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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 19:04

Rentrée mercredi pour participer au gala de Children of Africa, Aïcha Koné, la diva de la musique ivoirienne en exil en Guinée depuis la crise post électorale, a donné les raisons de ce retour au pays et réitère son engagement pour l’ancien régime. Si au départ elle refusait toute interview, nous avons réussi à lui arracher quelques mots.

Quelle est la raison de votre présence aujourd’hui à Abidjan ?

Je suis là pour ‘’Children of Africa’’, donc après je retourne. Je reviendrai certainement. Mais ce n'est pas encore à l'ordre du jour. Tout compte fait, je suis déjà présente donc il n’y a pas à polémiquer sur le sujet. Je ne fais pas d'interview.

Mais peut-on savoir votre actualité en Guinée ?

Je continue la musique que j’aime bien et je voyage aussi . Après la Côte d’Ivoire, je pars pour la Guinée, ensuite au Sénégal et au Cap-Vert pour des spectacles.

Quelles sont vos impressions depuis votre arrivée ?

Les retrouvailles avec la Côte d’Ivoire et la famille ont été fantastiques. Il y avait beaucoup d’émotions, il y a même des fans qui ont effectué le déplacement. Je remercie la Première dame qui m’a encouragée à surpasser certains faits et à prôner la réconciliation. C’est elle qui m’a invitée à revenir au pays et je pense apporter quelque chose à ‘’Children of Africa’’.

Aviez-vous des appréhensions avant votre retour ?

Je n’avais pas peur de revenir parce que je crois en Dieu et je dis merci à Dominique Ouattara. Quel que soit ce que d’autres pourraient dire, c’est mon pays et celle qui m’a fait revenir au pays c’est la Première dame. Alors je dis merci à Dieu, merci à Dominique Ouattara et à mes fans. Je les aime, je pense toujours à eux. Il est vrai que je suis en Guinée et que je voyage beaucoup, mais on ne peut pas oublier les personnes qui vous ont témoigné leur affection et leur sincérité.

Quels sont vos rapports avec les pro-Gbagbo ?

Je garde mon affection pour l’ancien régime. Je suis présente en ce moment pour faire parler mon cœur. Il s’agit d’enfants, et moi-même étant mère, c’est l’affection, l’amour qui prime. Actuellement, nous parlons de réconciliation, mais cela n’a rien à voir avec mes rapports avec l’ancien régime. Laurent Gbagbo est un homme que j’ai admiré et que je continue d’admirer. Mais cela ne m’a pas empêchée de venir à l’invitation de madame Dominique Ouattara que je connais bien. Avant même qu’elle ne soit Première dame, je la fréquentais et elle m’a toujours témoigné une affection, une admiration pour le métier que je fais. Maintenant que mon calendrier m’a permis d’être présente, je suis là. C’est comme cela que nous devons voir les choses, respecter notre différence et voir comment procéder pour faire avancer le pays.

Comment se porte votre fils Tchaga ?

Mon fils se porte très bien. Il vit actuellement à Londres, en Angleterre, mais il est venu avec moi pour me soutenir.

propos recueillis par Nesmon De Laure

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 15:14

Envies saugrenues, éloignement du partenaire, … La femme enceinte est diversement supportée dans la société. Si elle est présentée comme une personne vulnérable qui mérite toutes les attentions, dans la pratique, ce n’est pas toujours le cas. « Elle ne m’attire plus. Je n’arrive plus à faire l’amour à mon épouse depuis que son ventre s’est arrondi. Elle attend un bébé depuis cinq mois », explique Patrice Degnan, fonctionnaire à Adjamé-220 logements. Comme solution, il a opté de conduire sa dulcinée chez sa mère, le temps pour lui de « vivre » en attendant la naissance du nouvel être. Le compagnon d’Henriette Boka est logé dans la même catégorie que M. Degnan. « Nous vivons ensemble depuis dix ans et j’attends mon troisième enfant. Mais c’est toujours la même chanson. À chaque grossesse, il me demande d’aller me faire soigner en famille. Cette fois-ci, je refuse de partir », se résout la bonne dame qui habite aux Deux-Plateaux.

Attention à la santé du bébé

Elle craint que son chéri flirte avec les filles aguicheuses des environs. « Alors qu’il me délaisse, il court après les jeunes filles du quartier », justifie-t-elle sa décision. Les épreuves vécues par ces femmes varient selon les situations. « Mes collègues sont frustrés parce que la charge de travail augmente pour eux lorsque je m’absente pour mes rendez-vous médicaux. C’est difficile à supporter mais je n’y peux rien », se désole Marie Ange Koffi, institutrice enceinte de sept mois à Koumassi. Et lorsqu’il s’agit d’une dame qui vit dans un environnement de polygamie, c’est presque la catastrophe. « J’ai souffert de traitement inhumain lorsque j’attendais ma deuxième fille. Ma rivale ne cessait de me tancer parce que je paressais beaucoup. Elle estimait que j’étais nulle », se remémore Aïcha Sanogo à Abobo Quatre-étages. Maïmouna Kangouté, secrétaire générale du Syndicat des sages-femmes de Côte d’Ivoire (Sysafci) avec qui nous avons échangé sur le sujet à Cocody, récemment, reconnaît ces difficultés. Elle explique qu’il arrive des fois où les femmes en consultation se confient. « Elles vivent beaucoup de difficultés. Elles sont non seulement victimes de vomissements et d’endormissements dus à ce nouvel être qui vient s’implanter. Mais en plus, les proches ne leur facilitent pas la tâche souvent », témoigne la praticienne. Selon elle, l’entourage lie les faits et gestes de la femme enceinte aux caprices. Ce qui a des conséquences néfastes. « Certaines femmes sont alors malheureuses. Elles vivent assez mal ces grossesses parce que personne autour ne peut réagir. Quand elle a des problèmes, cela se répercute sur l’enfant. Quand elle est anxieuse, l’enfant l’est également», révèle Maïmouna Kangouté. Notre personne ressource dénonce, entre autres, le fait que des hommes refusent d’approcher la femme enceinte ou même de lui faire l’amour. « La femme dans cette période là, du fait de toutes ces transformations a besoin d’être écoutée. Elle a besoin de l’affection de son mari. Quand elle vit des souffrances, quand elle a des manifestations désagréables, elle a besoin de son partenaire pour la rassurer », conseille Mme Kangouté. Toutefois, la spécialiste se félicite de l’indulgence chez certaines personnes. « Des époux l’ont bien compris. Ils n’hésitent pas à accompagner leur femme en consultation prénatale. Mais c’est vraiment rare», précise-t-elle. Dans certaines traditions africaines, lorsque la femme enceinte a certaines envies, on estime que si on ne lui accorde pas ces envies, cela peut avoir un impact. La légende veut que, par exemple, lorsque des enfants naissent avec des taches de grossesse, c’est parce que la mère n’aurait pas satisfait ses envies. Pour Maimouna Kangouté, cette analyse culturelle a son fondement. « Ce qu’on considère comme des caprices peuvent aider la femme à mieux supporter sa grossesse. Imaginez quelqu’un qui a des nausées, qui n’arrive pas à consommer ce dont elle a envie. Il faut qu’elle puisse manger ce dont elle a envie à l’instant. La grossesse ne dure que neuf mois. »

Nesmon De Laure

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 13:23

La Journée internationale de la femme est célébrée aujourd’hui par anticipation au siège des Nations unies à New York. Ceci, à trois jours de la 58ème session de la Commission de la condition de la femme qui commence lundi prochain. En Côte d’Ivoire, la célébration officielle a démarré par une conférence d’ouverture animée par le professeur Biaka Zasseli, titulaire de philosophie. L’activité a eu lieu, mardi dernier, à l’université Félix Houphouet-Boigny de Cocody. Le conférencier reconnaît certains acquis tout en notant que des actions restent à mener. Il est suivi dans sa démarche par certaines organisations féminines. C’est le cas du Réseau paix et sécurité des femmes dans l’espace Cedeao (Repsfeco), présidé par Salimata Porquet. Jointe hier par téléphone, elle estime qu’ « il y a eu beaucoup d’acquis. Le Fonds d'appui aux femmes de Côte d'Ivoire permet réellement aux petites commerçantes d’augmenter leur capital. » Poursuivant son constat, Salimata Porquet affirme que les femmes sont de plus en plus présentes dans les instances de prise de décisions. « Par instances de prise de décisions, il faut capitaliser les postes de directeur dans l’administration. Malheureusement, il n’y a pas assez de communication alors que beaucoup est fait dans le domaine », insiste-t-elle. Le leader féminin observe une volonté politique également. « Le président fait des clins d’œil suffisants aux femmes dans ses discours », félicite-t-elle. Au niveau juridique, des progrès sont réalisés. Depuis 1995, la Côte d’Ivoire a ratifié la convention sur l’égalité des sexes et l’autonomisation de la femme. Mais, c’est seulement récemment que le code de la famille a pu être révisé. La nouvelle loi sur le mariage plombe la toute puissance paternelle au profit de l’autorité parentale. « La loi dit qu’il n’y a plus de chef de famille. La famille est gérée conjointement par les époux. Vous pouvez faire des arrangements dans le couple. Mais s’il y a des problèmes et que vous vous retrouvez devant la justice, la loi dit que le mari ne peut plus prendre seul les décisions. La femme ne peut pas non plus les prendre seule. L’homme ne peut pas, lorsque la femme lui réclamera ce droit, lui opposer qu’il est le chef de la famille », clarifie Elisabeth Tohouri, magistrate.

Maintenir la pression

Elle note aussi comme un point positif pour la femme, le fait que désormais, pour l’éducation des enfants, cette dernière a le droit de discuter avec son époux afin de prendre des décisions concertées. La magistrate a fait ces précisions au cours d’un atelier de formation des professionnels des médias pour une meilleure diffusion du droit, initié par l’Association des femmes juristes de Côte d’Ivoire (Afjci), le mois dernier. Réitérant les acquis énumérés, Fatoumata Diabaté, conseillère technique chargée du genre au ministère de la Femme annonce des mesures strictes de protection. « La stratégie nationale de lutte contre les violences faites aux femmes qui a été révisée, va être bientôt portée à l’Assemblée nationale pour pouvoir prendre des mesures plus strictes et contraignantes vis-à-vis des violences faites aux femmes », nous a-t-elle confié en marge de la conférence de presse organisée par l’Ong Femad, en prélude à ses activités du 8 mars, à Cocody. Elle a également déclaré qu’un annuaire du compendium des compétences féminines sera bientôt mis à la disposition de tous. Il s’agit d’une banque de données des compétences féminines ivoiriennes, aussi bien en Côte d’Ivoire qu’à l’étranger. Selon les caractéristiques recherchées, les employeurs y auront accès pour recruter les femmes.

Malgré toutes ces initiatives, des difficultés demeurent. Les femmes entrepreneures, par exemple, continuent de se plaindre des difficultés d’accès au crédit. La question de l’excision, entre autres défis, reste cruciale malgré le début des sanctions. Pour toutes ces raisons, les organisations féminines sont invitées à ne pas baisser les bras. « La lutte continue. Il faut renforcer les actions de plaidoyer et de lobbying sans tenir compte de l’appartenance politique. Les femmes doivent se mettre ensemble pour avancer », conseille, pour sa part, Salimata Porquet. Elle détaille qu’il faut, certes, que le gouvernement appuie les femmes, mais ces dernières doivent elles-mêmes s’impliquer davantage. « Les associations de femmes doivent mener des actions publiques, non seulement à Abidjan, mais surtout à l’intérieur du pays. Il leur appartient de remonter les besoins de la base aux gouvernants. S’il le faut, qu’elles utilisent tous les médias, y compris les réseaux sociaux », galvanise la présidente du Repsfeco. Autrement dit, il faut maintenir la pression.

Nesmon De Laure

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 12:13

La dompéridone, médicament commercialisé sous le nom de Motilium est jugé dangereux. Il serait responsable de 25 à 123 morts subites en 2012 en France, selon la revue indépendante Prescrire, rapporte le Parisien.fr, mercredi. Sous forme de générique, ce médicament est utilisé contre les nausées et les vomissements. Dans les pharmacies que nous avons sillonnées hier à Abidjan, il est vendu à 3200 FCfa pour les comprimés. Quant à la boîte de sirop, le prix est fixé à 2500 FCfa. Des témoins avec qui nous avons échangé, dont une femme enceinte, confirment l’avoir consommé récemment. Joint par téléphone hier pour recueillir plus de détails sur le médicament, le ministère de la Santé réserve sa réaction à plus tard. La revue française qui publie l’alerte estime que le Motilium doit être retiré du marché par les autorités sanitaires européennes. En janvier dernier, le produit était inscrit sur la liste noire des 63 médicaments à éviter, établie par la même revue. Ce n'est pas la première étude alarmante sur le sujet. Toujours selon le Parisien.fr, depuis 2005, plusieurs études épidémiologiques, néerlandaises et canadiennes, ont montré que les morts subites cardiaques sont environ 1,6 à 3,7 fois plus fréquentes en cas d'exposition à la dompéridone. L'Agence française du médicament, quant à elle, entend rendre son avis, en mars prochain. Selon Topsanté.com, commercialisé en France depuis 1980, le Motilium avait déjà fait parler de lui, en 1986. Des troubles du rythme cardiaque et même des décès ont conduit à retirer du marché la dompéridone injectable. Mais les formes orales sont restées autorisées. Le site poursuit qu’en mars 2013, à la demande des autorités sanitaires belges, l'Agence européenne du médicament a décidé de se pencher sur ce médicament en procédant à une nouvelle évaluation du bénéfice/risque. La dompéridone est en effet suspectée de provoquer des effets cardiaques indésirables, comme des altérations de l'activité électrique du cœur ainsi que des arythmies (des battements du cœur irréguliers).

Nesmon De Laure

Abidjan/ Un médicament jugé dangereux vendu en pharmacie
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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 15:32

C’est une grande première. Présenté comme le « pape » des évangélistes, le révérend américain Benny Hinn est annoncé à Abidjan pour une croisade d’évangélisation. La rencontre a lieu le 3 mars prochain au stade de l’Injs à Marcory. L’évangéliste Timothée Kouamé, coordonnateur général de l’événement, a livré l’information vendredi dernier au cours d’une conférence de presse à Cocody. « L’arrivée de Benny Hinn est un désir de vingt ans. Il sera effectivement là. Toutes les mesures sécuritaires sont prises. Les fédérations protestantes-évangéliques sont informées et engagées. C’est pour la première fois qu’il n’y a aucune division dans notre famille chrétienne », a rassuré le conférencier. Il recommande aux croyants et surtout aux malades d’effectuer massivement le déplacement pour bénéficier des prières de délivrance de l’illustre invité. Evoquant l’impact de cette venue pour le corps du Christ, le bishop Philipp Kotty, venu spécialement pour les préparatifs, est convaincu que Benny Hinn apportera des bénédictions. Il poursuit que le « pape » évangélique va impacter positivement la manière d’évangéliser par ses conseils. Le pasteur Hinn est à la tête d'un ministère qui couvre le monde entier par le biais des croisades. Son programme de télévision « This Is Your Day » est l'un des programmes chrétiens les plus regardés au monde. Sa présence en Côte d’Ivoire constituera sa première venue en Afrique noire francophone.

Nesmon De Laure

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 15:11

Il n'est pas rare de se faire gruger dans les procédures d’acquisition d’un terrain en ville. Me Foldah Kouassi, notaire, explique qu’il existe deux modes d’acquisition d’un terrain urbain de manière sécurisée. « Soit par le biais des délégataires d’un pouvoir de l’Etat comme l’Agence de gestion foncière (Agef) et la Société d'aménagement de terrains de Côte Ivoire (Satci). Soit par l’achat auprès d’un détenteur de titre foncier en présence d’un notaire », a-t-elle expliqué, jeudi dernier, au cours de l’ atelier de formation des professionnels des médias pour une meilleure diffusion du droit, initié par l’Association des femmes juristes de Côte d’Ivoire (Afjci) et soutenu par la coopération allemande. Selon le notaire, les aménageurs fonciers que sont l’Agef et la Satci purgent d’emblée les droits coutumiers. Une fois le terrain acquis par leur biais, il faut se rendre au ministère de la Construction pour achever les formalités de détention définitive. Dans le second cas, si un tiers détient son titre foncier définitif et qu’il propose son terrain à vendre, en ce moment là, avant tout achat, il faut passer par le notaire. Ce dernier a la compétence de vérifier le respect des formalités. Il certifiera, par exemple, que celui qui vous vend la parcelle est le véritable propriétaire. La spécialiste développait ainsi le module consacré au droit foncier urbain et rural en Côte d’Ivoire. Selon elle, l'ordonnance de juillet 2013 vient pour faciliter les procédures d'acquisition et la réduction des coûts y afférents. Cette ordonnance ne vise donc pas le foncier rural, a-t-elle précisé. Bien avant, les participants ont été imprégnés des initiatives post-crises d’accès à la justice et à la réparation des victimes. Au total, sept modules ont meublé le séminaire qui a pris fin samedi dernier. Francine AKa Anghui, 2ème vice-présidente de l’Afjci explique la pertinence de l’initiative par les réformes juridiques opérées ou en cours dans le pays.

Nesmon De Laure

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 11:14

Les travailleurs sont de plus en plus gagnés par le syndrome de l’épuisement professionnel . Ce syndrome se manifeste le plus souvent par un dégoût du travail qui pourrait conduire à la folie. Nous sommes allés à leur rencontre.

« Je suis si épuisée que j'invente des maladies pour me reposer. Je n’ai plus goût au travail. Je me sens inutile au bureau et j’ai envie de changer d'air.» M.I Kouadio, 35 ans qui fait cet aveu, est une salariée du ministère de l'Environnement. En service depuis quatre années dans son département, elle se sent subitement fatiguée. Mais la jeune dame n’arrive pas à en identifier les raisons. « Quand il est l’heure de quitter la maison pour le bureau, je deviens stressée. C’est une situation difficile et je n’arrive pas à en parler avec mes collègues », se mortifie notre interlocutrice. Jean Yves T, 43 ans, travailleur auprès d’un programme de santé basé au Plateau est plutôt heureux. Il a réussi à surmonter cette tension qui le rongeait en début de carrière. « J’en étais victime à mes débuts. Mais j'ai compris que le travail ne finit jamais. Je me suis pris en main et je me ménage. Je constate qu’il y a des moments où on est très occupé mais il y a aussi des moments relaxes », explique l’homme marié et père de trois enfants. « Quand j’ai assez de boulot, je bosse même les dimanches après la messe pour ne pas traîner les dossiers jusqu’au lundi. J’anticipe pour ne pas trop m'épuiser, car je préfère travailler en étant relaxe », poursuit-il. D’où vient ce sentiment d’angoisse au travail ? Pour comprendre le phénomène et ses implications, nous avons contacté jeudi dernier par téléphone, Dr Jacques Ouattara, médecin du travail et secrétaire général de l’Ong Prévention sans frontières. C’est une association qui veille à la santé et à la sécurité au travail et à la prévention des risques professionnels dont le siège est à Treichville. A l’entendre, les témoignages recueillis plus haut s’apparentent aux symptômes du syndrome de l’épuisement professionnel. L’épuisement professionnel est surtout connu sous l’appellation anglaise « burn out » en Occident. L’Organisation mondiale de la Santé qui l’admet comme une maladie, explique que l’épuisement professionnel se caractérise par « un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail ». Pour Dr Jacques Ouattara, en Côte d’Ivoire, « on parle de l’épuisement de manière théorique, mais cela existe aussi dans la pratique. Sauf qu’on n’a pas identifié et admis les signes comme tels. Sinon dans la réalité, nous avons reçu des cas », reconnaît-il. Il poursuit que les patients qui se sont présentés à lui dans une entreprise sucrière du pays, avaient pour la plupart des charges de travail élevées. « Ils faisaient preuve d’absentéisme et certains souffraient de la fatigue générale et même de dépression », témoigne Dr Ouattara. Si pour le médecin du travail, cet épuisement n’est dû qu’à une charge élevée du travail, Dr Dje Bi Tchan, psychologue et enseignant à l’université de Cocody, rencontré mardi dernier à son bureau, remonte plus loin. Selon lui, le dégoût du travail peut être dû au stress. Et ce stress peut être lié aux conditions de travail. Il énumère des cas concrets comme une mauvaise rémunération. « Subir des arriérés de salaire, alors qu’on a des engagements, comme le loyer et autres, est une situation de haut niveau de stress. Si vous prenez un engagement bancaire sans l’honorer, si vous avez les frais d’écolage de vos enfants à payer et que le propriétaire de maison vous menace, vous vous retrouvez dans un étau. Et si vous n’avez personne pour vous venir en aide, vous pouvez crever d’une dépression sociale. Ce sont des cas vécus», confirme le spécialiste. Qui atteste avoir échangé avec des victimes.

Alerte à la folie !

« Nos collègues cliniciens les rencontrent quotidiennement. Et nous également, nous les rencontrons quelquefois. Les cas sont légion. Quand vous allez dans les hôpitaux, vous verrez le nombre d’ulcéreux. Ils prennent les médicaments. Il y a du mieux. Et après ils rechutent. C’est parce qu’ils baignent dans le même climat de stress. C’est au niveau psychologique qu’il faut agir. Il faut rencontrer l’individu pour comprendre son problème. Nous échangeons avec eux. Après deux ou trois consultations, leur situation s’améliore», révèle-t-il. Pour lui, lorsqu’on voit, par exemple, des personnes qui étaient en veste deux semaines auparavant, complètement nues en train d’errer, c’est un effet de la dépression sociale liée au stress. « Le cerveau ne peut pas rester en permanence en train de chercher la solution à un problème. Il ne répond plus », éclaire le psychologue. L’impact se ressent sur le rendement de l’entreprise ou du service qui va en baissant, affirme-t-il. Conscientes du phénomène, les autorités prennent des initiatives pour éviter la catastrophe. Des sources introduites affirment que les services compétents de la Fonction publique sont en train de penser à intégrer les psychologues dans les hôpitaux. Il s’agit notamment des services de prise en charge des personnes d’un certain âge, dont les travailleurs. Au niveau du privé, la branche prévention de la Caisse nationale de prévoyance sociale intensifie la sensibilisation. Aujourd’hui également, la médecine du travail en Côte d’Ivoire intègre de plus en plus les psychologues, apprend-on. Mais Dr Dje Bi Tchan est convaincu que l’amélioration des conditions de travail, dans le public comme dans le secteur privé, demeure la meilleure arme de prévention.

Nesmon De Laure

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 18:06
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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 13:13

Il n’est pas toujours aisé de se procurer du sang en cas d’urgence dans les hôpitaux. Les accompagnateurs de malades, bien souvent priés de se rendre à la banque de sang pour avoir le liquide précieux connaissent des fortunes diverses. Notre dossier.

«Montes vite dans le taxi ! Le sang ne doit pas durer entre nos mains. Allons-y vite ! Ils nous attendent à l’hôpital», se dépêche un jeune homme en s’adressant à son compagnon, à la montée du taxi. Il tient en main un paquet rectangulaire en polystyrène contenant certainement le sang dont il parle. A peine les passagers à bord, le véhicule démarre en trombe. Il est 8h 15 minutes, mardi, lorsque nous assistons à la scène devant le portail du Centre national de transfusion sanguine (Cnts) à Treichville. Des parents de malades venus avec des ordonnances font la queue à l’intérieur devant les guichets de sang. Le visage livide et l’air inquiet, un quarantenaire que nous nommons Koffi Désiré, s’impatiente. «Je ne sais pas pourquoi ça dure. J’espère que ce n’est pas pour vendre le sang au plus offrant qu’on nous fait attendre», suspecte, à tord ou à raison, l’infortuné qui ne semble pas supporter l’attente.

Entre incompatibilité et suspicions

«J’étais ici il y a quelques mois, une dame est venue tôt le matin pour acheter du sang AB, elle n’a pas été servie. Lorsqu’on a servi une personne qui venait d’arriver, elle s’est mise à insulter tout le monde», se rappelle pour sa part J. K, venu donner son sang. Il poursuit que les responsables ont fini par la calmer. «C’est jusqu’à quatorze heures qu’un sachet du groupe sanguin qu’elle demandait est sorti sain du laboratoire. Quand on lui a remis le sang, elle est repartie aussitôt», commente une travailleuse du centre au sujet de la même scène. Elle évoque combien les acheteurs ont du mal à garder leur sang-froid. «Nous sommes tous les jours insultés ici. Les gens pensent qu’on leur cache le sang. La femme qui était fâchée ce jour-là pensait qu’on avait vendu le sang plus cher au monsieur qui est venu après elle. Or il n’en est rien. Elle voulait un sang AB négatif alors que le monsieur demandait un O positif. Mais elle ne nous laissait pas le temps de le lui expliquer, qu’elle est rentrée dans une colère noire», regrette la narratrice. Les employés du centre sont peut-être incompris. Mais l’attitude des parents de malades est moins condamnable. S’ils rechignent à patienter, c’est parce que les accompagnateurs de malades sont pris entre deux feux. Dans les blocs opératoires, sur des lits d’hôpitaux, leurs proches attendent d’être délivrés grâce au liquide rouge salvateur. Josiane T, occupant une bonne place dans la queue, confie par exemple que sa sœur était en train de perdre du sang quand le médecin a exigé urgemment une poche de sang. «La transfusion sanguine peut s’avérer nécessaire après un accident, à la suite d'un accouchement, au cours d'une opération chirurgicale, dans le cas d'une anémie ou dans le cas des maladies infectieuses ou héréditaires», explique Dr Lamine Cissé, généraliste que nous avons contacté plus tard dans la soirée. Il indique qu’au niveau de la qualité du sang, lorsque le taux d’hémoglobine (l'hémoglobine se trouve essentiellement à l'intérieur des globules rouges du sang, ce qui leur confère leur couleur) est inférieur à cinq grammes, la transfusion s’impose. En ce qui concerne la quantité, lorsque le malade perd deux ou trois litres de sang, il faut également une transfusion automatiquement.

La réticence des donneurs

A en croire le médecin, l’angoisse vécue par les parents de malade est partagée par le corps médical. «Ce sont des instants de stress pour nous tous car le risque que le malade perde la vie est réel. Surtout lorsque nous sommes au week-end. Imaginez quand l’hémorragie a lieu un week-end ou un jour férié. Nous sommes obligés d’utiliser des solutions palliatives en attendant qu’on ouvre la chambre froide, ou que les parents convoient le sang. Nous sommes stressés et impuissants», témoigne le spécialiste. Un autre médecin exerçant à Yopougon et qui requiert l’anonymat ajoute à la suite de son prédécesseur, que pendant les vacances scolaires, le stress est plus grand. «C’est la période où il y a plus d’accidentés et moins de donneurs. Les élèves étant de grands donneurs, il n’y a pas de possibilité de les mobiliser en vacances.» La disponibilité des donneurs est une question sérieuse. Depuis le 8 août dernier, Brou Irié, par exemple hésite à donner son sang. Il explique que ce jour-là, les machines se sont arrêtées pendant l’opération. «Il y a eu une panique générale dans la salle. J’aurais pu perdre tout mon liquide. Tant que je ne suis pas rassuré sur la qualité des machines, je ne suis pas sûr d’y retourner», prend-il ses distances. Joëlle A. se dit, quant à elle, déçue. Au lendemain de la crise postélectorale, elle n’a pu bénéficier de sang pour sa cousine malgré sa carte de donneuse. «Tous les proches du donneur ne sont pas pris en compte. Ceux qui jouissent des avantages liés à la carte sont le père, la mère, l’enfant ou le conjoint», rétorque une source au Cnts. Selon les informations reçues, non seulement les donneurs sont rares, mais ce n’est pas toujours que le sang collecté est sain. «Toutes les poches de sang recueillies ne sont pas potables. Nous pouvons recueillir 200 poches par jour mais on en jette beaucoup. En plus, au-delà d’un mois, le sang même sain devient inutilisable. De plus, nous sommes souvent confrontés à l’incompatibilité des rhésus. Lorsqu’on a le même sang de rhésus différent, on ne peut pas le servir», confie un autre agent du Cnts. Il se trouve que la plupart des hôpitaux n’ont pas non plus de chambre froide. Du coup, le sang se périme ou se coagule.

Un besoin de 200 mille unités de sang par an

Malgré ces embûches, des volontaires comme l’association Al Ghadir, appuient la collecte de sang à qui mieux mieux. Selon une source à Korhogo, la communauté Cedeao de la ville a procédé récemment à un don de sang. La source explique également que la contrebande qui consistait à trafiquer du sang à partir de la frontière n’est plus de mise. «Depuis la normalisation du pays, le sang est distribué à partir du circuit officiel», rassure-t-elle. Toutefois, notre contact indique que la pénurie reste une réalité dans la zone. Selon les chiffres officiels, la Côte d’Ivoire a effectué 60.000 prélèvements de sang en 2000. L’année dernière, le pays se situait à un peu plus de 100.000 prélèvements, pendant que le besoin est estimé à 200 000 unités de sang par an. «Des pas ont été franchis notamment avec la mise en place des clubs de donneurs de sang, mais il reste encore des efforts à faire», reconnaissait, en juillet dernier, Raymonde Goudou Coffie, ministre de la Santé. Elle estime que la Côte d'Ivoire doit gagner la bataille de la disponibilité. D’où l’appel à l’implication collective pour en finir avec l’angoisse de l’accès au sang.

Nesmon De Laure

Santé / l'accès au sang: la grosse angoisse
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