s’est écroulé, hier, à la Riviera Palmeraie, non loin de l’Institut Marie Rose Guiraud. L’accident, survenu aux environs de seize heures trente minutes, a fait trois blessés selon le voisinage. Mais deux victimes ont été conduites au Centre hospitalier universitaire de Cocody, informe une source au Centre de coordination et de transmission du groupement des sapeurs-pompiers. Le bâtiment se serait affaissé sous l’effet de l’inondation due à la pluie, selon les témoins. La police a ouvert une enquête pour mieux situer les circonstances du drame. Dans le même temps, l'Avenue 21 de Treichville était envahie par une mare d’eau. A Marcory Anoumabo sans fils, des riverains avaient du mal à sortir de chez eux suite à l’inondation des routes. D’Abobo à Port-Bouët en passant par Yopougon, aucune commune n’a échappé à la furie de la pluie. En début de journée déjà, la Société d'exploitation et de développement aéroportuaire, aéronautique et météorologique (Sodexam) annonçait des intempéries susceptibles de causer des inondations sur les villes côtières pour la soirée d’hier, notamment à Abidjan. Sur les réseaux sociaux, les internautes ont vite fait de comparer l’inondation d’Abidjan à la situation des Phiillipines suite au passage du typhon Haiyan.

Nesmon De Laure

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 18:21

Mercredi dernier, le conseil des ministres a décidé de la hausse du Smig. Si les responsables syndicaux applaudissent, ils ne sont pas totalement satisfaits. Le secteur agricole les préoccupe également. Et pourtant, la question n’a pas encore fait véritablement l’objet d’un débat, à en croire Traoré Dohia Mamadou, le secrétaire général de la Fédération des syndicats autonomes libres de Côte d’Ivoire, joint par téléphone au jour de la décision. « Nous nous positionnons pour amener la revalorisation du Salaire minimum agricole garantie appelé Smag également. » Il s’agit de l’équivalent du Smig dans le secteur agricole. Traoré Dohia présente un état des lieux « triste et catastrophique ». Il développe par exemple que les travailleurs des plantations perçoivent à peine quinze ou vingt mille francs part mois. Ce qui n’est pas conforme avec le coût de la vie. La revalorisation souhaitée dans le secteur est pour cela estimée à soixante mille F. Ce qui impliquera un accroissement du niveau de vie des travailleurs agricoles. « Nous avons deux bretelles. La première, il s’agit des avantages en nature et la deuxième, c’est le fait des avantages en espèce », précise Joseph Ebagnerin, secrétaire général de l’Union générale des travailleurs de Côte d’Ivoire avec qui nous avons échangé sur le sujet. En nature, détaille-ill, il s’agit de régler les problèmes d’électricité, d’eau, de logement, d’école, etc. Et il y aura le salaire en espèce. Sur le terrain, l'on doute déjà de l'effectivité de la nouvelle mesure. Ce, d'autant plus que le patronat reste peu bavard. Même si, selon un interlocuteur du milieu, les responsables d'entreprises étaient associés dès le départ aux négociations. Les leaders syndicaux , quant à eux, sont formels au sujet de l'application du smig à soixante mille francs Cfa. « Si une entreprise se met de travers, les travailleurs appelleront à l’application », met en garde le secrétaire général de la Fesaci.

Nesmon De Laure

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 17:38

Huit ans après son inauguration, le mémorial de l’holocauste attire quatre à cinq mille visiteurs par an au centre de Berlin en Allemagne. Mais les jeunes et les personnes âgées ont des regards différents sur le monument de l’histoire.

Les enfants courent sur les dalles du Mémorial de l’holocauste à Berlin. Ils se plaisent aussi à sauter d’une dalle à l’autre, sous le regard amusé des parents. A observer leur sourire, il apparaît clairement qu’ils prennent du bon temps. Nous sommes bien sur la rue Ebertstraße, entre la porte de Brandebourg et la bouillante Potsdamer Platz. Dans les environs, se trouve la Bundestag, le Parlement allemand et également les bureaux de la Chancelière Angela Merkel. En allemand « Denkmal für die ermordeten Juden Europas », le Mémorial aux Juifs assassinés d’Europe est également appelé Mémorial de l’holocauste en souvenir aux victimes juives de la période nazie. Il se présente com­me un champ de près de trois mil­le mausolées de béton disposés en mail­lage. Les caveaux font 2,42 mètres de long, 0,95 mètre de large, et de 0 à 4,7 mètres de haut. Ils sont censés produire une atmosphère de malaise et de confusion, représentant un système qui a perdu le contact avec la raison humaine. La place attire de nombreux touristes européens. Les Allemands ne boudent pas ce patrimoine non plus. Horst Ohligschläger, 55 ans, est l’un des nombreux visiteurs ce mardi 29 octobre.

Pleurs et plaisirs

Il est déjà midi. Mais le froid frappe (fort) malgré les rayons du soleil. Ce gestionnaire de médias accompagne sa fillette de douze ans pour la découverte. Ici, il est rare de rencontrer quelqu’un qui parle français. Heureusement que comme la plupart des Allemands que nous rencontrons, Horst Ohligschläger s’exprime facilement en anglais. Il estime que le Mémorial de l’holocauste est l’un des sites les plus importants de Berlin réunifié. Pour cela, il doit être traité avec beaucoup de respect. «Nous vivons dans le Sud de l’Allemagne, et je suis venu ici avec ma dernière fille pour lui montrer cet endroit. Cependant, nous ne sommes pas allés dans le musée, car il n’est pas vraiment adapté pour les enfants. » Eh oui ! Un musée se trouve en dessous des piliers du domaine. Il présente une exposition photographique et livresque sur la terreur nazie et détient les noms de toutes les victimes connues. Les visiteurs peuvent également trouver des lettres originales laissées par les martyrs avant leur déportation vers les camps de concentration. Sur une lettre d’un Juif français adressée à son épouse et à ses enfants, on peut lire : « (…) Nous partons demain, destination inconnue, je vous serre contre mon cœur en pleurant. » Un moment difficile à supporter. Des visiteurs retiennent péniblement leur larme. Pendant ce temps, dehors, des adolescents échangent des baisers et se photographient sur les stèles. Marcia Bargel, une Française âgée de quinze ans, est venue des Etats-Unis pour batifoler avec son petit ami, Jeroen Smets, un étudiant de seize ans originaire de Francfort. Pour eux, il est agréable de visiter le Mémorial, qui occupe 19.000 mètres carrés à une courte distance des ruines du bunker d’Adolf Hitler. Il s’agit du treizième et dernier quartier général où le Führer s’est suicidé. «Pour les jeunes, je pense qu’il s’agit plus d’un lieu de plaisir, car ils ne savent rien sur sa signification réelle», dixit Martina Kössler, 40 ans et mère de deux jeunes enfants qui s’amusent à courir dans les allées. Elle aime l’architecture du Mémorial. Peter Eisenman, l’architecte, espérait créer un sentiment d’inconsistance et d’instabilité. La plupart des visiteurs l’approuvent. Mais pour la lycéenne de dix-huit ans, Katrin Kolomiec, il n’a pas réussi à créer l’effet escompté. «Cette œuvre d’art ne montre pas vraiment ce qui est arrivé aux Juifs parce que sa signification n’est pas claire ; sauf si vous demandez à quelqu’un. Je pense qu’il devrait y avoir un panneau d’affichage pour expliquer ce dont il s’agit », soutient l’originaire de Stuttgart. En tant qu’Allemande, elle ajoute que c’est un passé honteux : « c‘est tellement horrible ce qui s’est passé. Cela ne doit plus se reproduire dans l’histoire. » Martina Kössler, la mère des deux enfants, est allée dans le musée souterrain il y a quatre ans. Elle en garde un mauvais souvenir: «Je me suis sentie tellement mal. Je suis trop jeune pour me sentir directement coupable de ce qui est arrivé.Mais je sais que mon grand-père a participé à la seconde Guer­re mondiale en tant que soldat, mais il ne voulait jamais en parler. Dans notre famille, on ne sait vraiment pas à quel point quelqu’un a été impliqué dans l’extermination des Juifs », est-elle désorientée. En fait, dans de nombreuses familles allemandes, l’holocauste est un sujet tabou. Martina n’en a entendu parler qu’à l’école et récemment, à travers les objets exposés.

Leçons pour la Côte d’Ivoire

À son avis, les gens ne devraient jamais oublier ce passé terrible, mais ils devraient également se pencher sur l’avenir. Dans les couloirs des dalles, les visiteurs d’un certain âge viennent aussi se recueillir. Ils se sentent peut-être intimement liés à ce monument. «Quand nous sommes ici, nous nous souvenons de l’histoire de l’Allemagne», explique Dieter Steinwender, un informaticien de 58 ans, originaire de Hambourg. Son épouse et lui désapprouvent le fait que certaines personnes viennent au Mémorial de l’holocauste juste pour le fun. «Nous pensons que ce n’est pas juste que les gens viennent ici rire et jouer. Nous en avons honte. Ils ne comprennent pas la signification de ce lieu. Le gouvernement devrait faire quelque chose pour arrêter cela et protéger cette mémoire douloureuse », est convaincu l’époux. Contacté mardi soir par téléphone, Michael Sontheimer, journaliste et historien allemand qui parle ouvertement du ​ rôle de sa famille au cours de la période nazie, rappelle qu’un long débat d’une dizaine d’années a précédé la construction du monument. Certains n’en voulaient pas car pour eux, il faut se débarrasser du passé honteux. Pour d’autres, il le fallait pour la mémoire collective. «Chez nous, nous avons reconnu nos torts. Ce n’est pas pour blâmer quelqu’un. Mais il est important de se rappeler. Lorsque vous ne connaissez pas le passé, vous ne pouvez pas réussir dans l’avenir», s’est-il adressé aux Ivoiriens. Par ailleurs, Dr Juliane Wetzel, historienne au Centre de recher­che sur l’antisémitisme à Berlin, rencontrée le 30 octobre à son bureau, estime qu’il y a une corrélation entre l’holocauste et les conflits ethniques en Afrique. Même si les conflits ethniques opposent généralement différents groupes ethniques et que de l’autre côté, il y a des Juifs fran­çais, britanniques ou allemands. « Il y a des similitudes parce que les Juifs étaient également vus comme des étrangers et blâmés pour cela. D’un point de vue sociologique, il y a une forte corrélation entre l’antisémitisme et le racisme ou la xénophobie », fait remarquer la spécialiste. Pour elle, les pays qui sortent de graves crises comme la Côte d’Ivoire devraient se construire des monuments pour la postérité. Toutefois, elle recommande que ces monuments n’aient pas de coloration politique. «Le monument doit être expressif et toutes les victimes doivent être prises en compte. Mais il ne faut pas confondre les victimes aux persécuteurs. »

Nesmon De Laure, envoyée spéciale à Berlin

Echange avec un visiteur sur le site du mémorial, mardi 29 octobre 2013.
Echange avec un visiteur sur le site du mémorial, mardi 29 octobre 2013.

Echange avec un visiteur sur le site du mémorial, mardi 29 octobre 2013.

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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 17:20

En exil à Dakar depuis près de deux ans, Amadou Toumani Touré (ATT), ex-Président malien déchu le 22 mars 2011, semble mener une vie paisible, loin de sa mère patrie. Nous sommes allés sur ses traces, les 5 et 6 septembre derniers.

Amadou Toumani Touré dit ATT vit ici à la résidence Pasteur, 39 avenue Pasteur. La villa est située non loin de l’ancien palais de justice. L´habitation a une vue sur l’océan et l’île de Gorée. Il est presque 18 heures, ce jeudi 5 septem­bre, quand nous tentons de rencontrer l’ancien président malien, dans son exil dakarois. Nous sommes curieux de savoir comment il vit l´investiture du nouvel homme fort de Bamako et la date de son probable retour au bercail. Ce d´autant plus que, dans une déclaration datant du 15 août dernier, il félicite Ibrahim Boubakar Kéita (IBK) pour son élection à la présidence de la République malienne. Sans un rendez-vous préalable, l’accès est interdit, sont résolus deux gardes sénégalais devant la résidence. « Nous n´avons pas la compétence de vous laisser entrer. Vous n´êtes pas enregistrés ici », confie le plus jeune, en tenue de militaire. Le second, plus robuste et habillé en civil, apparemment le supérieur hiérarchique, est du même avis. Pendant les échanges, il reçoit un appel téléphonique. Puis fait enregistrer deux noms. En moins d´une minute, un couple apparaît au portail. Il s´agit d´une jeune dame de teint clair et d´un monsieur un peu frêle. Certainement des membres de la famille. Les deux visiteurs, précédemment annoncés par téléphone, sont autorisés à entrer dans le «petit palais ». C´est ainsi que les riverains désignent la bâtisse. L´entrée principale, située à quelques pas du ministère de la Santé, est faite de grille. De l´extérieur, on aperçoit un jardin composé de fleurs et d´arbustes. Nous espérons voir l´ancien dirigeant de 64 ans en tenue de sport sur la plage. Deux jardiniers, à l´angle de l´avenue, sont convaincus qu´il fait ses exercices physiques entre 17 et 18 heures. Ce ne sera pas le cas ce jeudi. Toutefois, un habitant rencontré sur la baie vend la précieuse mèche : « ATT fait sa prière du vendredi à la mosquée de l´hôpital, en face de sa résidence. Pour le voir, faites-y un tour demain ». Notre interlocuteur a bien raison.

Il est plus de 13 heures, ce vendredi 6 septembre. C´est le moment indiqué pour aller à la prière à Dakar centre. Le soleil brille encore, lorsqu’Amadou Toumani Touré apparaît, en personne, à la porte de la somptueuse villa. Entouré de sa garde rapprochée, il a à ses côtés ses deux petits fils. Dressé dans un boubou blanc, l´ex-Président se rend à pied à la mosquée juste en face. Souriant, le pas léger, il salue les passants. Et pour une minute, on regarde passer l’ancien homme fort de Bamako renversé par le coup d’Etat du capitaine Amadou Sanogo, il y a deux ans et demi. Une fois à l’intérieur de la mosquée, il tend la main à certains fidèles sur son chemin. « Assalaamou alaykoum ! », l’entend-on dire. Il s´installe sur un tapis vert qui lui est réservé. Juste derrière lui, s’asseyent ses petits fils et un élément de sa garde. Pendant la prière, ATT semble décontracté et content. Au cours de l´aumône, l´un de ses petits fils pose un billet de 1000 F Cfa dans la corbeille. Finie la prière, l’exilé se dirige d´abord vers l´imam pour lui rendre des civilités. Tout est fait pour conforter sa réputation d’homme simple et accessible dont il jouissait déjà dans la capitale malienne. « Salut ! Ça va bien ? Vous êtes là pour combien de temps ? », interroge-t-il Assane Koné, un journaliste malien venu faire le pied de grue pour une photo. Tout sourire, ATT lui tend aussi la main et discute en langue bambara, malgré les réticences des membres du protocole. L’ex-chef d’Etat promet un rendez-vous aux journalistes, avant de se retirer. Assane Koné qui a été très critique à l’encontre du défunt régime explique difficilement la chaleur de l’époux de Lobbo Touré. « Je ne suis pas sûr qu’il m’ait effectivement reconnu. Je suis vraiment touché », confesse le confrère, mélancolique. Sur le parvis de la mosquée, le ciel s’assombrit et cède peu à peu la place à la pluie. Protégé de la pluie par sa garde rapprochée, Amadou Toumani Touré saute dans une voiture non immatriculée pour rejoindre sa résidence.


L’exil paraît comme une torture pour certains hommes politiques. Mais ATT ne semble pas être de ceux-là. Selon les confidences d’Aboubacry Mbodji, le nouveau secrétaire général de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho), les conditions d’exil du général ATT sont satisfaisantes. « Nous sommes en contact avec lui sous l’angle des droits humains pour qu’il soit traité comme un ancien Président. Nous avions même des contacts avant qu´il ne soit évincé du pouvoir. Et tout se passe bien ici. » Le militant des droits de l’Homme croit que s’il y a une poursuite judiciaire contre ATT, il appartient aux juges de le faire et non au politique. Sinon, ATT peut retourner au Mali, s’il le désire, affirme M. Mbodji. En tout cas, Amadou Toumani Touré semble prendre du bon temps. Le gouvernement sénégalais lui a offert une résidence et des gardes de sécurité gratuitement. Le coût de ce geste généreux pour l’Etat sénégalais n´est pas connu. Par contre, on sait que son ami de longue date, El Hadj Hamidou Kassé, conseiller spécial du Président sénégalais Macky Sall, lui rend souvent des visites.

Nesmon De Laure, envoyée spéciale à Dakar

photo: Nouhou Baldé

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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 15:10

Professeur Adoubi Innocent, coordonnateur du programme national de lutte contre le cancer et chef du service cancérologie du Centre hospitalier universitaire (Chu) de Treichville prévient sur les signes du cancer et les moyens de réduire le risque de le contracter. Lire notre interview!

Quels sont les cas de cancer les plus récurrents dans votre service?

Chez l’adulte, 80% des cancers sont les cancers du sein, du col de l’utérus, de la prostate, du foie et les cancers colorectaux. Chez l’enfant, on a les cancers des ganglions, du rein, de l’œil. Ces trois cancers représentent plus de 60% des cas. À côté de cela, nous avons les leucémies, c'est-à-dire les cancers du sang à des proportions qui vont dans l’ordre de 4 à 5 % des cas.

A quelle occasion l’enfant contracte-il le cancer ?

Le cancer de l’enfant est présent depuis la naissance. Les gènes du cancer se trouvent déjà dans la fécondation. Les chromosomes du cancer sont présents et se mettent en place dans les années qui suivent. Ce qui fait qu’on peut découvrir un cancer chez un enfant de huit ans. Il n’y a pas de prévention mais les parents doivent être attentifs au changement de comportement ou à la structure physique de l’enfant. Quand un parent constate que les yeux de l’enfant deviennent brillants, il ne doit pas s’émerveiller pour dire que les yeux de l’enfant sont beaux. Il faut qu’il consulte un médecin, car cet aspect peut cacher un cancer. Quand il s’aperçoit aussi que le ventre de l’enfant grossit de manière inhabituelle, il doit également aller à l’hôpital car, peut-être, il y a un cancer du rein.

Même sans douleur ?

Oui. C’est le médecin qui va découvrir une tumeur et qui va sentir quelque chose d’anormal. Il va alors recommander une radiographie.

En dehors des enfants, qui sont les populations les plus touchées ?

Après 30 à 35 ans, on peut être un facteur de risque d’un cancer particulier. Le cancer du sein de la femme commence à être fréquent à partir de 40 ans. Le cancer du col de l’utérus l’est à partir de 45 ans. Le cancer de la prostate chez l’homme commence à être fréquent à partir de 50 ans. Autrement dit, on a la prostate chez les jeunes ; or en Europe, c’est à partir de 60 ans qu’on peut avoir la prostate. Nous recevons de jeunes monsieurs de 50, 51, 52 ans qui ont le cancer de la prostate ici.

Qu’est-ce qui explique cette différence pour le cas de la prostate?

On pense que le cancer de la prostate est plus fréquent chez le Noir à cause d’un problème génétique. Le fait d’être noir prédispose plus à un cancer de la prostate que chez un Européen ou un Asiatique. Etre de race noir nécessite un dépistage vers 50 ans, contrairement à la race blanche qui peut patienter jusqu’à 60 ou 65 ans. En ce qui concerne le cancer du foie, on peut le contracter à partir de 35 à 40 ans. Il est lié à l’hépatite B et à l’hépatite C. Ce cancer est lui-même lié à un virus endémique qui est présent chez les populations africaines. Ce qu’on préconise, c’est la vaccination dès la naissance en collaboration avec le programme des hépatites qui a le leadership de la prévention. Si les enfants sont vaccinés correctement de zéro à trois ans, cela contribue à la baisse du cancer du foie.

Vous nous expliquiez, il y a trois ans, que l’homme contracte aussi le cancer du sein. Quelle est la réalité aujourd’hui au niveau des consultations ?

Depuis trois ans, nous avons opéré trois hommes qui ont entre 50 et 55 ans. Ils vont bien. Ils ont fait la chimiothérapie. D’autres sont allés faire la radiothérapie à l’étranger. Le traitement de l’homme est pareil que celui de la femme. On opère et cela se passe bien. Les hommes sont de plus en plus conscients qu’il faut venir tôt. Ils ne viennent pas pour les dépistages, mais plutôt quand ils ressentent des signes. Avant, ils venaient en consultation à des stades avancés mais maintenant ce n’est plus le cas. On fait le prélèvement et lorsqu’on se rend compte que c’est un cancer du sein, on les opère et cela se passe bien. Sur deux mille cancers du sein par an pour toutes les structures confondues, on ne retrouve que trois hommes.

"Le thé vert réduit le risque de certains cancers "

Les Ivoiriens sont-ils suffisamment sensibilisés sur le cancer ?

Avec les Ong de lutte contre le cancer, les Ivoiriens sont de plus en plus conscients que cette maladie est une réalité dans leur pays. Nous n’avons pas tous les moyens pour la prendre correctement en charge. Donc il faut que l’Etat s’implique dans la construction de centre de traitement du cancer. Aujourd’hui, nous ne disposons que d’un seul service de cancérologie dénué de tout matériel, assez vétuste, doté que de quatorze lits et qui est fermé depuis quatorze mois au Centre hospitalier et universitaire de Treichville parce que des réfections sont en cours. Il y a un projet de création de centre de cancérologie mis en place depuis 2009, mais qui n’est pas encore réalisé.

Avec cette fermeture, comment se fait la prise en charge des patients ?

Nous sommes obligés de solliciter des lits des autres services comme le service interne pour recevoir quelques patients. Nous pouvons faire des consultations, mais pas des hospitalisations systématiques. La prise en charge se fait avec les moyens du bord. Les malades sont obligés de se retrouver dans les structures privées. Notre vision, c’est la création d’un centre autonome de radiothérapie et d’andrologie médicale. Le terrain se trouve au Chu de Cocody. Les travaux n’ont pas encore commencé mais nous avons de l’espoir. Car c’est une urgence d’avoir un centre de référence et de pouvoir prendre les malades en charge, et où on pourra faire la pluridisciplinarité. En Côte d’Ivoire, nous avons les ressources humaines pour traiter le cancer ; mais nous n’avons pas encore les structures qu’il faut.

Qu’est-ce qui est prévu en cas de douleur due au cancer ?

Effectivement, quand le cancer est avancé, il fait mal. Or en général, les malades arrivent à un stade avancé. 70% des cancéreux en Côte d’Ivoire ont des douleurs associées à leur cancer. Nous nous sommes rendu compte que les douleurs ne sont pas suffisamment soulagées. Pour améliorer la prise en charge de la douleur, nous avons tenu le premier atelier africain contre la douleur récemment à Abidjan, sous l’égide de l’alliance mondiale de lutte contre le cancer et l’association ivoirienne des soins palliatifs. Des spécialistes sont venus de l’Afrique et de l’Europe pour discuter des stratégies de la lutte et de la prise en charge. Il est ressorti de cet atelier que la morphine est le médicament le plus efficace. Il faut donc le rendre accessible non seulement aux praticiens, mais aussi dans les formations sanitaires. La manipulation de la morphine demande une formation. Il faut donc former le maximum de médecins à son utilisation pour pouvoir accompagner la prise en charge ; que ce soit à des stades intermédiaires ou à des stades avancés. Elle ne guérit pas, mais elle soulage la douleur. Or, la douleur a un impact psychologique majeur sur le malade et ses parents.

A quel moment doit-on passer à la morphine ?

Lorsque la douleur devient aiguë et résiste aux médicaments antalgiques habituels, il ne faut pas hésiter à passer à la morphine. Il faut être formé car la morphine a des effets indésirables comme des petits problèmes respiratoires qui peuvent être jaugés. Des formateurs sont disponibles en Côte d’Ivoire. De plus en plus, il y aura des ateliers de formation des médecins. Au niveau du programme national de lutte, nous sommes en train d’écrire une politique de lutte contre la douleur en collaboration avec le groupe technique de travail. C’est un guide de lutte contre la douleur afin que la morphine soit disponible dans les pharmacies privées et publiques. Bien souvent dans le public, il y a une rupture de morphine. Nous travaillons avec le ministère de la Santé dans ce sens.

La morphine étant une drogue, n’est-il pas risqué de la vulgariser ?

C’est vrai que la morphine est une drogue. Si le malade décède pendant son utilisation, il faut que les parents soient sensibilisés pour restituer la morphine à l’hôpital afin d’éviter son utilisation à d’autres fins. C’est pourquoi, la police des stupéfiants doit être associée à la mise en place des stratégies de régulation.

Quelles dispositions faut-il prendre pour éviter les types de cancer précédemment évoqués ?

Pour le cancer du sein, toute femme à partir de 30 ans doit se faire examiner chaque année par un cancérologue ou un gynécologue. Car quelle que soit l’hygiène de vie, il y a des risques. Ce type de cancer est parfois lié à l’hérédité. On propose que l’alimentation soit riche en fruits et légumes et que les activités sportives soient encouragées. Trente minutes d’activités physiques sont conseillées par jour. Il peut s’agir d’une simple marche. L’idée est de ne pas rester sédentaire. Les dernières études démontrent que faire du sport réduit tous les types de cancer d’au moins 30%. Limiter les aliments gras et les viandes sont des attitudes qu’on recommande également. Le cancer du col de l’utérus est un cancer qu’on peut éviter aujourd’hui. Il y a un vaccin distribué et qui coûte de 16 mille F Cfa à un peu plus. Il existe deux types de vaccin qui sont faits chez les jeunes filles qui n’ont pas eu de contact sexuel ou qui en ont eu, il y a moins d’un an. Cela permet de réduire de plus de 80% le risque de contracter ce cancer. Quant au cancer du sein, une fois diagnostiqué précocement, on en guérit. Si vous présentez un cancer du sein de moins de trois centimètres, vous avez 80% de chance de guérir.

Le coût du vaccin n’est-il pas un frein à l’éradication du cancer du col ?

Au niveau du programme cancer et du Programme élargi de vaccination, nous sommes en train de travailler pour que la Côte d’Ivoire puisse bénéficier de la disponibilité d’un vaccin moins cher, dans la fourchette de 3000 à 5000 F Cfa à trois doses. Ainsi avec environ 15 000 F Cfa, la jeune fille est protégée.

La jeune fille qui a déjà eu des rapports sexuels a-t-elle des chances de se protéger du cancer du col ?

Il y a une technique appelée l’extinction visuelle chez les jeunes filles qui ont déjà eu des rapports. Cette technique disséminée sur 34 sites sur l’étendue du territoire a été déjà enseignée à près de trois cents personnes. Il s’agit de détecter les lésions avant qu’elles ne deviennent des cancers et de les traiter. Ou bien de détecter des débuts de cancers afin de les opérer rapidement.

Chez la femme qui n’a pas fait le dépistage, quel signe devrait l’inquiéter ?

Il s’agit du saignement en dehors des règles ou pendant les rapports sexuels. Dans ce cas, elle doit consulter rapidement un médecin et non attendre les complications.

Et qu’en est-il du cancer du foie ?

L’alcool est une cause du cancer de foie. Quelqu’un qui a eu l’hépatite B et qui n’en est pas guéri, peut contracter la cirrhose du foie qui conduit à son tour à un cancer. C’est un processus qui peut prendre quinze ans en même temps. C’est pourquoi le programme qui travaille sur l’hépatite virale propose le dépistage systématique chez les sujets enfants ou adultes. Quand on passe au stade de cirrhose, le cancer n’est pas loin. Le cancer colorectal, c'est-à-dire le cancer du gros intestin se constate de plus en plus chez les jeunes entre 40 et 50 ans, y compris les hommes et les femmes. On en voit de plus en plus à des stades avancés parce que lorsqu’ils saignent, ils pensent à des hémorroïdes. Et pourtant, une personne qui saigne en faisant des selles doit voir un médecin. Il faut retenir qu’à partir de 50 ans, un homme doit pouvoir se faire examiner par un spécialiste. Même les hémorroïdes peuvent cacher un cancer.

Qu’est-ce qui conduit au cancer du gros intestin ?

C’est l’alimentation. C’est un cancer qui vient en sixième position. Seulement les malades viennent la plupart du temps après un voire deux ans de saignement. Il faut la télescopique pour être sûr qu’il ne s’agit pas d’hémorroïdes. Pour l’éviter, il faut une alimentation riche en fer et en légumes. Il faut privilégier les fruits et légumes dès le jeune âge. Eviter tout ce qui est alimentation gras et viande rouge.

Mais professeur, les Ivoiriens raffolent des grillades, comment éviteront-ils le gras ?

Si on raffole des grillades, il faut l’enrichir des fruits et légumes. Il faut manger de la banane, de la papaye, pour freiner l’effet cancérogène de ces produits liés à la viande et qui mettent des goudrons dans le colon. C’est le goudron dans le colon qui donne le cancer du colon. Manger la viande braisée est un risque de cancer. Dans les viandes braisées, il y a du carbone. Le problème, c’est que depuis le bas âge, l’enfant mange le « soukouya » (Ndlr : la viande braisée). Or, ce cancer met quinze à vingt ans avant d’apparaître. C’est donc le résultat de quinze à vingt ans d’une mauvaise alimentation. Plus on a une hygiène de vie saine, plus le risque du cancer du colon diminue. Il faut ajouter également que le tabac est à l’origine de 30% des cancers. Qu’il s’agisse du cancer du poumon, du cancer de la gorge, et même des cancers digestifs. La consommation du tabac est la première cause de cancer chez l’adulte. Or, près de 20% des jeunes ivoiriens se mettent à fumer. Si on lutte contre le tabac efficacement, c’est qu’on lutte contre le cancer efficacement.

Les patients reconnaissent-ils avoir fumé de la cigarette ?

Nous avons 20 à 25% qui ont fumé. Fumer donne le cancer du rein, du pancréas, le cancer orl, etc. 30% des cancers sont liés au tabac; 20% sont liés à l’alimentation. Si on soustrait l’alcool, le tabac de ses habitudes et qu’on a une alimentation équilibrée, on réduit les risques de cancer de 50%.

Et qu’en est-il du thé qui est de plus en plus présent dans les habitudes alimentaires?

Le thé et le café n’ont pas de problème particulier. Mais il ne faut pas non plus en abuser. Le thé vert est préconisé par les cancérologues aujourd’hui. Les scientifiques ont prouvé qu’il améliore la santé et réduit le risque de certains cancers mais il ne remplace pas l’effet des fruits et légumes comme le corossol ou la papaye. Tous les légumes sont également importants. L’assiette de l’Ivoirien doit comporter au moins des légumes et des fruits une fois par jour.

Et qu’est-ce qui est prévu pour l’amélioration de la chimiothérapie ?

La chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie sont des traitements spécifiques du cancer. Les gens vont en Europe parce que les structures ne sont pas encore complètes. Les ressources humaines existent. Nous avons une douzaine de médecins qui manipulent la chirurgie. Nous avons quatre médecins diplômés en cancérologie médicale qui coordonnent la chimiothérapie. Mais nous n’avons pas de radiothérapie en Côte d’Ivoire ; or le traitement nécessite souvent la combinaison des deux méthodes. C’est ce qu’on appelle la radio-chimiothérapie concomitante dans le cas du cancer du col de l’utérus qui est avancé et du cancer du rectum. Nous sommes donc obligés d’évacuer les malades qui en ont les moyens. Car la chimiothérapie que nous faisons à ces malades n’est que provisoire. C’est cela le drame des patientes du cancer du col de l’utérus.

Est-ce que la radiothérapie sera un jour une réalité ?

Nous avons espoir que dans les trois années qui viennent, on aura un centre de radiothérapie et que nous pourrons traiter tous nos malades.

interview réalisée par Nesmon De Laure

 Professeur Adoubi, cancérolgue: « manger la viande braisée est un risque de cancer »
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