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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 20:16

5 femmes ministres sur 35, 1 femme présidente de conseil régional sur 31, 10 femmes maires sur 197. La moisson de la représentativité féminine est maigre en Côte d'Ivoire. Les femmes l'ont dénoncé au cours d'une conférence en ligne ce 8 octobre 2015 à l'Ambassade des USA à la Riviera Golf. La conférence a été animée par Kamissa Camara, responsable des Programmes Afrique de l'Ouest et Centrale au sein du National Endowment for Democracy basé à Washington. Thème: "La participation des femmes en politique et dans les processus électoraux en Côte d'Ivoire". Vu que les campagnes électorales requièrent des moyens financiers, pour notre part, nous suggérons qu'à côté de l'autonomisation de la femme, que la subvention des partis politiques soit assujettie à la représentativité féminine aux postes clés, au sein de ces partis là. Nous souhaitons que cela soit inscrit clairement dans la loi. Pour ce faire, nous invitons la société civile entière et particulièrement celle engagée pour le genre à mener un plaidoyer et des actions de lobbying dans ce sens. Mais attention, la femme ne doit pas être nommée juste pour son genre. Il faut surtout tenir compte de ses capacités. Les capacités ne manquent pas souvent...

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 17:32
Le responsable de l’Apdh pour la vulgarisation de la loi sur l’accès à l’information publique.(ph: Dr)
Le responsable de l’Apdh pour la vulgarisation de la loi sur l’accès à l’information publique.(ph: Dr)

L’Apdh en collaboration avec des ONG de la société civile, entend faire diffuser la loi de 2013 relative à l’accès à l’information et à la documentation publique. Un atelier s’est ouvert le 1er octobre 2015 à cet effet, au Plateau.

Pour la divulgation la loi N°2013-867du 23 décembre 2013 relative à l’accès à l’information et aux documents d’intérêt public, vous organisez un séminaire du 1er au 3 octobre à Abidjan. Qui sont les cibles?

Les cibles sont la société civile, les groupements professionnels, les associations. Le séminaire proprement dit commence ce 2 octobre. Mais ce 1er octobre, nous faisons le lancement du projet, pour que tout le monde sache qu’effectivement, nous avons démarré quelque chose dans ce sens. Nous sommes en collaboration avec des ONG de la société civile dont l’objectif est d’en assurer la diffusion et une divulgation la plus large possible.

Quel est l’enjeu du projet ?

Vous savez que la démocratie se définie généralement comme le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. Et le peuple ne peut exercer son pouvoir réel qu’à travers l’information. Si le peuple est informé de ce que font ceux qui sont censés travailler pour leur épanouissement, alors le peuple pourra exercer un contrôle de l’action gouvernementale, un contrôle de l’action administrative. Cette loi a été votée pour que désormais, l’administration sache qu’elle doit rendre compte à toute personne qui a besoin de savoir ce qu’elle fait et qui a besoin d’une information quelconque qu’elle est censée détenir. Et l’on note que dans ce projet, notre rôle consiste à divulguer cette loi auprès de la population. Cette loi a été votée depuis 2013 mais peu sont ceux qui sont informés de son existence. C’est une loi qui conduit à la transparence de l’action publique.

Comment cela peut-il se manifester concrètement ?

Désormais, un citoyen peut avoir accès à l’information publique et je dirai même avoir accès à toutes les informations des structures de service qui travaillent directement sur les activités sociales. Par exemple, les hôpitaux, les écoles, etc. On peut demander des comptes à un hôpital. Pourquoi il n’y a pas tel ou tel matériel. On peut demander à connaître son budget et comment il fonctionne. Et les responsables de cet hôpital ont obligation de donner des réponses. Vous pouvez trouver n’importe quel service pour lui demander ce qu’il fait, quel est le bilan de ses activités…

Est-il toujours aisé pour vous, en tant que société civile, d’avoir accès à certaines informations dans le cadre de vos investigations ?

De façon générale, l’administration pratique la culture du secret. Il y a même des slogans bien clairs : l’obligation de réserve. Mais la loi éclaire toute information, sauf les informations qui concernent la sécurité nationale et la défense, sont censées être mises à la connaissance de la population. Donc, il nous faut faire connaître cette loi.

Quel est le recours pour les citoyens, les activistes ou les journalistes, s’il leur est refusé l’accès aux documents d’intérêt public?

Ce qui est intéressant dans cette loi, c’est qu’il y a une commission qui est chargée de veiller à cela. Ce qu’on appelle la Commission accès à l’information et aux documentations d’intérêt public. Alors, si jamais une administration refuse de vous donner une information, vous saisissez cette commission. Elle fera obligation à cette administration en fonction de cette loi, de vous donner cette information. C’est quelque chose qui est suivi. Donc il y a une commission qui est dirigée par monsieur Yacouba Kébé. Ce dernier a prêté serment.

Quelles sont les étapes à franchir pour saisir la commission ?

Le premier recours est hiérarchique. Vous avez adressez un document à quelqu’un, il ne s’est pas exécuté, vous saisissez son supérieur hiérarchique. Si son supérieur ne s’exécute pas, alors vous vous adressez à la commission qui est censée trancher. Si la commission a des problèmes, il y a des recours judiciaires. Mais je pense que dans un premier temps, la commission est là pour faire exécuter cette loi. Elle veillera à cela. Il faut que le peuple sache que la démocratie, c’est un gouvernement qui permet l’épanouissement de l’action du peuple. Donc notre démocratie vient de connaître une avancée notable avec cette loi. Rares sont les pays en Afrique qui ont adopté cette loi. Je pense que la population a l’occasion d’aller à l’information, et de ne pas s’asseoir pour raconter quelques fois tout ce qu’elle ne sait pas.

Réalisée par Nesmon De Laure

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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 20:19
Daloa et Abengourou : Ces maladies qui tuent les enseignants

Dans l’exercice de leur métier, les enseignants sont exposés à certaines affections.
De tout temps, les enseignants se plaignent de l’effet de la craie sur leur santé. En plus de cela, ils sont également la cible de certaines maladies. Une enquête publiée en 2006 a révélé 6658 cas de séropositivité pour les seules régions de Daloa et d’Abengourou. 173 cas de décès pour trois années scolaires dont 31 liés au Vih-Sida, soit 17,91% des décès d'enseignants. Autrement dit, souligne le rapport, il s’agit de 17 cas de décès par an pour Daloa, soit 9,82% des décès et 14 cas pour Abengourou, soit 4,6%. La moyenne d'âge des décédés de la pandémie est de 42 ans et demi. Le moins âgé avait 28 ans. Le rapport ajoute qu’entre 2002 et 2005, les décès d'enseignants en Côte d'Ivoire liés au Vih-Sida ont plus concerné les hommes que les femmes. Soit 21 hommes pour 10 femmes. Le sexe ratio était d'environ trois hommes pour une femme. La plupart des cas de décès provenait de l'enseignement primaire, 74,41% contre 22,58% au secondaire. La recherche effectuée par le Dr Bahlou Kophy Alexandre est intitulée : « Le Vih-Sida et le corps des enseignants, quels impacts sur le système éducatif ivoirien ». Joint le 11 octobre 2013 par téléphone, Mahassane Coulibaly, coordonnateur de la Coordination des enseignants du second degré de Côte d’Ivoire (Ces-ci) reconnaît que la pandémie est une réalité dans le milieu. « La maladie n’est pas la seule affaire des enseignants mais elle est une réalité dans notre milieu. Cela est dû à l’environnement de travail », détaille le leader syndical. Il explique, par exemple, que des élèves contaminés qui s’ignorent, en manipulant le matériel des travaux pratiques, peuvent transmettre la maladie à leurs professeurs. Pour lui, il ne faut pas y voir que le comportement sexuel des enseignants même si la tentation est grande dans le milieu. En plus du Vih-Sida, les enseignants sont victimes de douleurs lombaires. « Vers la fin de leur carrière, nos camarades se plaignent de mal de dos. Cela est récurent comme c’est le cas pour les maux d’yeux. Vous remarquerez que les enseignants portent le plus des lunettes pharmaceutiques », fait observer notre interlocuteur. Après consultation, relate t-il, il ressort par exemple que les maux d’yeux sont liés au mauvais éclairage des salles de classe. Concernant les douleurs lombaires, les médecins les lient au fait de s’asseoir longtemps, surtout pour la correction des copies. La question de la conservation des produits utilisés en travaux pratiques est également pointée du doigt. Au lycée moderne d’Abengourou, un enseignant a dû s’absenter pendant longtemps des cours après un contact avec l’un de ces produits chimiques. « Il avait des lésions sur la peau. Il n’y a pas eu de bilan sur le nombre d’élèves touchés. Toutefois, le produit dégageait de fortes odeurs », rapporte le coordonnateur de la Ces-ci. On se souvient qu’en 2007, des enseignants avaient aussi dénoncé la qualité de la craie importée pour l’année scolaire. Ils la suspectaient d’être à l’origine de problèmes respiratoires dans leur rang. Pour suivre l’évolution sanitaire des enseignants et l’adapter aux affectations, un conseil de santé est mis en place. Cependant, la procédure pour décider de rapprocher l’enseignant de son lieu de suivi médical ou même de le décharger de la tenue des classes est jugée décourageante par les concernés.

Par Nesmon De Laure

12 octobre 2013

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 16:20
Cissé Aïssatou, PDG de société, invite les femmes à plus de professionnalisme (Ph: NZ)
Cissé Aïssatou, PDG de société, invite les femmes à plus de professionnalisme (Ph: NZ)

En Côte d’Ivoire, 15% des créateurs d’entreprise sont des femmes. Ce chiffre aurait pu être supérieur, si les activités des femmes ne baignaient pas dans l’informel. C’est le constat de Cissé Aïssatou, Présidente directrice générale (PDG) d’une société de transport et membre de la Coalition des femmes leaders. A titre d’exemple, elle indique que 85% des femmes sont actives dans l’agriculture. 50 à 60% de la production alimentaire est assurée par les femmes. La cheffe d’entreprise évaluait ainsi la place des femmes dans l’économie et dans l’entreprenariat, le 10 septembre 2015 au Plateau. C’était au cours de la première matinée des « Journées sectorielles femme » qui prennent fin le 11 septembre 2015. Ces rencontres, appuyées par ONU-femmes, sont un creuset d’échanges et de partage d’expériences des actrices du développement. Poursuivant le constat, Cissé Aïssatou, a souligné que l’entreprenariat féminin souffre d’un appui financier et technique à cause d’un déficit de formation. « Bien souvent, les femmes ne comprennent pas l’activité dans laquelle elles entreprennent. Elles ne sont pas souvent formées au montage de projet », a-t-elle regretté. Devant le tableau peu reluisant, la PDG a conseillé à ses paires de moderniser leurs activités en se déclarant. Mais aussi en se formant et en s’alphabétisant. « Le paiement des impôts et la sécurité sociale doivent être inclus dans le budget prévisionnel pour voir si l’activité est rentable », a-t-elle estimé. Pour elle, la satisfaction de ces conditions garantit l’accès aux crédits bancaires et la durabilité de l’entreprise. A sa suite Georgette Zamblé, présidente de l’Ong Leadafricaines a mis en exergue la performance des entreprises dirigées par des femmes. Elle a noté que peu de statistiques existent dans le domaine. Toutefois, s’appuyant sur un récent rapport de la Banque africaine de développement, Geogette Zamblé a affirmé que les femmes sont sous-représentées aux postes de décision, dans l’administration publique et privée. Selon elle, cela s’explique, entre autres « par le décalage entre les filières préférées par les femmes et la demande du marché et les stéréotypes ». La présidente de l’Ong a dénoncé la faible présence des femmes dans les réseaux d’influence. Elle a tout de même salué la naissance d’un Observatoire national de l’équité et du genre. Des femmes qui ont eu des succès malgré les entraves soulignées, ont partagé leurs témoignages. Ce qui a boosté des participantes. La première édition des « Journées sectorielles femme » met aussi l' accent sur l’autonomisation des femmes rurales.

Nesmon De Laure

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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 19:02
Le Dg du Ciapol met  en place un observatoire de la qualité de l’eau, du sol et de l’air (ph: Dr)
Le Dg du Ciapol met en place un observatoire de la qualité de l’eau, du sol et de l’air (ph: Dr)

Le Centre ivoirien anti-pollution (Ciapol) a organisé un atelier scientifique sur l’élaboration et la mise en place du programme national d’observation de la qualité de l’eau, de l’air et du sol du 8 au 10 septembre 2015 à Abidjan-Cocody. La rencontre vise à faciliter la mise en œuvre de la politique nationale en matière de protection de l’environnement.

Que vise l’établissement d’un système d’observation de la qualité des eaux de surface, de l’air et du sol ?

L’une des missions du Centre ivoirien anti-pollution (Ciapol) est de disposer de données sur la qualité de l’environnement. Pour disposer de ces données, il faut avoir un système de collecte de ces données. Nos milieux air, sol, eau sont pollués du fait des activités de l’homme. Au niveau de l’air, nos véhicules fument. Nos unités industrielles déversent leurs eaux usées sans traitement dans le milieu. Les engrais que nous mettons dans nos plantations contribuent à la dégradation du sol. Pour que le politique mette en place une gestion fiable de l’environnement, il faut disposer de données. C’est pour cela que nous organisons du 8 au 10 septembre 2015, l’atelier scientifique sur l’élaboration et la mise en place du programme national d’observation de la qualité des milieux naturels en Côte d’Ivoire.

De quel type de données s’agit-il ?

Par exemple, si on dit de ne pas rejeter les eaux usées, à quel niveau ne faut-il pas le faire ? Car, toujours est-il qu’on ne peut pas réaliser une activité sans polluer. Alors, on établit des normes de rejet. Pour ce faire, il faut connaître l’état de notre eau. Pour cet atelier, nous avons fait venir des experts internationaux en plus de la centaine d’experts nationaux dont nous disposons. Au terme de la rencontre, nous mettrons en place un réseau national de mesure de la qualité de notre environnement. Cela nous permettra alors de dire si l’air que nous respirons est adapté ou pas, s’il nous envoie des maladies ou pas.

Quelle sera l’interaction entre ce pouls d’observateurs et la population pour la préservation de l’environnement ?

Lorsque nous aurons des données scientifiques qui prouvent que notre environnement est menacé, nous pourrions interpeller la population. Par exemple, on la préviendra sur le degré de la menace. Elle sera ainsi mieux sensibilisée et saura que ses actions ont un impact sur l’environnement. On pourrait analyser le poisson et partager les conclusions avec la population. Si les conclusions sont alarmantes, elle pourra prendre des dispositions pour éviter de manger le poisson.

Par quel processus la pollution de l’environnement réchauffe-t-elle le climat ?

On parle de changement climatique parce que nous émettons certains gaz qui bloquent la traversée de la lumière. Lorsque la lumière repart, elle réchauffe la température. Lorsque la température est réchauffée, nous avons la fonte de la glace. Tout est perturbé. La pollution que nous provoquons a un impact négatif sur le climat.

Le creuset d’observateurs que vous annoncez va-t-il faciliter l’élaboration des propositions de la Côte d’Ivoire à la Conférence de Paris sur le climat prévue en décembre prochain ?

Oui. Si l’Etat doit prendre des engagements pour la réduction des gaz à effet de serre, ce sera sur la base des données scientifiques. Nous sommes en train d’asseoir la boussole pour orienter l’Etat dans la prise de décision.

Réalisée par Nesmon De Laure

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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 10:57
Le  responsable de la division droit à l’éducation du Midh réclame le retrait de l’arrêté instaurant les frais complémentaires depuis 2008. (ph: Firmin K)
Le responsable de la division droit à l’éducation du Midh réclame le retrait de l’arrêté instaurant les frais complémentaires depuis 2008. (ph: Firmin K)

Dans un rapport publié le 27 août 2015, le Mouvement ivoirien des droits humains (Midh), dont vous êtes le deuxième vice-président, dénonce les frais complémentaires dans les établissements privés et laïcs. Qu’entendre par frais complémentaires ?

Les frais complémentaires, c’est le reliquat de scolarité qui est due, c’est-à-dire que les parents des apprenants affectés dans les établissements privés et laïcs payent plus par rapport à la convention qui est allouée par l’Etat. Pour ceux qui sont au premier cycle, la somme allouée est de 120.000 F CFA, et pour ceux qui sont au second cycle, elle est de 140.000 F. Prenons l’exemple d’un établissement qui pratique une scolarité annuelle de 510.000 F au premier cycle. L’Etat va débourser la somme de 120.000 F pour la scolarité annuelle de l’élève qu’il y affecte en classe de sixième. Le parent paye le reliquat qui est de 390.000 F. C’est excessif. Les dépenses du parent ne s’arrêtent pas seulement à cela. Il y a aussi les frais annexes qui ne sont pas au centre de notre étude comme le coût des uniformes scolaires, les frais de transport, l’alimentation, etc. C’est ce problème que nous avons voulu porter à la connaissance de l’opinion nationale.

Sur quelle période votre enquête s’est-elle déroulée?

La période de l’enquête s’est étalée sur l’année scolaire 2013-2014, plus précisément du 12 septembre 2013 au 29 août 2014. Nous avons pu enquêter auprès de 87 personnes physiques et morales. Au niveau des personnes physiques, nous avons rencontré des parents d’élèves, des élèves, des responsables syndicaux, des chefs d’établissements publics et privés, des associations de parents d’élèves et de hauts responsables du ministère de l’Education nationale et de l’enseignement technique.

Les frais complémentaires entravent-ils la scolarisation ?

Les frais complémentaires peuvent être des entraves à la scolarisation de nos enfants et même les pousser à abandonner de façon précoce les études. Il y a eu plusieurs cas. On peut vous donner par exemple le cas d’une jeune fille qui avait été affectée dans un établissement privé à Cocody où la scolarité avoisine pratiquement 510.000 F. Les parents n’ont pas pu payer et la jeune fille est restée à la maison pendant un an. Et la deuxième année, elle a trouvé cela injuste et insupportable. Mettant la pression sur ses parents, notamment la mère, cette dernière a pu lui trouver un établissement privé à Yopougon, mais à condition qu’elle ne reprenne pas la classe de 6e. La mère, suivant la jeune fille dans ce désir, arrive à lui trouver un établissement privé à Yopougon. Et tenez vous bien, à la fin de l’année, la jeune fille a été la major de sa classe, avec des tableaux d’honneur à chaque trimestre. Voici par exemple un cas que le système ou la pratique des frais complémentaires, aurait pu perdre à jamais.

Le paiement des frais complémentaires n’est-il pas légal au regard de l’arrêté de 1998 ?

En son article 4, l’arrêté stipule que les frais complémentaires représentent le reliquat de la scolarité due aux établissements scolaires privés pour tout élève affecté ou orienté. Ces frais sont exigés lorsque des établissements scolaires privés pratiquent des montants supérieurs à ceux que l’Etat alloue aux élèves affectés ou orientés. Pour nous, c’est l’arrêté lui-même qui pose problème. Deuxièmement, ce qui nous paraît véritablement important, c’est que l’Etat de Côte d’Ivoire a signé une convention avec les promoteurs d’établissements privés, les établissements conventionnés laïcs en 1992. Cette convention dit en son article 25 que les élèves affectés par l’État dans l’enseignement privé sont soumis aux mêmes règles de scolarité et de discipline que les élèves de l’enseignement public. Et que les élèves affectés par le ministère de l’Éducation nationale sont à la charge de l’Etat. Cela veut dire que c’est l’Etat qui doit prendre en compte leur scolarité. Mais la convention ne dit pas qu’il y a des réserves à émettre.

Dénoncez-vous donc une contradiction entre l’arrêté et la convention?

Effectivement, l’arrêté contredit la convention. Elle contredit non seulement les textes internationaux auxquels la Côte d’Ivoire est partie prenante, notamment la déclaration universelle des droits de l’Homme en son article 6, et certains traités au plan régional. Mais il y a la Constitution, les décrets et lois et cette convention dont nous parlons aussi. Donc vous voyez que c’est un dispositif qui porte entorse à la hiérarchie des normes. Pour nous, cela est grave. Donc nous avons demandé à l’Etat que cet arrêté soit purement et simplement retiré. Nous avons aussi demandé que l’Etat prenne totalement en charge les élèves affectés au privé. Ils gardent leur statut d’élèves du public. Ils devraient jouir des mêmes conditions que leurs camarades restés au public. Dans la majorité des cas, ces enfants n’ont même pas demandé à aller au privé. Mais dès l’instant où c’est le cas, il appartient à l’Etat de jouer son rôle en prenant en compte la totalité de leur charge, sinon, on aura beaucoup de déperdition dans ce domaine.

Si les frais complémentaires dans le privé font sortir des élèves du système éducatif, n’est-ce pas un frein à l’école obligatoire de 6 à 16 ans instaurée pour la prochaine rentrée ?

Nous avons dit dans notre rapport que les frais complémentaires constituent en quelques sortes des épines dans les souliers de la politique de scolarisation obligatoire et de l’émergence. Si on n’extirpe pas cette entrave de notre ordonnancement interne, il y aura problème. Les parents ne pourront pas véritablement scolariser leurs enfants. On parle d’école obligatoire. Mais si l’école est obligatoire, il devrait avoir des moyens d’accompagnement qui permettent aux parents de scolariser aisément leurs enfants. C’est vrai qu’il y a de l’argent qui a été déboursé dans ce sens. 700 milliards je crois, mais on nous dit que les 600 milliards concernent le personnel et 100 milliards pour les infrastructures. Nous estimons que c’est un peu disproportionné et qu’il faut construire beaucoup d’établissements pour pouvoir sortir les enfants qui sont au privé et les ramener au public.

Quels sont les risques lorsqu’un enfant est rejeté du système éducatif ?

Il faut dire d’abord que l’éducation est un droit fondamental. Donc l’Etat a l’obligation de scolariser chaque citoyen. Lorsque notre système éducatif rejette ou a des principes qui font que les enfants sortent très rapidement du système éducatif, cela peut générer des conséquences incalculables pour le pays. Aujourd’hui, on parle tous du phénomène des enfants microbes. Nous ne faisons pas forcément un lien avec l’école, mais si je ne vais pas à l’école, je deviens une proie facile pour ces groupes qui m’appellent et j’y adhère. La criminalité, la cybercriminalité... sont autant de conséquences pour des enfants qui ne vont pas à l’école. Donc il est tout à faire nécessaire et urgent que l’Etat se penche sur ce problème.

Quel message particulier lancez-vous pour que la nouvelle année scolaire qui démarre le 21 septembre 2015 se déroule bien?

Nous attirons l’attention de l’Etat pour que l’école soit tout à fait gratuite. Notre système est encore à la recherche de la clé de son efficacité et de sa performance. Il est bon qu’on construise beaucoup d’établissement, pour ramener les effectifs à des proportions raisonnables. Les effectifs pléthoriques ne permettent pas une activité pédagogique efficiente. Puis, il est bon qu’on renforce de temps en temps, sinon régulièrement, les capacités des enseignants. Il revient à la direction de la pédagogie de le faire. Mais pour ce faire, il faudrait que cette direction ait les moyens. Il en est de même pour les inspecteurs, pour qu’ils puissent visiter de plus en plus les enseignants. Pour nous, il est bon que l’école soit rapprochée de ceux qui vont à l’école et la norme est de cinq kilomètres. Lorsque la distance va au-delà, cela génère plusieurs frais car il faut payer le transport. C’est difficile pour les parents.

Réalisée par Nesmon De Laure

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 16:48

Un mot et tout bouscule
Un mot et tout bascule
Un verbe, une interprétation sûre
Une phrase et la censure
Le café pour expirer des mots
Même si elle a lieu la conférence de Rédaction
Le chemin de fer se remodèle à outrance

La pré-maquette, le titre et l'appel de titre
Quelle proposition pour la Une?
Ton papier est-il prêt?
Pourquoi ta source n'est-elle pas explicite?
Et si tu changeais d'intertitre?

Attention à la confusion de genre

La pyramide est-elle renversée?

Et l'interview, dis, quand la réaliseras-tu?

Aurais-je le temps de rédiger le reportage ?

Ma fille, quand l'embrasserais-je?

Tout ce stress, pour un lecteur de titre

Tout çà pour des prunes

Et pourtant, tout çà est si virevoltant, si envoûtant...

Nesmon De Laure, lundi 30 septembre 2013 14h 28minutes.

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 13:39
La rue des commerçantes "anango" au marché de Gagnoa (ph: Nesmon De Laure)
La rue des commerçantes "anango" au marché de Gagnoa (ph: Nesmon De Laure)

Les commerçantes Yorouba reconnues sous l’appellation de « femmes Anango » se spécialisent dans la vente au détail des objets ménagers. Nous sommes allées à leur rencontre, d’Abidjan à Bouaké après un détour à Gagnoa. Si elles se félicitent de l’hospitalité ivoirienne, elles ne cachent pas quelques difficultés liées à leur secteur d’activité. Enquête !

Qui n’a jamais acheté une bouilloire chez la femme nigériane du quartier ou au marché ? Poire à laver, sceau, berceau pour nouveau-né… Tout y est disponible. Les femmes nigérianes, spécifiquement celles de l’ethnie Yorouba, dominent le commerce d’objets ménagers tant à Abidjan que dans certaines villes de l’intérieur du pays.

Un savoir-faire de mère en fille

Dynamiques et battantes, elles se construisent sans tambours ni trompettes. Souratou Youssouf, hésite longuement avant de répondre à nos questions ce mercredi d’octobre dernier. Cette quarantenaire est une femme autonome. Grâce à son commerce à la Riviera 2, elle parvient à prendre en charge sa petite famille. « J’avais 5 ans quand je suis arrivée avec mes parents au pays d’Houphouet Boigny. Ces derniers étaient venus pour essentiellement faire du commerce », se remémore-t-elle. Le virus du commerce la pique alors par hérédité. Le choix de la marchandise s’est fait naturellement. Sa mère évoluait déjà dans la vente d’ustensiles en plastique. C’est à l’âge de 16 ans que Souratou ouvre son premier magasin, un don de ses parents. Depuis lors, elle s’approvisionne auprès des grossistes du marché d’Adjamé. Elle achemine ses articles par le transport en commun, spécifiquement les minicars appelés Gbaka. Elle estime s’en sortir avec un bénéfice acceptable. C’est ce qui lui permet de s’acquitter de la patente auprès de la mairie, soit dix mille F Cfa par mois. Et aussi d’assurer les charges familiales. « Je ne rencontre pas de difficultés majeures. Je ne me plains pas », confie Souratou. L’interlocutrice salue la bonne cohabitation sur sa terre d’accueil. « Il fût un moment où nous avions peur. C’était pendant les différentes crises. Mais à présent nous sommes sereins. Les tracasseries ont baissé. Je m’entends bien avec mes voisins », note-t-elle. Les femmes « anango » apportent leur pierre à la construction du pays. Elles payent, elles aussi, les patentes et les taxes divers reversées aux impôts ou dans les caisses des mairies.

En dehors d’Abidjan, on les retrouve à l’intérieur du pays. Courant novembre, nous effectuons le déplacement à Gagnoa, dans le Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire. L’incendie du marché ne les a pas découragées. Elles sont désormais alignées de part et d’autre de la voie principale sur une place provisoire. Leurs étals se ressemblent. Elles vendent les mêmes produits : cosmétiques, vêtements d’enfants et des articles divers. Le site grouille d’un beau monde. Pour l’atteindre, il faut percer les vrombissements de moteurs de la gare routière. A votre passage, vous êtes hélés par les vendeurs à la criée. C’est l’atmosphère que nous traversons pour rejoindre Labiyou Tesilaou, présidente des commerçantes Yorouba de la capitale du Gôh. Nous avons rendez-vous avec elle, au siège local de la Fédération nationale des commerçants de Côte d’Ivoire (Fenacci).

Le prix de la persévérance

Labiyou Tesilaou est sans appréhension. Instruite et maniant correctement la langue de Molière, c’est tout à son aise qu’elle parle des activités de ses compatriotes. « Nous sommes environ 250 femmes Yorouba dans le commerce ici à Gagnoa. C’est un apport non négligeable pour la commune car nous payons les patentes, l’impôt synthétique selon l’importance de l’activité et les tickets journaliers ». A l’en croire, cet apport est possible, grâce à la persévérance. « Nous ne cherchons pas à faire de gros bénéfices. Les prix de nos marchandises sont à la portée de tous les clients. Seulement, nous arrivons à épargner le peu que nous gagnons. C’est cela notre force », révèle-t-elle. Ici, cette communauté de commerçantes est bien organisée. Les vendeuses tiennent des réunions quatre fois dans le mois et s’organisent en tontine. 5000 FCFA par personne et par semaine pour dix adhérentes. Ce qui revient à 50 mille F à empocher à tour de rôle. Lorsqu’elles se retrouvent, elles discutent de la religion ou du commerce. Ce qui attire l’admiration des hommes. Aladji T., responsable local de la communauté nigériane est fier de ces dames. « Nos femmes font l’effort de ravitailler les villages reculés les jeudi et les dimanche. Mais à l’approche des fêtes et pendant la période de la traite du café et du cacao, elles sont exposées aux coupeurs de route. C’est ce qui nous fait un peu peur », explique-t-il. Ceci, même si la communauté n’est pas ciblée du fait de son origine. Car, dira-t-il, le problème sécuritaire concerne tout le monde. Par ailleurs, le responsable local de la communauté, présent à Gagnoa depuis 43 années, reconnaît une intégration réussie. « Elles n’ont pas de problèmes avec leurs sœurs bété. Les Bété sont gentils. Nous sommes ensemble. On se marie même entre nous », témoigne-t-il, heureux.

L’équipe de Nord-Sud Quotidien ne s’est pas arrêtée à Gagnoa. Pour connaître la réalité dans le centre du pays, nous choisissons de séjourner à Bouaké en décembre dernier. C’est un carrefour important au centre de la Côte d’Ivoire, à près de 400 km d’Abidjan. Ici aussi, on dénombre une forte communauté de commerçantes Yorouba, à en croire Touré Aboubacar, président régional de la Fenacci pour la vallée du Gbêkê. Nous échangeons avec ces dernières. Et comme à Gagnoa, les femmes Yorouba de Bouaké vivent en harmonie avec les autres communautés. On retrouve les mêmes objets sur leurs étals. Leurs hangars sont aussi bien visibles dans les ruelles des quartiers que dans les marchés. En d’autres termes, au centre du pays également, elles dominent le secteur. Cette réalité n’attise pas de jalousie chez les commerçants nationaux. A preuve, Diallo Tiéné, secrétaire administratif de la Fédération nationale des commerçants de Côte d’Ivoire (Fenacci), section de Gagnoa, avait mis en avant le courage de ces femmes. « Elles n’ont pas de champs. Elles se battent beaucoup et sont intégrées. Elles n’ont pas de problèmes avec les autres commerçants. Les femmes Yorouba respectent les lois, même si elles ne sont pas à 100 % en règle. Mais à force de les sensibiliser, les choses commencent à rentrer à l’ordre », positive le responsable d’association. Touré Aboubacar, premier responsable de la Fenacci dans la vallée du Gbêkê, s’enorgueillit, quant à lui, des bonnes relations qu’entretiennent les vendeurs de sa zone. « Nous faisons tout pour prévenir les palabres. Quelques fois, on dit à nos compatriotes de ne pas faire la guerre aux étrangers. Des Ivoiriens font aussi le commerce au Burkina, au Nigeria. Ils sont là pour nous aider à développer le pays », insiste-t-il pour une véritable Cedeao des peuples.

Des tracasseries pour défaut de pièces

Les commerçantes avec qui nous avons échangé, saluent dans l’ensemble la baisse du racket aux différents corridors. Leur position est renforcée par celle des organisations de commerçants. « Les tracasseries ont nettement baissé, mais il y a de petits bobos. Cependant, les commerçants soufflent un peu grâce au convoyage de groupe», remarque Diallo Tiéné, secrétaire administratif de la Fédération nationale des commerçants de Côte d’Ivoire (Fenacci), section de Gagnoa. Par contre, ajoute-t-il, en dehors des jours du convoyage, la commerçante qui n’est pas en règle subit les tracasseries au niveau du corridor. « Il arrive que certaines subissent des tracasseries par défaut de pièces », soutient le secrétaire administratif de la Fenacci. Touré Aboubacar, premier responsable de la Fenacci dans la vallée du Gbêkê, se réjouit, lui aussi, de la baisse du racket. A l’issue de la grave crise sociopolitique que la Côte d’Ivoire a connue en 2010, le pays a été confronté à une entrave à la libre circulation des personnes et des biens. Mais depuis 2012 la situation dans les corridors a positivement évolué, selon la Convention de la société civile ivoirienne (Csci). Le ministère des Transports a publié la carte des 33 barrages autorisés sur le territoire national. Et l’on note le démantèlement de plusieurs corridors et barrages illégaux. Une situation qui reste profitable aux commerçants de toute nationalité. Veuves, mariées ou célibataires, ces vendeuses rencontrent les difficultés des femmes qui entreprennent. Elles se sentent doublement lésées quand il s’agit d’accéder aux fonds publics ou aux crédits bancaires pour booster leur activité. Cette réalité est palpable aussi bien à Abidjan qu’à Gagnoa et Bouaké.

Les difficultés d’accès au crédit

« Nous ne bénéficions pas des fonds d’appui aux femmes. Quand il s’agit d’avoir accès aux prêts bancaires, c’est aussi un parcours du combattant. Il nous est difficile de fournir les dossiers exigés comme le bulletin de salaire. N’étant pas des fonctionnaires, nous ne savons pas où trouver un bulletin de salaire et les banques ne nous offrent pas d’alternative », regrette Labiyou Tesilaou. « Après l’incendie du marché, nous n’avons pas eu de soutien contrairement aux commerçants ivoiriens. Je suggère que l’Etat réduise les taxes pour des gens comme nous, car nous sommes un cas à part », plaide-t-elle.C’est que, les conditions d’accès aux crédits ou aux fonds éliminent d’emblée. En effet, depuis 2012, un fonds public est mis à la disposition des femmes. Il s’agit du Fonds d’appui aux femmes de Côte d’Ivoire (Fafci). Il est octroyé sous forme de prêt, en vue de créer ou d’étendre une activité génératrice de revenus. Peuvent en bénéficier, les femmes ayant un projet d’activité génératrice de revenus ou exerçant une activité génératrice de revenus, âgées de 21 ans ou plus. Mais surtout de nationalité ivoirienne. Ce qui d’office, excluent les non nationales. « Pour l’instant, l’enveloppe du Fafci est destiné aux nationales. Peut-être qu’à l’avenir, les choses pourraient changer, vu que cette enveloppe a été revue à la hausse », indique une source au cabinet de la Première Dame, structure gestionnaire du Fonds. Déjà, dans le Doing Business 2014, le rapport de la Banque mondiale révèle que la Côte d’Ivoire ne fait pas partie des pays où il est facile d’accéder au crédit. Ceci, d’une manière générale. Et singulièrement, les banques ne facilitent pas non plus l’octroi de crédit aux femmes à en croire les militantes du genre. Touré Diabaté Massogbè, présidente de la commission de développement de l’entreprenariat féminin du patronat ivoirien, interviewée, déclare : « une femme entrepreneur qui applique une demande de crédit auprès d’une banque, a du mal à présenter des garanties parce qu’en Afrique, la femme n’a pas de biens. Or les garanties, ce sont les hypothèques. La femme n’est pas propriétaire terrien. C’est un gros problème ». Revenant sur le cas spécifique des non-nationales, Alida Tano, spécialiste des questions migratoires en Afrique de l’Ouest et chargée de formation à la Convention de la Société Civile Ivoirienne (Csci) persiste : « Le difficile accès aux crédits pour les étrangers est un problème qui revient très souvent dans les différents pays de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Ndlr : Cedeao) », constate-t-elle. Mme Tano remarque aussi que la plupart des législations nationales dans la sous-région mettent en avant la préférence nationale pour l’octroi de crédits publics. « Les lois nationales ne permettent pas d’avoir accès à certaines microfinances. C’est un frein à l’application effective du protocole de la Cedeao sur la libre circulation», remarque-t-elle. Nous la rencontrons le 2 juin dernier, au siège de la structure à Cocody-Angré. Sur le sujet, le ministère de l’Intégration dégage sa compétence. Alors que nous joignons par téléphone ce 13 août un membre du service de communication pour un rendez-vous formel, il balise : « Une fois que les commerçants sont à l’intérieur du pays, la question de l’accès au crédit n’est pas de notre ressort, mais plutôt de celui des structures de financement », note-t-il.

Faciliter l’intégration sous-régionale

Toutefois, deux mois plus tôt, nous avons la chance de tomber sur un conseiller dudit ministère. Il anime un atelier de sensibilisation sur le tarif extérieur commun de la Cedeao. Nous sommes à la Riviera et la rencontre insiste sur l’intégration économique en Afrique de l’Ouest. Même s’il ne s’agit pas d’une réunion sur le secteur informel, nous en profitons pour poser la question de l’accès au crédit pour les activités génératrices de revenus. La réponse ne se fait pas non plus attendre. « La Côte d’Ivoire est la championne de l’intégration », déclare-t-il pour commencer. Toutefois, il reconnaît la délicatesse du sujet posé. « L’accès au crédit dans le secteur informel est une question délicate, y compris pour les nationaux. Par contre dans le secteur libéral, c’est un peu facile », relativise l’expert. Ce dernier conclut sur une note d’espoir, indiquant que les études sont en cours au niveau des instances de l’Afrique de l’Ouest. L’idée est de faciliter l’intégration sous-régionale, autrement dit, la fusion des peuples dans tous les secteurs, y compris l’accès aux crédits. Un contact au bureau de la Banque mondiale à Abidjan-Cocody est optimiste pour l’avenir. Pour lui, vu la multiplication des banques privées dans les différents Etats, il n’y a pas lieu de désespérer. Dans le même sens, Alida Tano, l’experte de la société civile, suggère, par exemple, la naturalisation à celles qui le souhaitent. Mais pour les personnes non désireuses de demander la naturalisation, l’espoir n’est pas non plus perdu. Il existe des structures privées qui octroient des fonds en tenant compte que du poids de l’activité menée », renseigne-t-elle. C’est dans cette optique que Touré Aboubacar, le responsable des commerçants de Bouaké dit avoir pris attache avec des structures financières sur place. « Nous sommes en pourparler avec des banques. La Coopec propose cent mille francs à rembourser dans quatre mois. Nous sommes également en discussion avec une banque arabe et ça promet », affirme-t-il chercher une solution pour faciliter l’accès au financement par les commerçants non nationaux, militants de son organisation.

Une longue histoire d’amour avec le commerce

L’implantation des femmes Yorouba dans le commerce est liée à l’histoire de ce peuple. Nous l’apprenons au cours d’un séjour à Abuja en avril dernier. Solomon Adebayo, journaliste à la radio Voice of Nigeria est natif Yorouba. Reçue à son bureau, nous évoquons la forte présence de ses compatriotes dans le commerce d’articles divers en Côte d’Ivoire. Il n’en est pas surpris. « C’est une tradition chez nous. Dans chaque famille Yorouba, il est courant de rencontrer des commerçants émigrants en Côte d’Ivoire ou ailleurs dans la sous-région », affirme-t-il. Déjà, dans un ouvrage paru en 2005, Erika Nimis, historienne de la photographie et des médias visuels en Afrique, détaille que le commerce est le troisième pilier de l’économie yorouba après l’agriculture et l’artisanat. « La taille et l’importance des marchés yorouba impressionnent toujours comme elles le firent déjà au temps des premiers explorateurs », indique l’auteur dans son œuvre. A l’orée des indépendances africaines, les Yorouba diversifient leur destination à toute l’Afrique de l’Ouest. Selon les historiens, le mouvement amorcé dans les années 1910-1920 s’amplifie dans les années 60. La Côte d’Ivoire et le Niger figurent parmi les destinations privilégiées pour exercer le commerce. Au cours d’un atelier sur les migrations tenu à Abidjan, Paul Angama, enseignant d’histoire et de géographie, mentionne que les flux migratoires en Cote d’Ivoire sont essentiellement économiques et se déroulent en Afrique de l’Ouest. En tous cas, les acteurs interrogés, affirment avoir reçu la fibre du business comme un héritage. Les Yorouba sont même présentés comme les maîtres du commerce transfrontalier en Afrique de l’Ouest.

Nesmon De Laure

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 13:05
Focus/ VIH et Sida: Quand la stigmatisation freine la lutte

L’enquête récente de démographie et de santé montre que la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH et le Sida est une réalité en Côte d’Ivoire. Les acteurs engagés contre la pandémie invitent à la retenue.

La stigmatisation des personnes vivant avec le VIH et le Sida est encore d’actualité. La dernière enquête démographique et de santé montre que 92% des hommes ne tolèrent pas les personnes vivant avec le VIH et le sida contre 86% des femmes. A cette réalité, s’ajoute le traitement médiatique des questions liées au fléau. Les acteurs engagés dans la lutte constatent en plus de la stigmatisation, une discrimination dans les articles de presse. Selon eux, ces attitudes influencent négativement la lutte. Une étude biocomportementale des Infections sexuellement transmissibles, du VIH et du Sida chez les professionnelles du sexe du district d’Abidjan, réalisée en 2014, relève que 23,3% des personnes enquêtées évitent les centres de santé du fait de la stigmatisation et de la discrimination.

La réponse nationale

« La stigmatisation est un frein à la lutte. L’Etat peut mettre toutes les ressources, tous les médicaments ou mettre toutes les stratégies en place. Mais si les personnes sont victimes de la stigmatisation, elles n’auront pas accès aux soins », a commenté pour sa part, Dr Evelyne Ehua, experte du Programme national de la lutte contre le sida (Pnls). Elle a fait cette sortie, lundi dernier, au cours d’un séminaire de sensibilisation des journalistes spécialistes de la santé. La rencontre a eu lieu du 16 au 19 août dernier à Agboville. C’est une initiative du Pnls et l’Ong Alliance Côte d’Ivoire. Elle est appuyée par le Fonds mondial. Ainsi, différentes sessions ont mis en exergue des cas pratiques de discrimination dans les articles de presse. Les participants ont bénéficié d’une présentation de la réponse nationale face au VIH et au Sida. Dom Abla Kafui, chargée du plaidoyer au Pnls, développant ce thème, a indiqué que « la Côte d’Ivoire adopte une approche multisectorielle dans le plan stratégique de lutte contre le VIH et le SIDA ». Autrement dit, les programmes de santé et plusieurs partenaires travaillant dans le domaine sont associés. Le plan stratégique défini des cibles prioritaires à partir d’enquête de santé. La présentatrice a cité, entre autres cibles prioritaires, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Elle a conclu que beaucoup d’effort sont entrepris avec des avancées notables, mais beaucoup reste à faire.

Les médias interpellés

Par ailleurs, Coulibaly Zié Oumar, vice-président du Réseau des Professionnels des Médias, des Arts et des Sports engagés dans la lutte contre le Sida et les autres pandémies en Côte d’Ivoire (REPMASCI) , a entretenu les participants autour du thème : « Les médias face à la problématique du traitement de l’information du VIH/Sida en Côte d’Ivoire : acquis, limites et défis ». Le journaliste constate que le traitement médiatique du VIH/Sida souffre encore du poids de la tradition et de l’éthique des religions. « Le traitement qui est fait choque, suscite la peur ou le rejet et contribue à renforcer la stigmatisation et la discrimination », dira-t-il. Toutefois, Coulibaly Zié Oumar a noté quelques avancées depuis la création de son mouvement en 2003. Dr Lanwis Nahounou, représentant la direction générale de la Santé a indiqué que « l’objectif est d’impliquer les médias dans le respect des droits et de la dignité humaine des Populations hautement vulnérables (PHV) ». C’est pourquoi, plusieurs recommandations ont sanctionné les travaux de groupe. Au nombre de celles-ci figurent la poursuite du renforcement des compétences et un appui institutionnel aux acteurs des médias. La prévalence de 4,7% en 2005 est passée à 3,7% en 2012. Malgré cette tendance à la baisse, la Côte d’Ivoire demeure le pays le plus touché en Afrique de l’ouest par la pandémie.

Ce que prévoit la loi sur le VIH et le Sida de 2014

Votée en juin 2014, la loi spécifique sur le VIH et le Sida organise la prévention de l’infection. Elle règlemente le dépistage autour de l’anonymat, de la confidentialité et du consentement éclairé, en prévoyant une disposition relative au dépistage volontaire du mineur de seize ans. Cette loi traite également de la protection, des droits généraux et des droits spécifiques reconnus aux populations vulnérables. Une attention particulière est accordée aux femmes, aux filles, aux enfants et aux personnes incarcérées. C’est ce qu’a indiqué, Alain Kra, juriste, intervenant au cours de l’atelier. Il a précisé que selon cette loi, « le prestataire peut faire l’annonce de la séropositivité d’un patient au conjoint dans un délai de trois mois, si le concerné ne le fait pas ». Il a ajouté que cette loi consacre le droit à la santé pour tous et la non-discrimination dans l’accès aux soins. Désormais, la publicité mensongère sur le traitement du VIH et du Sida est considérée comme une exploitation de la faiblesse d’autrui. Elle est punie par les articles 55 et 56 du code pénal. Cette loi punit aussi la discrimination de 3 à12 mois d’emprisonnement avec une amende allant de 20 mille FCfa à un million de F.

Nesmon De Laure

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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 12:23
Changement climatique/Les négociateurs ivoiriens  préparent  la COP 21

A quatre mois de la conférence de Paris sur le climat, la Côte d’Ivoire outille ses représentants. Dans ce sens un séminaire s’est tenu du 4 au 6 août dernier à Grand-Bassam. Cette initiative du ministère de l’Environnement et de la salubrité urbaine vise à renforcer les capacités des négociateurs ivoiriens. Ceci, afin qu’ils défendent au mieux les positions du pays. Aussi, 40 experts ont-ils été briefés sur les contributions nationales appelées dans le jargon Indc. Les deux formateurs, Philippe Kumassi, point focal transfert des technologies climatiques et le professeur Kadio Ahossane, point focal de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique (Ccnucc) ont expliqué le concept général et les différents organes de négociation. Allah Kouadio Rémi, ministre de tutelle suggère que la Côte d’Ivoire fasse davantage d’efforts pour réduire au maximum ses émissions de gaz à effets de serre. Il a exhorté tous les négociateurs à produire « un document solide, raisonnable et crédible à l’issue de ces travaux. Cela, afin que, d’un commun accord et d’une seule voix, nous puissions présenter nos Indc reflétant toutes les préoccupations du gouvernement et de la population ivoirienne ». Le défi mondial est de réduire de -2°C les émissions de gaz à effet de serre. Cet engagement a été pris à la dix-septième Conférence des Parties (COP17) tenue, à Durban en 2011. En décembre prochain à Paris, il s’agira pour les Etats d’adopter un accord global.

Nesmon De Laure

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