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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 15:16
 Sylla Rokia est aussi la présidente d’une Fondation carritative.(ph: Dr)
Sylla Rokia est aussi la présidente d’une Fondation carritative.(ph: Dr)

A l’occasion de la Journée internationale de la femme,www.nesmondelaure.over-blog.com vous dresse le portrait d’une femme qui veut gagner.

Avec sa fine plastique et sa démarche altière , Sylla Rokia aurait pu faire une belle du T. Mais depuis l’âge de 12 ans, elle s’est réveillée journaliste. C’est à cet âge que celle qui écrit pour les deux publications du groupe Nord Sud Communication (Abidjan Sport et Nord Sud Quotidien) , reçoit sa vocation. « Quand j’avais 12 ans, et je suivais un jour le journal télévisé, présenté par Thérèse Yobouet, j’ai dit à mon petit frère « Un jour c’est moi qui serai assise à cette place ». Mieux, mon père avait pour habitude de me nommer quand j’étais petite, ‘’ la journaliste’’car j’étais très bavarde et curieuse. Je voulais tout savoir et comprendre », se souvient la native d’ Anyama. La musulmane, originaire d’Odienné a vu le jour le 20 mai 1984, soit aux lendemains de la Coupe d’Afrique des Nations organisée au pays d’Houphouet Boigny. Quand elle intègre le milieu du journalisme, il y a cinq ans, la jeune femme, célibataire et sans enfant choisit sans hésiter le service sport. Elle débute en qualité de stagiaire à Nord sud Quotidien. Un an après, le groupe créé un magazine sportif dénommé Abidjan Sports. Notre amie a ainsi l’occasion de mieux s’exprimer à travers la rubrique Foot’jeunes. Pourquoi le sport et pas un autre service ? « Le sport, c’est d’abord passionnant. Mieux en sport c’est la vérité. Il n’y a pas de manipulation comme par exemple en politique. », justifie-t-elle.

Une grande bosseuse…

Les femmes journalistes de sport dans la presse écrite ne foisonnent pas, contrairement aux médias audiovisuels. Rokia est l'une des rares femmes en activité dans le secteur en ce moment. Pourtant son cursus scolaire ne laissait pas présager un tel avenir, même s’il s’agit d’un rêve d’enfance. Titulaire d’un baccalauréat scientifique, Rokia Sylla obtient un Brevet de Technicien Supérieur en communication d’entreprise et une Licence en communication marketing et management. Elle est réputée comme étant une bosseuse. Son collègue Abdoul Kapo d’Abidjan Sports en parle le mieux : « Rokia Sylla a beaucoup progressé depuis ses débuts dans le métier. C'est une grande bosseuse qui a soif de connaissances. Elle n’hésite pas à demander conseils dans le but de s'améliorer. Je pense qu'elle a une marge de progression énorme. Elle peut faire mieux. mais comme c'est une travailleuse, je suis persuadée qu'elle ira loin », félicite-t-il. Cissé Sindou, le rédacteur en chef de Nord Sud Quotidien est satisfait d’une collaboratrice qui prend des initiatives. « Elle a un esprit d’équipe. Cela est une valeur en entreprise », salut-il. Courageuse et dynamique, Roki ,de son petit nom, ne fait pas qu’écrire. Elle est la présidente de la Fondation Veira, une organisation qui œuvre en faveur des enfants défavorisés. A ce titre, elle a fait plusieurs dons , en matière de santé et d’éducation. Elle prépare en ce moment un diner de gala au profit des orphelinats.

Une femme sans complexe

Évoluant dans un milieu dominé par les hommes, le sexisme, la journaliste en a vécu des faits. « les hommes ne voient pas en premier lieu mon talent.Ils veulent tous te voir dans leur lit.Que ce soit mes confrères, les dirigeants sportifs, et même les sportifs eux-même. » Malgré ces propositions indécentes, notre consœur reste digne. « je n’ai aucun complexe face aux hommes du milieu. J’ai toujours une réponse pour les dissuader. En cinq ans de métier, elle s’impose petit à petit parmi les hommes. C’est une fierté pour elle. Tout de même modeste, Roki pense qu’elle a encore du chemin à faire quant à peaufiner sa plume. Pour cela, trois femmes journalistes l’inspirent au quotidien. Ce sont, Thérèse Yobouet, Agnès Kraidy et Claire chazal. Sylla Rokia partage sa vision du genre : « La femme ne doit pas accepter d’être appélée le sexe faible.Car c’est nous que tenons l’essence même de la famille. Nous les femmes , nous pouvons occuper tous les postes que les hommes occupent. Il faut bannir le complexe d’infériorité en nous », conseille le poulain de Choilio Diomandé. Toutefois, elle n’est pas pour le conflit permanent dans le couple. « Nous devons respecter nos époux, car une femme quelle que soit sa beauté, sa richesse, aura toujours besoin d’un homme dans sa vie. » Bonne célébration du 8 mars à toutes et à tous !

Nesmon De Laure

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 16:53
Portrait / Sylla Rokia,  la seule femme journaliste  de sport de la presse écrite ivoirienne

Femme ordinaire, Sylla Rokia accomplit un rôle extraordinaire dans l’histoire de la presse écrite sportive ivoirienne. A l’occasion de la Journée internationale de la femme, www.nesmondelaure.over-blog.com vous dresse le portrait d’une femme d’exception. RDV le 8 mars 2016 sur le blog.

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 15:38
 La ministre Yao Euphrasie attendue pour un renforcement des lois sur la parité.(ph: dr)
La ministre Yao Euphrasie attendue pour un renforcement des lois sur la parité.(ph: dr)

La Journée internationale de la femme se célèbre le 8 mars 2016. L’humanité est invitée à franchir le pas pour l’égalité des sexes.

Le monde entier marque un arrêt,ce mardi 8 mars 2016, pour réfléchir sur la condition de la femme. Il s’agit de la célébration de la Journée internationale de la femme (JIF). En Côte d’Ivoire où il est question d’atteindre l’émergence à l’horizon 2020, des étapes sont à franchir pour la parité en politique. Il est vrai que les femmes occupent près de 10 sièges sur 36 dans le gouvernement soit 27,77% et 30% environ au Conseil économique et social. Mais elles restent sous-représentées, surtout aux postes électifs. Lors de présidentielle d’octobre 2015, seulement deux femmes ont rempli les conditions pour être candidates. A ce jour, le pays compte une seule femme présidente de conseil régional sur 31, et seulement 10 femmes maires sur 197. Autrement dit, peu de femmes se présentent, ce qui réduit les chances de la représentativité. Des voix, y compris celles de femmes, s’élèvent pour dénoncer cette auto-censure. Kamissa Camara, responsable des Programmes Afrique de l'Ouest et Centrale au sein du National endowment for democracy basé à Washington, a dressé l’amer constat au cours d’une conférence à Abidjan-Riviera, récemment. C’était autour du thème: "La participation des femmes en politique et dans les processus électoraux en Côte d'Ivoire". Pour cette dernière, «la participation des femmes ivoiriennes est faible. Elles ont besoin de coaching. Et les associations de défense des femmes devraient les aider dans ce sens», a-t-elle interpellé. Le 1er mars 2016, également, Josephine-Charlotte Mayuma Kala, représentante de l'Union africaine (UA) en Côte d'Ivoire, a plaidé pour une plus forte implication des femmes aux prochaines élections locales. Kanzly Mideh, coordonnatrice de Wash-Jnci reconnait que la femme a une place de choix dans toutes les couches socio-professionnelles. Pour elle, il lui faut une autonomie au niveau économique ; une équité et une égalité au niveau social et surtout une représentativité au niveau politique. aussi, elle conseille aux femmes de " ne plus rester là à se croiser les bras, et attendre tout de l’homme ou d’autrui, il faut bouger et prendre le devant des choses".

Le thème mondial de la JIF est «Planète 50-50 d'ici 2030: Franchissons le pas pour l'égalité des sexes». Il met l'accent sur la création d'un élan pour la mise en œuvre effective des nouveaux objectifs de développement durable, des nouveaux engagements dans le cadre de l'initiative «Franchissons le pas» sur l'égalité des sexes, l'autonomisation des femmes et les droits des femmes. Au niveau national, on a admis le thème, «autonomisation de la femme, défis et enjeux pour la prospérité de la famille, des enfants et des hommes». Il est prévu que des femmes modèles partagent leurs expériences dans cinq grandes régions du pays.

Le chef de l’Etat a inscrit la question de la femme au quatrième rang des cinq priorités de son gouvernement. Au cours du lancement des festivités nationales en février 2016, Yao Euphrasie, la ministre de la Femme, a comptabilisé comme acquis, «la réduction de l’écart entre les filles et les garçons pour ce qui concerne le droit à l’éducation». Elle s’est félicitée de l’existence du Fafci et du Fonds de son ministère pour financer les activités des femmes. La ministre s’est aussi réjouie de l’augmentation du nombre de femmes de 14% à 27% dans le gouvernement lors du dernier remaniement. Mais cela est-il suffisant ? Dans son projet de société, Alassane Ouattara a écrit «la proposition d’un projet de loi tendant vers la parité systématique Homme/ Femme dans la vie politique et aux postes à responsabilité dans les administrations (1ère étape: au moins 30% des postes)», est-il mentionné.

La JIF a été institué en 1977 dans le but de bâtir un monde plus juste, où tous les hommes et toutes les femmes bénéficient des droits humains et du droit au développement sur un pied d’égalité. Elle est l’occasion de dresser le bilan des progrès réalisés, d’appeler à des changements et de «célébrer les actes de courage et de détermination accomplis par les femmes ordinaires, qui ont joué un rôle extraordinaire dans l’histoire de leur pays et de leur communauté», indique le site onusien. Les femmes de Côte d’Ivoire, de même que le gouvernement ivoirien, sont donc invités à franchir davantage de pas…

Nesmon De Laure



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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 14:10
Le secrétaire exécutif de la Fenopci informe qu’il y a «seulement 5 orthophonistes pour 250 000 bègues».(ph: ND)
Le secrétaire exécutif de la Fenopci informe qu’il y a «seulement 5 orthophonistes pour 250 000 bègues».(ph: ND)

Jean François Yoman, coach en développement personnel et professionnel, est le directeur exécutif chargé de la promotion à la Fédération nationale des associations pour la promotion du bégaiement en Côte d’Ivoire (Fenopci). Nous l’avons rencontré récemment à la Riviera à Abidjan.

En tant que coach en développement personnel, en quoi consiste votre rôle auprès des personnes en situation de bégaiement?

Le coaching en développement personnel est en fait une discipline de la confiance en soi. Principalement, nous travaillons dans la confiance en soi, dans l’estime de soi, dans l’image de soi. Nous travaillons donc sur la promotion de la personne humaine. Nous savons que le bégaiement est un dysfonctionnement du langage qui est dû à un déficit de l’affluence de la capacité de s’exprimer donc de façon correcte. Normalement lorsqu’une personne s’exprime, elle le fait sur les expirations, et non sur les inspirations. Le problème de la personne bègue est qu’elle a tendance à extérioriser son langage au moment où il y a une entrée d’air. C’est ce qui crée une sorte d’accident au niveau donc du langage. Ce bégaiement va induire par conséquent chez la personne qui en souffre une détérioration de l’image intérieure qu’elle se fait d’elle-même. Parce qu’on se dit qu’on n’arrive pas à s’exprimer comme les autres. De ce point de vue, il y a un sentiment de repli sur soi, de marginalisation.

Quelles sont les causes de ce trouble du langage ?

L’environnement familial peut constituer l’une des premières balises de deux façons. Soit je suis dans une famille, on sait que je suis une personne bègue. Alors on va essayer de me surprotéger. Ce qui n’est pas positif aussi pour la personne bègue qu’on essaie de surprotéger. Or surprotéger c’est cacher quelqu’un finalement. On le cache à la société. On ne lui donne pas l’opportunité d’affronter le regard des autres. Soit la première difficulté peut être le regard de la famille vis-à-vis du handicap que je développe. On peut devenir bègue de façon génétique parce qu’on a hérité cela d’un de nos parents qui était bègue ou parce qu’il y a un bègue dans la famille. Egalement, il y a le bégaiement par imitation.

Comment fonctionne le bégaiement par imitation ?

C’est le bégaiement exclusif des enfants dont l’âge varie entre cinq et sept ans. Si l’enfant se retrouve donc dans un environnement dans lequel il y a une personne en situation de bégaiement, l’enfant donc par le syndrome de l’imitation va être amené à s’exprimer comme la personne en face de lui. Et cela peut déboucher sur un bégaiement. Il y aussi ce qu’on appelle le bégaiement accidentel c’est-à-dire un bégaiement qui survient après un accident vasculo-cérébral par exemple. Il a aussi le bégaiement dit mineur. Il est lié au trac. Quand vous faites une prise de parole en public ou quand vous êtes très en colère, vous n’arrivez pas à vous exprimer correctement. On parle alors de bafouillage ou de balbutiement. Tout cela, ce sont des catégorisations des troubles du langage dont le bégaiement est la forme la plus prononcée.

Dans quel état sont les personnes qui viennent vous consulter ?

Elles ont une psychologie complètement à zéro. Parce que ce sont des personnes normalement constituées. Mais du fait de leur handicap, se retrouve en marge, et sont regardées avec un œil accusateur, un œil interrogateur. Et finalement, c’est le symbole ou le syndrome de l’étranger. On se sent étranger dans les yeux. On se sent complètement bizarre dans les yeux de l’autre et cela va agir sur notre égo, notre image intérieure, notre image mentale. Du coup, on a le sentiment qu’on n’a pas le droit d’être là où les autres sont, de faire ce que les autres sont capables de faire.

N’est ce pas une auto-stigmatisation ?

Cette auto-stigmatisation est le fait du regard que l’autre a finalement sur le handicap que nous avons. Dans notre discipline, on ne parle pas de personne bègue. Parce que parler de personne bègue, c’est l’identifier, la caricaturer dans un cliché. Puisque le bégaiement peut être complètement résorbé. Donc on ne parle de personne en situation de bégaiement. On a tendance parfois à compléter les phrases de la personne bègue. Ce qui relève le niveau de frustration. Dans le bégaiement, la personne pense et elle sait ce qu’elle a envie de dire. Sauf qu’elle a des difficultés à l’exprimer. C’est au niveau donc de l’expression qu’il y a un problème. Troisième élément important qu’il faut garder et qui permet de parler de mise à l’écart, c’est que la personne bègue se retrouve par exemple dans une salle de classe. Ce qui peut paraître banal comme répondre présent à un appel de l’instituteur ou du professeur, peut être pénible pour la personne bègue. Rien que pour cela, elle peut ne pas venir à l’heure en classe pour éviter les railleries ou les moqueries, etc.

Les cas où l’enfant qui vit ce trouble de langage quitte l’école sont-ils récurrents ?

Oui. Dans ce cas, l’enfant se sentant l’objet de railleries constantes, et d’humiliation préfère quitter l’environnement dans lequel ces railleries se font. Ce qui va avoir pour conséquence, un retard dans son apprentissage. L’enfant peut se retrouver dans une salle de classe et ne pas s’exprimer.

Comment ces personnes perçoivent-elles le certificat de non-bégaiement imposé à certains concours de la Fonction publique ?

Dans le dispositif éducatif, la personne en situation de bégaiement n’est pas exclue au départ. Elle est formée comme tout le monde. Elle passe les examens scolaires et universitaires comme tout le monde. Au niveau des examens d’entrée ou d’intégration à la Fonction publique ou dans certains corps de métiers, on lui dira par exemple de produire un certificat de non-bégaiement. C’est une sorte d’exclusion. Et on retrouve parfois de grandes frustrations au niveau des personnes bègues. Ce sont des personnes très intelligentes. Le coefficient intellectuel des personnes bègues en général est au-dessus de la moyenne. En fait, des recherches récentes ont montré que les personnes bègues ont un débit de penser qui est au-dessus de la moyenne. Elles pensent rapidement et ont du mal à exprimer aussi rapidement qu’elles ne pensent. Ça fait donc très mal de se savoir intelligent, et qu’on a toutes les aptitudes et que simplement parce qu’on n’arrive pas à s’exprimer, de se voir donc refuser certains accès à certains concours.

Combien de temps le coaching peut-il prendre ?

On ne peut pas évaluer d’emblée le nombre de séances que va durer le coaching. Parce que chaque individu est particulier. Chaque sujet a sa sensibilité. Certains feront dix séances tandis que d’autres en feront moins. Tout dépend aussi de la capacité d’adaptation, d’intégrer les techniques qui lui sont enseignées. Ce qui est intéressant, quand le sujet en situation de bégaiement est un enfant, on peut aller beaucoup plus rapidement. Pour une personne adulte, plus la personne aura mis du temps dans le bégaiement, plus difficile ça sera. Mais comme on dit en développement personnel, impossible n’est qu’un mot.

Comment se passe concrètement le coaching ?

Premièrement, il faut donner du temps à la personne en situation de bégaiement lorsque vous être en conversation avec elle. Lorsque nous avons une personne bègue qui est en face de nous, il faut vraiment laisser le soin à la personne de terminer elle-même ses mots. La troisième chose qu’il faut faire, c’est de mettre la personne en confiance et de la rassurer. Nous donnons des conseils au concerné. Nous lui disons qu’il y a trois façons de gérer son bégaiement. La première chose, il faut éviter que la personne ou le sujet en situation de bégaiement ne s’approprie le bégaiement. Une personne en situation de bégaiement a un problème respiratoire. Les techniques de respiration que nous enseignons lors de nos séances de coaching vont permettre à la personne bègue d’apprendre à se détendre, à se relaxer.

La Côte d’Ivoire ne disposant pas de plateau technique adapté, comment se fait la prise en charge médicale ?

La prise en charge est lourde. Le plateau technique en Côte d’Ivoire au niveau médical n’offre pas de possibilités actuellement de prendre en charge une personne en situation de bégaiement. L’Université de Cocody à travers son département de médecine ne forme pas d’orthophonistes. Pour une population de 250 000, à peu près de personnes bègues en Côte d’Ivoire, il n’y a que 5 orthophonistes qui existent. Ils sont dans le privé. Et qui dit privé, dit aussi prix. Ce n’est pas à la bourse de tout le monde. Essayez d’estimer à 730 000 francs la prise en charge complète de 20 séances chez l’orthophoniste, chez le coach en développement personnel et parfois chez un psychologue en deux mois et demi. 730 000 F, ce n’est pas à la portée de la bourse de tous les Ivoiriens. 250 000 personnes qui souffrent d’un handicap, c’est un problème de santé publique. Nous faisons ce que nous pouvons. Mais il faut peut-être que les décideurs, des bonnes volontés, des associations, des corps constitués puissent apporter leurs soutiens pour que cette cause soit défendue jusqu’au bout. Il serait intéressant d’avoir des centres de réhabilitation de la personne en situation de bégaiement.

Y-a-t-il un moyen de prévenir le bégaiement ?

On ne peut pas prévenir le bégaiement. Par contre, le bégaiement par imitation peut être résolu. Il faut prendre conscience que si je suis une personne bègue ou si je prends un personnel de maison, une nounou par exemple qui est en situation de bégaiement, je peux par ce choix «inconscient ou ignorant» affecter la vie de mon enfant puisqu’il va être amené à l’imiter, surtout si son âge varie de 2 à 7 ans.

réalisée par Nesmon De Laure

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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 14:04
 Interview/Hélène Yapo-Etté, professeur de médecine légale et de réparation juridique de dommages corporels :«Comment nous avons identifié les morts de la crise postélectorale»

Hélène Yapo-Etté, professeur titulaire à l'UFR des sciences médicales à l'Université Félix Houphouet-Boigny fait partie des six médecins légistes dont dispose la Côte d’Ivoire. A quelques jours du congrès africain de la médecine légale qui se tient à Yamoussoukro, elle nous parle d’une spécialité peu médiatisée. Sans trahir le secret de l’instruction, le professeur lève un coin du voile sur la gestion des morts issus de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire.

Qu'est ce que la médecine légale ?

La médecine légale est une spécialité médicale à part entière. Ce n'est plus une spécialité adjuvant de la médecine. Le premier domaine est celui de la thanatologie. C'est pour cela qu’on dit que le médecin légiste légal est le médecin des morts. Il s’agit de l’étude des causes et des circonstances de survenue de la mort d'un individu. Est-ce une mort naturelle ? Est-ce une mort criminelle ? Est-ce une mort suicidaire ? Est-ce une mort accidentelle ? La mort subite est une mort suspecte. Quand c'est une mort suspecte, on va faire la thanatologie.

Et quel est le deuxième volet auquel votre spécialité s’intéresse ?

Le deuxième volet est la médecine légale clinique et biologique judiciaire. Ce volet intéresse les personnes vivantes violentées, qui ont subi des violences, des traumatismes. Un traumatisme peut être aussi corporel que psychologique. Par exemple, une femme qui a subi une agression sexuelle, elle a des violences corporelles simples mais elle a aussi des troubles psychiques. C'est une personne qui est craintive. Toutes les personnes vivantes violentées ou agressées ont besoin d'être évaluées. Si elles veulent porter plainte, le juge n'ayant aucun moyen de vérifier leur dire, il appartient au médecin légiste d’évaluer les circonstances. Après analyse, il dira s’il y a eu intervention ou pas d'une tierce personne. Il va aussi évaluer la victime pour vérifier l'authenticité des lésions. Mais il ne va pas se substituer au juge. C'est le juge qui qualifie l'infraction. Le médecin donne des éléments au juge pour lui permettre de dire le droit. Dans ce cas, il est expert Technique simulé. Il est technicien de justice.

Le troisième volet est ce qu'on appelle éthique et déontologie. C’est le médecin légiste qui forme les médecins à la bonne pratique médicale pour qu’il mette au cœur de ses actions le respect de la personne humaine. C’est vrai que c’est le rôle du conseil de l’ordre des médecins, mais le médecin légiste aussi forme à cela. La médecine légale est ouverte aux autres disciplines. C’est la discipline de type transversal. Tout médecin, même s’il n’est pas habilité à faire des autopsies forcément, doit avoir à l’esprit de respecter la personne humaine dont il s’occupe éventuellement.

A quelle fréquence le médecin légiste est-il consulté en Côte d’Ivoire ?

Ici en Côte d’Ivoire, nous sommes beaucoup saisis en matière de thanatologie. Sur le plan thanatologique, le pays est très bien équipé. Quand il y a mort d’homme et que le tribunal, parfois la famille, ou bien peut-être l’assurance a besoin de savoir dans quelle circonstance cela s’est passé, notre intervention est requise. Nous réalisons, en moyenne, entre 80 et 110 autopsies par an. Sur le plan des dommages corporels, c’est moins connu. Nous sommes rarement sollicités par les personnes violentées. C’est dommage et nous le déplorons.

Nous reviendrons sur les cas des personnes violentées. Mais déjà, pourriez-vous indiquer si les requérants sont toujours satisfaits des résultats des autopsies?

Sur le plan de la cause du décès, sur le plan de la prise en charge, nous pensons qu’ils sont satisfaits. Seul, un légiste peut se tromper. Il faut qu’il travaille avec un autre médecin. Et quand il voit par exemple un infarctus du myocarde, il voit bien que les artères du cœur sont bouchées. Mais c’est toujours préférable de soutenir cette vision avec l’examen microscopique. J’apprécie les choses en tant que légiste avec mon œil nu, c’est-à-dire observation directe. Maintenant il y a une observation sur le plan microscopique. On confie cela à un autre spécialiste qu’on appelle l’anatomo-pathologiste qui n’est pas légiste. Mais lui il regarde les lésions, les pièces qu’on lui confie. Un infarctus peut être bouché par un caillot de sang ou de la graisse. Là, il va situer le diagnostic du légiste. Les examens complémentaires, anatomo-pathologiques, toxicologiques font que l’autopsie prend du temps.

Combien de temps attendre pour obtenir les résultats d’une autopsie?

Cela peut prendre un mois ou un mois et demi. Pour éviter que les familles se fâchent, on leur explique que ça peut prendre du temps. Dans un premier temps, on peut faire un rapport préliminaire. Mais parfois, ces rapports préliminaires ne disent pas tout. C’est toujours sous réserve des examens complémentaires. Donc ce n’est pas très bien.

Pourquoi ?

On a souvent des cas conflictuels entre mari et femme par exemple. On dit qu’il a battu sa femme. La famille de la femme va donc porter plainte. On va faire l’autopsie contradictoire, c’est-à-dire devant tout le monde. S’il n’y a pas de traces de coups, tout le monde voit. S’il y a des traces de coups, tout le monde voit également. Parfois, les traces de coups, une personne qui évolue dans un milieu de violence, une femme qui est battue régulièrement, surtout les coups sur la tête, quand on va ouvrir le crâne, on va voir sur le cuir chevelu des hématomes, c’est-à-dire des lésions hémorragiques qui sont d’âge différent parce que le sang évolue. On va dire que cette femme évolue dans un contexte de violences mais on n’a pas trouvé de lésions traumatiques récentes. Mais par contre, on va regarder l’estomac et on voit un truc bizarre. Elle peut en avoir marre et elle se suicide. C’est une cause indirecte de décès mais elle a décidé de se suicider. J’ai eu des cas comme ça.

Est-ce qu’il y a des découvertes surprenantes que vous avez faites ?

Tout à fait, on a des découvertes surprenantes où on nous dit coups et blessures et quand on analyse, la personne est malade. Elle a fait une mort subite. Parfois, on dit que c’est dans un milieu de violences. Les gens diront qu’elle est tombée ou elle a été tapée. On peut aussi savoir si une personne a été tapée ou si elle est tombée, c’est-à-dire mécanisme direct ou mécanisme indirect. Mécanisme direct, c’est quelqu’un qui prend le bâton et tape la personne. Mécanisme indirect, c’est la personne qui va tomber contre l’objet. C’est le corps qui se déplace contre l’objet. Mais aussi, elle peut pousser quelqu’un qui va tomber sur un objet. Ça, on arrive à le dire. La médecine légale apaise les conflits. Quand la vérité est sue, ça apaise les conflits. Parfois, les gens ne sont pas très contents. Mais la science ne ment pas. Aujourd’hui, la justice ne peut pas statuer sur la preuve par l’aveu. Il peut arriver que la personne avoue mais la personne peut être torturée et elle va avouer. Quand la preuve scientifique est là, il n’y a pas photo.

Nous sommes dans une société africaine où la mort est souvent justifiée par la sorcellerie. Croyez-vous qu’il n’y a vraiment pas photo?

Dans le droit coutumier, les gens reconnaissent la sorcellerie. On connaît ça sur le plan judiciaire. Moi, en tant que cartésienne, je me base sur des faits. Je me base sur la preuve matérielle. C’est sûr que quand on explique à la famille, on prend en compte cette dimension. C’est sous-tendu quand par des éléments concrets qu’on voit sur le corps. Je ne vous dis pas qu’on connaît tout. Parfois, on peut faire des autopsies qu’on appelle blanche c’est-à-dire qu’on ne trouve rien. Et là, ça veut dire qu’on a poussé les investigations très loin. Or ici on n’a pas toujours les moyens de pousser les investigations loin. Mais dans tous les cas, si la famille veut aller plus loin, on peut lui expliquer.

Comment gérez-vous les données des autopsies alors que vous êtes astreints au secret médical ?

Si on fait l’autopsie pour une personne qui a été battue et éventuellement, on trouve qu’elle avait une tuberculose, si c’est la cause de la mort, on va la dévoiler. Au cas contraire, on ne dira pas qu’il y a une tuberculose. On parlera d’infection pulmonaire. On ne dira pas tuberculose parce que déjà c’est une maladie stigmatisante.

Les résultats de l’autopsie ont été évoqués pendant le procès de la mort de feu le général Robert Guéi. Parvenez-vous à travailler sans pression quand il s’agit d’autopsier les corps sans vie de personnalités politiques en temps de crise ?

Non, personnellement, nous n’avons pas de pression à partir du moment où nous faisons notre travail en toute impartialité. Cependant, nous ne savons pas travailler dans la diligence. Dans la diligence, on peut avoir la pression. Sinon, une fois qu’on fait son travail, si on n’est pas sûr, on met des hypothèses. Parce que j’estime que mes conclusions aident souvent le juge. Il suit mes conclusions. C’est rare qu’on fasse une contre expertise. Mais cela peut arriver.

Avez-vous déjà subi des tentatives d’intimidation ?

C’est la raison pour laquelle quand moi j’ai des autopsies comme de ce type, il y a deux parties. J’en parle à l’autorité judiciaire qui demande l’autopsie. Je dis qu’il vaut mieux que ça soit contradictoire c’est-à-dire en présence de toutes les parties. Dans tous les cas, quand il y a des cas litigieux, même si toutes les parties ne peuvent pas assister, moi je fais intervenir le procureur, qui est présent pendant l’autopsie ou son substitut ou son représentant ou l’officier de la police judiciaire qui est enquêteur.

Avez-vous eu à autopsier des corps de la crise postélectorale?

Evidemment ! Aujourd’hui, la justice est très demandeuse des sciences légales. Nous avons énormément travaillé. Pour la justice classique, sur le plan pénal, non seulement pour punir mais également sur le volet social. Parce qu’il y a eu les conflits. Les conflits font qu’il y a beaucoup de mort d’homme, des violations des droits de l’homme, beaucoup de décès. Cela a fait naître aussi le phénomène des personnes disparues non identifiées. Il peut s’agir de personnes décédées. On a besoin de savoir ce qu’est devenu un parent. Aujourd’hui encore il y a des gens qui se posent la question. La personne peut avoir perdu ses repères. Nous avons géré les morts issus des conflits. On a eu à faire des autopsies. Après le contexte de violences où personne ne pouvait sortir, il y avait encore des cadavres qui traînaient partout, on les a envoyés et on a fait l’autopsie.

Que révélaient la plupart des autopsies ?

Nous sommes encore sur le secret d’instruction. Il s’agit pour nous de corroborer les hypothèses c’est-à-dire les violences qu’on a tirées sur des personnes. On a eu ceux aussi qui ont les exactions de l’article 125. Il s’agit pour nous de dire tous les corps qu’on nous a amenés qui étaient brûlés de dire est ce qu’il y a certains corps des personnes qui étaient déjà mortes qu’on a brûlées pour des raisons de propreté. Il y a des corps de personnes qui ont subies l’article 125.

L’autopsie révèle-t-elle cela ?

Bien sûr, on peut le savoir. C’est notre spécification. C’est notre spécifié aussi de travailler sur des corps en putréfaction. Donc on a travaillé. Il y a des personnes qui ont enterré leurs morts dans leurs cours. Il y a eu des fosses communes. Il y a des gens qui ont perdu leurs parents. Quand on va faire ces exhumations là, en même temps, on cherche à identifier les corps. Notre travail continue car il y a encore des zones du pays où nous sommes attendus, notamment à l’Ouest.

Déjà, si vous retrouvez un corps ou un squelette, alors qu’une personne cherche un membre de sa famille, on recueille des témoignages. Elle dira comment il était habillé le jour où il a disparu et s’il a un défaut sur la dent. Nous recueillons ainsi les données pré mortelles là. C’est nous qui gérons toutes nos données post mortelles. A ce moment-là, on fait des comparaisons. On tamise même le sol pour chercher des données personnelles telles qu’une chaîne, les bagues. Mais on s’attarde sur l’étude anthropologique des ossements. On va déterminer le sexe, l’âge, la taille de la personne. Une fois qu’on a fait ça, on va chercher à savoir si la personne est une africaine ou une européenne, etc. C’est ce qu’on a fait pour rendre des corps aux familles. Et l’Etat a organisé des remises des corps aux familles avec des kits officiellement, c’est grâce à ce travail d’équipe.

Revenons sur les personnes vivantes violentées. Pour quel genre de violence êtes-vous saisis ?

Après le volet autopsie, nous sommes souvent saisis pour des coups et blessures en dehors des violences sexuelles. On a eu quelques rares cas de violences sexuelles chez les petites filles. Nous avons fait notre mémoire de spécialité sur les femmes battues. En Europe, les femmes viennent vers les médecins pour être constatées. Mais ici, c’est sous-estimé. Et cela est notre cheval de bataille aujourd’hui. Nous avons beaucoup travaillé dans les morgues. Nous voulons qu’on renforce l’expertise pour les personnes vivantes notamment les victimes de guerre. La première façon de mettre cette expertise au service des populations, c’est d’abord, de former des médecins légistes. Six légistes actuellement, ce n’est pas assez pour toute la population de Côte d’Ivoire. On se rend compte qu’il y a beaucoup d’ONG des victimes. Mais ces ONG s’adressent à des médecins qui ne sont pas qualifiés. Elles s’étonnent qu’on ne puisse pas exploiter leurs certificats médicaux en justice parce qu’on dit que ce n’est pas valable.

Que recommandez-vous dans ce cas ?

Nous demandons de l’aide d’une institution de l’union européenne ou d’autres organismes pour construire un centre d’accueil en urgence pour les victimes d’agression y compris les agressions sexuelles. C’est le deuxième volet de la médecine légale. Dans ce centre, on va former d’autres médecins.

Yamoussoukro abrite en mars 2016, le 5eme congrès panafricain de la médecine légale. Pourquoi avoir associé le thème avec la résolution des conflits en Afrique ?

Les sociétés africaines sont soumises à des conflits. La Côte d’Ivoire a également connu sa part de conflit depuis les années 97 jusque-là. Aujourd’hui, la morale internationale dit que tous ces pays qui étaient en conflit doivent maintenant rechercher la paix. Et dans cette recherche de la paix, ils doivent également mettre en place un dispositif pour la lutte contre l’impunité. Et ce dispositif va permettre également d’accéder à la réconciliation et à la reconstruction d’une paix durable. C’est ce qu’on dit. C’est ce qui va permettre ce qu’on appelle la justice transitionnelle. C’est cette justice qui met la victime au centre. La victime une fois reconnue doit être réparée, et pour être réparée, elle doit être bien évaluée. C’est le médecin légiste qui est habilité à traquer les lésions comme on le dit en rapport avec des sévisses corporels ou pas. C’est ce qu’on appelle évalué. Ensuite, réparer. Elle demande réparation parce que c’est la moindre des choses. Une fois qu’elle est réparée, elle est contente. Elle est maintenant apte à aller faire la réconciliation.

réalisée par Nesmon De Laure

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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 13:44
Dossier: Erosion côtière au sud de la Côte d’Ivoire/ Des villes en danger, les solutions

S’étendant sur plus de 500km, le littoral ivoirien abrite plus de la moitié de la population du pays et une part importante de son économie. Cependant, selon les scientifiques, les villes côtières pourraient disparaître à cause de l’érosion.

L’érosion côtière est présentée comme un phénomène naturel, causée par les vents, les tempêtes, les courants, les glissements de terrains. Cette avancée de la mer sur les terres est habituellement contrebalancée par l’apport de sédiments charriés par les fleuves et les courants marins. Mais l’extraction de sable pour la construction, dans les fleuves ou les fonds marins, perturbe la morphologie des côtes. Au niveau d’Abidjan par exemple, on projette que dans trente ans, le recul côtier dans la partie centrale de la commune de Port-Bouët puisse provoquer la disparition de 81 % de l’habitat précaire. Si rien n’est fait pour juguler le rythme actuel de comblement, ce serait la catastrophe en 2177. Autrement dit, on aboutirait à la disparition complète de la dernière baie urbaine de la lagune Ébrié d’Abidjan. Un autre fait palpable. Il y a 100 ans, deux kilomètres séparaient l'océan de la lagune à Grand Lahou. Aujourd'hui, la bande de terre ne dépasse pas 200 mètres de largeur et elle se réduit chaque année un peu plus. L’embouchure qui relie l'océan à la lagune, s'est sérieusement réduite. Les riverains constatent son évolution. Elle se déplace d'est en ouest le long de la bande de terre. Comme la Côte d’Ivoire, d’autres pays africains sont exposés à la montée des eaux. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ne minimise pas l'ampleur du phénomène d'érosion côtière sur le littoral ouest africain « C'est un phénomène naturel appelé à se poursuivre. Mais nous manquons de données. La seule chose dont on soit sûr est que le niveau de la mer augmente », indique un représentant de l’UICN. Au niveau mondial, l’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère génère un excédent d’énergie que le milieu marin stocke à plus de 90 %. Ces données ont été fournies avant et pendant la COP 21 à Paris, en décembre dernier. La chaleur emmagasinée génère une dilatation de l’océan, de façon non-homogène, qui provoque l’élévation du niveau de la mer. Aussi, on attend une montée des eaux de 25 centimètres dans le meilleur des cas, voire 98 cm d’ici la fin du siècle dans le pire des cas. Si la question des océans est rarement abordée pendant les grandes négociations, des spécialistes militent pour que les parties l’intègrent dans les textes.

L’exemple marocain

La conférence de l’ONU sur le climat s’est conclue sur l'adoption d'un accord historique pour lutter contre le changement climatique et déchaîner les mesures et investissements pour un avenir résilient, durable et bas carbone. Après son adoption, l’Accord de Paris sera déposé aux Nations unies à New York et ouvert à la signature pour une durée d’un an, le 22 avril prochain. Il entrera en vigueur après que 55 pays qui représentent au moins 55% des émissions mondiales auront déposé leurs instruments de ratification. Toutefois, le texte reconnaît que les Parties à la Convention peuvent provisoirement appliquer toutes les dispositions de l’Accord en attendant son entrée en vigueur. Au cours des conférences parallèles, des solutions allant dans le sens de l’adaptation ont été exposées. Pour Benjamin Jullien de European climate fundation, les solutions pour juguler la montée des eaux sont les mêmes partout. « Il s’agit notamment de construire des digues et d’installer des pompes – mais surtout il faut miser sur la prévention en réduisant le plus vite possible nos émissions de gaz à effet de serre », prévient-il. Jean Lebel, président du Centre de recherche pour le développement international (Crdi) est revenu sur des projets d’adaptation financés au Maroc face à l’érosion côtière. « Les personnes qui vivent sur place, côtoient les conséquences de la transformation des côtes au quotidien. Elles ont été impliquées et cela a donné lieu à la création des comités de surveillance côtiers. Ce sont des comités de citoyens, de scientifiques, qui observent des choses et vérifient si elles sont liées au climat ou pas », explique-t-il. A partir des vérifications, ces comités font des recommandations pour limiter l’effet des vagues sur la côte, ils proposent des plans de réaménagement des plantes, etc. Au Maroc, ces comités sont reconnus par le gouvernement. Ils participent aux processus de décisions. Ce serait intéressant que la Côte d’Ivoire, engagée dans la sauvegarde de la planète s’inspire de ce modèle.

Nesmon De Laure

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 15:07

Le dimanche 18 janvier 2015, aux environs de 13h, un incendie éclate au marché d’Abobo situé dans les environs de l’hôpital général d’Abobo sud. Cet incendie atteint la Buanderie du centre et cause d’énormes dégâts. C’est le premier fait marquant dans le monde sanitaire de l’année qui est en train de s’achever. L’accès à cet hôpital naguère obstrué par les commerçants, transporteurs et autres est depuis lors désengorgé. 2015 est également l’année des annonces d’infrastructures sanitaires. Ainsi, on note la signature d’un protocole d’accord entre le ministère de la Santé et un groupe privé pour la construction d’infrastructures d’une valeur de 125 milliards de F CFA, courant juillet. Dans le même ordre, il est annoncé la construction d’un centre de fabrique de médicaments génériques. A côté des annonces, de manière concrète, les observateurs ont vu se poser la première pierre du centre de radiothérapie au sein du CHU de Cocody. En fin novembre également, l’OMS déclare la Cote d’Ivoire libérée de la polio. Par ailleurs, le décès de dame Yaoua Noum en couche à l’hôpital de Koumassi défraie la chronique en fin d’année. Au niveau de la surveillance contre la fièvre Ebola, la vigilance se veut discrète. Ainsi, au niveau de l’aéroport, un appareil thermique discret est posé à l’arrivée. Il permet de contrôler les voyageurs qui entrent sur le sol ivoirien. Par contre, maintes fois annoncée, la réforme hospitalière peine à se réaliser. Il en est de même pour le déguerpissement du marché des médicaments de la rue d’Adjamé-Roxy. Malgré la mise sur pied de la nouvelle pharmacie de la santé publique, les cibles de la gratuité continuent de se plaindre de l’accès aux médicaments dans les officines des hôpitaux. Au niveau social, les agents de santé ont ressenti dans leurs salaires, la promesse du Chef de l’Etat concernant la bonification indiciaire. Pour ce qui est de la Couverture maladie universelle, la phase active démarrée en début d’année ne concerne que la sensibilisation. Le début des prélèvements et des prestations est toujours attendu.

Nesmon De Laure

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22 décembre 2015 2 22 /12 /décembre /2015 14:06
 Jean Lebel, président du Crdi, rappelle l’expérience marocaine en matière d’adaptation à l’érosion côtière.
Jean Lebel, président du Crdi, rappelle l’expérience marocaine en matière d’adaptation à l’érosion côtière.

Jean Lebel est le président du Centre de recherches pour le développement international (Crdi) basé à Ottawa au Canada. Cette structure soutient la recherche dans plusieurs pays africains. Rencontré au cours d’une conférence organisée en marge de la COP21 à Saint-Denis, le président du Crdi donne des pistes aux agriculteurs ivoiriens pour l’adaptation au changement climatique.

A quel niveau est impliqué le Centre de recherches pour le développement international (Crdi) à la COP21 ?

Le Centre de recherches pour le développement international est une organisation canadienne qui fait partie des Affaires étrangères du Canada qui existe depuis 45 ans pour favoriser le développement de la recherche dans les pays où les besoins criants afin de trouver des solutions aux problèmes vécus par les populations. Le Crdi est à Paris pour s’assurer que les scientifiques qu’il soutient à travers le monde défendent les résultats de leurs recherches au cours des négociations. Nous ne sommes que des facilitateurs car il s’agit de leurs solutions. Nous ne jouons pas de rôle dans les discussions formelles du Canada. Nous sommes là dans le volet réseautage. Parmi les délégations de l’Afrique de l’Ouest et de l’Est, nous avons au moins 25 négociateurs en chef qui sont des récipiendaires du financement du Crdi et qui ont développé une expertise par notre accompagnement à travers des conférences préparatoires. Ils prennent une part active aux discussions dans les moindres détails. Nous avons également formé spécifiquement des femmes qui, elles aussi, sont présentes pour discuter du genre dans les changements climatiques.

Quel est le profil des chercheurs financés par le Crdi en général?

Nous donnons le financement et le support intellectuel aux chercheurs nationaux des pays à travers le monde, comme la Côte d’Ivoire ou le Benin, qui sont plus aptes à comprendre le contexte, à écouter les résultats et à définir des solutions, des innovations qui se traduisent dans les politiques publiques. Nous supportons des chercheurs qui ont à cœur de changer les choses. Il s’agit de recherches faites sur le terrain en collaboration avec les populations.

Pourquoi est-il important d’impliquer les populations locales ?

Parce qu’il s’agit de solutions qui sont applicables sur ces populations et de construire le leadership des pays concernés. Ce sont des solutions transposables au niveau local, régional et global.

Dans quels domaines de la recherche le Crdi est le plus impliqué en Afrique ?

Nous intervenons dans trois grandes problématiques de la recherche. Nous touchons les technologies et innovations, les politiques économiques, sociales et de santé et également la question de l’agriculture et de l’environnement.

Au sujet de l’agriculture et de l’environnement, que faites-vous concrètement sur le volet changement climatique ?

Sur ce volet, nous agissons sur les recherches qui concernent l’adaptation et le contrôle qui visent la réduction des gaz à effet de serre pour limiter l’augmentation de la température et son impact comme la montée des océans, la sécheresse, les crises climatiques extrêmes, les mouvements migratoires. Les impacts sont vécus par les populations et lorsqu’on arrive à ce stade, on sait que ces impacts seront présents sur au moins une centaine d’années. Alors nous sommes pour que les populations, les décideurs et les scientifiques trouvent des solutions d’adaptation. L’adaptation tient compte de la composante humaine. On doit travailler sur les deux fronts : réduction et adaptation. Car même si on réduit les gaz comme le veulent les négociations de la Conférence des parties (COP) pour des engagements fermes, et qu’on ne travaille pas sur l’adaptation, on s’en va à la catastrophe.

Le Crdi a financé des projets d’adaptation au Maroc face à l’érosion côtière. Comment cette expérience a-t-elle fonctionné ?

Nous avons effectivement soutenu des groupes de recherches au Maroc sur l’érosion côtière. Les personnes qui vivent sur place, côtoient les conséquences de la transformation des côtes au quotidien. Elles ont été impliquées et cela a donné lieu à la création des comités de surveillance côtiers. Ce sont des comités de citoyens, de scientifiques, qui observent des choses et vérifient si elles sont liées au climat ou pas. A partir des vérifications, ces comités font des recommandations pour limiter l’effet des vagues sur la côte, ils proposent des plans de réaménagement des plantes, etc. Au Maroc, ces comités sont reconnus par le gouvernement. Ils participent aux processus de décisions.

En Afrique de l’Ouest également, vous avez soutenu des projets dans l’agriculture. Comment ont réagi les agriculteurs face aux innovations qui leur ont été proposées ?

En Afrique de l’Ouest, on fait face à des sécheresses prolongées ou à des événements pluviaux extrêmes. On a également des problèmes d’érosion. Alors comment faire des aménagements pour obtenir l’entièreté des récoltes ? Nous avons financé des projets qui intègrent la production scientifique au savoir local. Ces projets ont mis l’accent sur la sensibilisation pour faire comprendre qu’on ne devrait pas planter tel type de plante à tel endroit. Lorsqu’on plante des bananiers sur des pentes, ça fonctionne tant qu’il n’y a pas d’érosion. Mais en cas d’érosion, on perd toute sa production, tous ses bananiers. On fait comprendre à l’agriculteur que son investissement peut être une perte à moyen ou long terme. Alors, on lui conseille, par exemple, du sorgho sur la pente à la place de la banane. Lorsque cela est expliqué, il comprend. Il faut donc l’accès aux variétés, la formation par rapport à l’utilisation de ces variétés.

N’y a-t-il pas eu de résistance au changement de méthodes ou de produits cultivables ?

Les agriculteurs sont très conservateurs. Que ce soit au Canada ou ailleurs, on peut vous garantir que cela ne fonctionnera pas dès le premier contact. Alors il faut sensibiliser de sorte qu’ils s’approprient les méthodes proposées par les chercheurs.

Quelles sont les dispositions à prendre par les agriculteurs ivoiriens pour bénéficier de l’appui du Crdi ?

Ils peuvent nous contacter directement à travers le service francophone de notre bureau de Nairobi via internet.

Par ailleurs, que faut-il pour obtenir une solution pérenne au changement climatique ?

D’abord, il faut réduire les gaz à effet de serre. Et pour avoir une solution pérenne, on doit faire constamment des recherches. Sinon, malgré les négociations de la COP tous les ans, les impacts se poursuivent. Il va y avoir de plus en plus de besoins et pas seulement pour les agriculteurs. Les changements climatiques, ce n’est pas seulement l’augmentation de la température. Ce sont les extrêmes. Il fait très chaud et il fait très froid. A Paris, en ce moment, il fait très froid. A Abidjan, il va faire l’été prochain 40 degrés au lieu des 38 degrés habituels.

Quelle est votre opinion sur le fait que les pays industrialisés et les pays en voie de développement se jettent la responsabilité des changements climatiques au cours des COP successives ?

Ce débat-là, nous n’y prenons pas part. Nous réalisons nos contributions avec le mandat que nous avons. C’est quand même 200 millions de dollars que nous avons investi dans la recherche pour le développement à travers le Crdi au cours des 16 dernières années en Afrique, en Asie et en Amérique latine. En Afrique concrètement, nous avons supporté 250 mesures d’adaptation au changement climatique. Nous allons publier en janvier prochain un compendium de ces résultats-là. Ce n’est pas rien. Mais ce n’est jamais suffisant. Nous allons continuer nos investissements et nous aimerions bien que les engagements se traduisent pour que le monde entier participe à la réduction des gaz. Il ne s’agit pas d’une dialectique entre les pays du Nord et les pays du Sud. Il s’agit d’une dialectique globale.

Quelles sont les perspectives immédiates du Crdi après la COP 21?

Nous continuerons notre travail en nous accentuant au niveau des problèmes que crée la forte densité des populations dans les villes que ce soit en rapport avec la planification ou la santé. Nous voulons aussi continuer à travailler dans l’agriculture. Au niveau de l’Afrique, nous allons poursuivre les formations pour booster le leadership local afin que les experts locaux aient leur mot à dire. Nous ferons en sorte qu’ils puissent prendre position pour que le développement respecte les règles environnementales.

Interview réalisée à Paris Saint-Denis, par Nesmon De Laure.

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 15:29
 La sculpture de l’homme de l’âge de la pierre par l’artiste Emmanuel Fremeit exposée en 1899 attire les curieux au musée. (ph: Nesmon D)
La sculpture de l’homme de l’âge de la pierre par l’artiste Emmanuel Fremeit exposée en 1899 attire les curieux au musée. (ph: Nesmon D)

Dans un contexte marqué par les attentats et les amalgames qui s’en sont suivi, nous avons visité le Musée de l’homme de Paris, le 11 décembre dernier. Ce site rempli d’objets et de symboles sur les origines de l’homme nargue les extrémistes de tous les bords.

Le crâne authentique de Cro-Magnon I dit le vieillard. Le crâne authentique de la femme de l’abri Petaud, etc. Grâce aux ossements qu’ils ont laissés, vos ancêtres, les homos sapiens, se retrouvent ici, au Musée de l’homme de Paris. Conservés à l’intérieur d’un site imposant en plein cœur de la capitale française. Ceux qui ont existé 20 mille ans avant votre ère rappellent aux visiteurs leurs origines communes. Le crâne de l’homme de Neandertal, celui de l’homo erectus et l’homme de l’âge de la pierre ne laissent pas non plus insensibles. Des curieux se photographient devant ces ossements. Un homme accompagné de sa famille lâche sur un brin d’humour : « Nous n’étions pas beaux hein ».

Le Musée est riche, entre autres, d’une collection de 30 mille spécimens et représentations du corps humain, témoignant de la diversité et de l’unicité des hommes modernes. Des bustes d’hommes noirs et blancs connus ou inconnus, des momies et des squelettes se côtoient. En tous cas, lorsqu’on pénètre l’enceinte de ce sanctuaire ce vendredi 11 décembre, on est frappé par la diversité représentée. L’Afrique, berceau de l’humanité, y est fortement présente par les vestiges trouvés des fouilles archéologiques. L’Afrique contemporaine s’y exprime également. Le minicar de transport en commun du Sénégal est attractif. Ceux qui veulent en savoir davantage prennent place sur les sièges. Des écrans animés à travers les vitres du véhicule procurent la sensation du voyage. Ainsi, des scènes du quotidien dakarois se succèdent au fil des minutes. Le Bambara fait aussi partie des langues du continent noir qui ont droit de citer dans le hall consacré au langage humain. L’idée est de montrer que les interrogations sur nos origines, notre histoire et notre avenir sont universelles. Pour rendre accessible ce message, les visites sont aussi contées. Des dispositifs et des animations répondent à des besoins spécifiques. Ainsi, qu’on soit mal entendant, non voyant ou même lorsqu’on vit avec un handicap mental, les travailleurs ont tout prévu pour qu’on y trouve son compte. Ce besoin de faire partager la diversité de l’homme trouve son sens dans les mots du journaliste scientifique français Luc Allemand. « Quand on voit ces expositions, on se dit qu’il faut faire visiter davantage le musée. Dans ce contexte de méfiance, d’extrémisme et d’amalgame, je suis heureux d’accueillir des journalistes étrangers. Je veux que vous retourniez chez vous avec une image positive de la France. Je suis peiné par la montée du front national », nous confiait plus tôt, ce confrère sur l’esplanade du Musée. Luc Allemand qui capitalise plus de vingt ans de plume, fait allusion aux résultats du premier tour des élections régionales, tombés au soir du dimanche 6 décembre.

Le Front National, parti politique de l’extrême droite, avait raflé la victoire dans plusieurs régions. Cette formation prône, entre autre, le rapatriement des étrangers, et la préférence nationale. Dans l’opinion française, cette montée est mise sur le compte de la peur née des attentats du 13 novembre dernier. Depuis les attaques islamistes où plus de 100 français ont péri, les actes racistes se sont multipliés. Si vous êtes de peau noire ou arabe, ou bien si vous portez le voile intégrale, vous n’êtes pas toujours vu d’un bon œil. Alors le long de la visite guidée, Luc Allemand s’évertue à changer la donne. Il positiviste. Il relativise aussi. « Ceux qui font les amalgames n’ont rien compris. Il faut que des innocents cessent de payer pour des criminels », tranche-t-il.

L’apologie de la diversité humaine

Cet après-midi-là, nous ne sommes pas qu’avec Luc. Antoine Balzeau, paléoanthropologue passionné en service dans le Musée, s’est joint à notre équipe. C’est lui qui donne plus de détails sur les découvertes qui ont permis d’obtenir tous ces objets. Même quand il dit ne pas faire de la politique, M. Balzeau a du mal à se démarquer de notre premier interlocuteur. « Nous présentons la vérité des faits. Les hommes ont une origine commune malgré leurs différences. Notre objectif n’est pas d’influencer les positions car chacun est libre de ses commentaires », indique-t-il. Toutefois, au lendemain des attentats de Paris, le paléoanthropologue qui anime un blog sur internet, a fait rédiger un texte rassembleur. Ce texte est intitulé « D’où viennent les hommes qui peuplent la France ». Dans le script, l’expert explique qu’une population n’a jamais une seule origine. « Elle est le résultat de migrations, de métissage en cours depuis des centaines de milliers d’années. » Antoine Balzeau note cependant que des visiteurs ne sont pas toujours d’accord avec le message véhiculé. Que peut-on pour ceux qui ont choisi de se recroqueviller sur leur moi ? L’histoire est là, nue, têtue…

Par ailleurs, au-delà de l’histoire et de la science, la disposition des objets demeure artistique. Elle est colorée des richesses des cinq continents. Ouvert en 1937, le Musée a été fermé en 2009 pour réfection. François Hollande, le président français l’a rouvert le 17 octobre dernier. Le sanctuaire de l’homme est rattaché au Musée national d’histoire naturelle, avec pour mission de conserver des collections, de mener des recherches scientifiques et de diffuser des connaissances. Paul Rivet et Georges Henri Rivière, les fondateurs, y développent le concept de « musée laboratoire ». Aujourd’hui dans le sous-sol, plus de 200 chercheurs et étudiants y accomplissent des activités de conservation, d’expertise, d’enseignement et de diffusion auprès du public. Ce sont des spécialistes en sciences naturelles, en sciences humaines et en sciences sociales. Ils collaborent par une approche transdisciplinaire de la biologie et des environnements, des cultures et des sociétés pour comprendre la diversité et l’évolution de l’homme. Munie de notre carte de presse, nous avons le privilège de nous retrouver sur la dalle du deuxième étage. De cette vision panoramique, on peut admirer la ville lumière pendant que le ciel s’assombrit. Sur cette note gaie et avec le sentiment d’avoir côtoyé de près la diversité humaine, nous prenons congé du lieu. Mais l’envie d’y retourner prochainement ne nous quitte guère.

Nesmon De Laure, envoyée spéciale à Paris.

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 19:48

"Le buzz des amérindiens"

Les délégués des peuples autochtones créent le buzz par leurs tenues vestimentaires originales. On se bouscule pour faire des photos avec eux. Leurs parures de plumes dans les cheveux et de tissus comme couverture, tranchent avec les costumes sur mesure des autres participants. Ils sont venus défendre la protection de la forêt amazonienne car ceux-là, qu’on appelle indigènes, sont des peuples qui se sentent mieux dans la forêt.

"Des cartes de visite écologiques"

Peut-on dire que les acteurs de la COP21 ne sont pas des engagés verts ? Difficile de le croire. Le menu végétarien dominait, hier, les assiettes au restaurant Place de la République surle site de l’événement. Mais ce n’est pas tout. Même pour échanger les contacts, on évite les cartes papiers. Les utiliser suppose qu’on contribue à l’abattage des arbres, donc à la destruction de la forêt. Alors la parade des exposants étaient d’échanger des mails, c’est plus pratique et moins polluant, clamaient-ils, à Espaces générations climat, un site de la COP réservé aux visiteurs.

"Les volontaires sollicités aux gares RER"

Ils ne se font pas désirer. Mais ce sont quand même des vedettes à la COP. Les étudiants sont sollicités de toute part par les délégués venus du monde entier. Lorsqu’un participant ne retrouve pas sa destination ou encore a un souci avec son billet de RER, il peut compter sur les volontaires vêtues de vert. Ils ne se lassent pas de sourire et de dire « bonjour » ou « good morning ».

"Une loi pour la biodiversité"

Ségolène Royal, la ministre française de l’écologie, a annoncé une loi à présenter le 20 janvier prochain en vue de protéger la biodiversité. « La France est engagée pour la biodiversité et nous allons prendre une loile20 janvier à cet effet», a promis la ministre alors qu’elle présentait les solutions françaises en matière de biodiversité à l’auditorium Nelson Mandela le site de la conférence dans le Bourget.

"Les insectes, une alternative à l'émission de CO2"

On savait que 2 milliards de personnes se nourrissent d’insectes dans le monde. Mais des biscuits sablés aux insectes, des chenilles au chocolat, des macarons aux criquets…On n’en a pas beaucoup entendu parler par le passé. Le chef Pierre Thiam,de nationalité sénégalaise installé aux Etats unis a présenté ces gâteries au cours d’une causerie-débat sur la nourriture et le climat, dimanche à Saint-Dénis. Quand ils ont appris que les insectes émettent moins de CO2 que la viande, les participants qui hésitaient à déguster se sont rués sur ces créations du chef.

Une sélection de Nesmon De Laure, envoyée spéciale à Paris

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